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vendredi 2 février 2018

La Servante Écarlate



Auteur : Margaret ATWOOD
Genres : Drame, Dystopie

Edition : Robert Laffont
Parution : Juin 2017 (réédition)

Prix : 11.50€

Quatrième de couverture
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Avis de Manon
Plusieurs choses m’ont décidé à commencer ce livre : le succès rencontré en 2017 par la série qui en est inspirée, la perspective d’une lecture commune avec une amie et la présence de ce roman dans la liste des 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie, publiée chez Flammarion.
Toutefois je ressors assez mitigée de ma lecture. Si je comprends tout à fait pourquoi ce livre est passé à la postérité et suscite un tel engouement plus de trente ans après sa première publication, je n’ai pas été emballée plus que ça.

Dans un futur proche mais indéterminé, le taux de natalité est en chute libre. Suite à un coup d’Etat, la République de Gilead est instaurée et avec elle une idéologie bien particulière, fondée sur un système de castes, qui brime les libertés individuelles, particulièrement chez les femmes. En effet, celles-ci sont maintenant divisées en trois principaux groupes bien distincts : les Martha qui assurent la bonne tenue du foyer, les Epouses, fidèles compagnes des membres importants du régime et les Servantes dont la seule mission est la reproduction. Ces dernières sont placées dans les familles des commandants avec pour objectif de tomber enceinte et de mettre au monde un bébé vivant et viable. L’acte sexuel est alors réduit à une simple fonction reproductrice, un acte froid et mécanique.

L’idée de départ est vraiment intéressante, aussi dérangeante qu’intrigante. L’intrigue nous montre comment la société, poussée à l’extrême et dans sa version la plus totalitaire, peut déshumaniser les individus. Religions, libertés individuelles ou tout simplement droit de disposer de son corps comme on l’entend… Plus rien de tout cela n’est possible !
Le récit est raconté à la première personne par Defred, un personnage très complexe, mais surtout une Servante. A travers elle, on suit son quotidien de cette nouvelle société mais aussi sa mise en place par l’intermédiaire de ses souvenirs. Le climat perpétuel de peur, de délation et surtout son avilissement en tant que Servante n’a pu que me révolter tout au long de ma lecture. Mais je pense que ce qui m’a le plus choqué dans ce livre c’est la manière dont les servantes sont renommées en fonction du prénom du commandant chez qui elles sont « placées ». Elles n’ont plus aucune identité propre et deviennent un simple objet de propriété.

Ce qui m’a dérangé dans ma lecture, c’est le style du livre qui est très particulier. Il n’y a pas de réelle distinction entre les dialogues et les descriptions ce qui rend la lecture parfois difficile. Et c’est là où je n’ai pas accroché. Il est compliqué de suivre les divagations totalement décousues de Defred, de relever la part du réel de l’imaginaire ou encore le passé du présent. Si au début cela donne de l’intérêt à la lecture, je me suis lassée passée la moitié du roman.
De plus, même si le vocabulaire est recherché, le tout manque pour moi de rythme.

Bref, si La Servante Ecarlate n’a pas su me convaincre, la société que Margaret Atwood nous décrit n’est reste pas moins horrifiante. Glaçante dans sa manière de nous décrire comment une société peut briser ou endoctriner les individus qui la composent. Et même si le livre a été écrit en 1985, il trouve toujours les mêmes échos à notre époque.

Extrait
« Nous vivions, comme d'habitude, en ignorant. Ignorer n'est pas la même chose que l'ignorance. Il faut se donner de la peine pour y arriver. »

1 commentaire :

  1. La série TV me tente, mais pas le livre, j'ai trop de mal avec le style de l'autrice.

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