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mardi 9 janvier 2018

Les naufragés de la salle d'attente

Auteur : Tom Noti
Genre : roman

Éditions : Paul & Mike
Publication : 25 Novembre 2016
Pages : 256

Prix : 16€ (broché) – 4,99€ (ebook)

Résumé
François, Hervé, Gabriela.

Ils sont trois dans la salle d'attente d'un psychologue grenoblois.
Trois personnes qui ne se connaissent pas.

Bloqués, ils attendent... Dehors un terrible accident de tramway a plongé le quartier dans l'obscurité. Aucun d'entre eux ne sait quand cela prendra fin, tandis qu'un invité surprise joue avec leurs nerfs.

Dans ce roman à huis clos, Tom Noti entraîne ses personnages dans une introspection croisée donc aucun ne sortira indemne. L'attente, l'angoisse, la peur de l'autre redistribuent les cartes et révèlent de douloureux passés, courbant même la trajectoire de ces existences toutes tracées.


Avis de Marie
Pour se décider à aller consulter un psychologue, c’est qu’on se dit que quelque chose ne va pas dans notre vie et qu’on a admis que sans l’aide d’une personne extérieure, ça allait être compliqué de surmonter ce quelque chose qui ne va pas. Tous ne ressentent pas ce besoin d’aller discuter de leurs problèmes personnels avec un expert. Dans l’esprit de beaucoup d’ailleurs, les psychologues sont de sacrés charlatans ! Et même si force est d’admettre que certains méritent bien ce titre, ce n’est pas toujours le cas. Mais pour ces trois naufragés de la salle d’attente que sont François, Gabriela et Hervé, l’intervention du Docteur Vignier ne peut être que bénéfique. Du moins essaient-ils tous trois de s’en convaincre. Une coupure générale d’électricité dans le quartier va leur laisser tout le loisir de réfléchir aux raisons qui les ont poussées à se rendre au cabinet aujourd’hui.

François est là pour sa fille. Du moins, c’est ce qu’il pense et ce qu’il dit à ses compagnons de fortune. Gabriela est là sur les conseils de son amie. Personne n’a réussi jusqu’ici à l’aider à soigner ses blessures. Que perd-elle à prendre un rendez-vous ? Hervé voulait seulement faire une pause pipi avant son entretien à l’étage au-dessus. Un accident de tramway va provoquer une grosse panne d’électricité dans le quartier, bloquant à l’intérieur de la salle d’attente les trois compères. Les portes électriques, c’est bien pratique, sauf quand il n’y a plus d’électricité ! Alors on rentre dans un roman à huis clos où les trois personnages vont tour à tour nous livrer leurs pensées pour finalement gagner en confiance et se livrer un peu plus aux autres. Jeu de dupes ? Peut-être. Mais qui essaient-ils de duper ? Les autres ou eux-mêmes ? Gabriela, Hervé et François, trois personnages aux personnalités opposées mais qui, par bien des points, se ressemblent tellement. Perdus et en manque de repères, ils attendent tous du Docteur Vignier une parole salvatrice. Enfin, Hervé, lui, il n’est pas malade, non, non, lui, c’est juste par accident qu’il s’est retrouvé ici. Vraiment ?

Habituellement, je ne suis pas fan de ce type de roman. Je redoutais une ambiance pesante et une intrigue qui tourne en rond. Au final, j’étais loin du compte et quelle surprise ! Les naufragés de la salle d’attente est une petite pépite. Derrière ces quelques 250 pages, c’est un roman bien plus profond et complexe qu’il n’y paraît et qui emmène le lecteur dans un récit intimiste où chacun se dévoile complètement. Vaincre ses propres démons n’est pas aisé quand on sait que notre pire ennemi n’est rien d’autre que nous-même. Gabriela, François et Hervé ont tous ce point commun. Pourtant, ils ont eu des vies bien différentes, l’une étrangère, l’autre fils d’immigrés et le dernier issu de la bonne petite bourgeoisie. Mais quand on est perdu, tout ça, ça ne change rien. Il faut savoir lâcher prise et enfin se faire face. L’accident du tramway va les y obliger. L’obscurité éclaire leur passé, leurs douleurs, leurs peurs. À eux de laisser la lumière entrer dans leur vie. Les petits mensonges et lâchetés du quotidien, tout ça finit un jour par nous rattraper. Non, ils ne visent pas la sanctification mais le bonheur. Or est-il possible d’être heureux tout en restant fidèle à soi-même ? À ses principes ? Sur qui s’appuyer ? Il lupo perde il pelo ma non il vizio (le loup perd le poil mais pas le vice). Au fond, on est ce qu’on est. Inutile de se forcer à changer pour rentrer dans un moule, pour se conformer à un idéal qui ne nous correspond pas.

Les naufragés de la salle d’attente est un roman qui se dévore d’une seule traite. Efficace et réaliste sur bien des points, il emmène le lecteur dans le passé de personnages somme toute banals au possible mais criants de vérité dans leurs craintes et leurs espoirs dont de jolies touches d’humour viennent agrémenter les pages. S’il faut commencer 2018 avec un roman, c’est bien celui-ci ! 

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