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samedi 7 octobre 2017

Kokoro

Auteur : Delphine Roux
Genre : roman

Éditions : Philippe Picquier
Publication : Août 2015
Pages : 128

Prix : 12,50€
Achat : Amazon - Kokoro

Résumé
Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.

Koichi et sa sœur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le cœur en hiver.

Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité. Mais le jour où il apprend que sa sœur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance.


Avis de Marie
Quand on est à la recherche de littérature asiatique, on ne peut passer à côté des Éditions Philippe Picquier, dont la ligne éditoriale est tournée vers les pays de l’Est. Autant vous dire que j’étais particulièrement excitée à l’idée de débuter ce partenariat. Merci beaucoup aux Éditions Philippe Picquier !
Kokoro est le premier roman lu dans le cadre de notre nouveau partenariat. Et quelle bonne idée de débuter par un roman écrit par… un auteur français ! Et oui, Delphine Roux nous propose ici un roman qui respire le Japon avec Kokoro.

Koichi et Seki ont perdu leurs parents alors qu’ils étaient encore des adolescents. Vivant chacun le deuil à leur façon, leurs chemins vont progressivement se séparer. Koichi s’est retiré du monde. Étranger à ce qui l’entoure, il fait à la fois preuve d’un détachement de la société dans laquelle il vit tout en étant très attaché à la vie. Honnête, authentique, Koichi refuse les faux-semblants et préfère vivre sa vie comme il l’entend : en toute simplicité. Seki, a contrario, a préféré mener une existence modèle : tout en maîtrise, elle ne laisse aucune émotion transparaître. Aspirant à se couler dans le moule de la femme parfaite (soignée, compétente et bonne maman), c’est finalement elle qui s’est le plus retirée du monde. Si Koichi a fait le choix d’une vie simple et sans artifice, loin des relations étrangères, il n’en a pas moins conservé un lien fort avec sa grand-mère. Retiré du monde certes, mais en toute connaissance de cause. Lui, a décidé de ne pas s’embarrasser des futilités de la vie matérielle imposée par la société. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de sa sœur qui, à la perte de ses parents, pensait trouver dans la sauvegarde des apparences et la réussite professionnelle, un baume à sa peine. Bien que celui-ci aura mis du temps à se fissurer, la faille qu’il révèle n’en est pas moins présente. Koichi pourra-t-il sauver sa sœur d’elle-même ?

Delphine Roux réussit à nous plonger dans cette ambiance propre aux romans japonais. Une écriture tout en délicatesse, légère et poétique qui nous emmène dans un quotidien banal dont on finit par se délecter, tant la prose est belle.

Découpage original, les chapitres sont très courts (parfois juste un paragraphe) et chacun d’entre eux à un intitulé bien précis : un mot japonais ainsi que sa traduction, en lien direct avec le contenu. Donc non seulement on approfondit notre culture générale avec la découverte d’une autre langue et de l’autre, on se laisse porter au gré des pensées de Koichi. Certains diront : « à quoi ça sert d’apprendre trois mots de Japonais ? ». Bah, sur ça, spontanément, j’aurais tendance à répondre : « à se faire plaisir ». La découverte d’une nouvelle langue, de cultures autres ou plus simplement et généralement, de connaissances diverses et variées doit avant tout être un plaisir. Si on raisonne en termes d’utilité, alors celle-ci variera d’une personne à l’autre et ce n’est pas, à mon sens, le but de la culture générale. Et puis où est le plaisir d’apprendre ? La culture, ce n’est pas pour briller en société. La culture, c’est un enrichissement personnel et cet enrichissement peut avoir une utilité, en fonction de nos impératifs, aussi bien personnels que professionnels mais ce n’est pas une obligation. Mais ça, bien entendu, c’est mon point de vue ;)


Après cette toute petite digression, revenons-en à Kokoro. L’histoire en elle-même, nous la suivons de loin, à l’image de la relation de Koichi avec le monde. Très abstrait, il n’en demeure pas moins très prenant. Cette découverte des Editions Philippe Picquier d’un roman japonais par un auteur français est une très bonne surprise !

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