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dimanche 24 septembre 2017

Mariages de Saison

Auteur : Jean-Philippe Blondel
Genre : roman

Éditions : Pocket
Publication : 5 Janvier 2017
Pages : 160

Prix : 5,95€ (papier) – 5,99€ (ebook)


Résumé
Toujours les mêmes conversations, les mêmes buffets, les mêmes belles-mères... Vidéaste de mariage, Corentin connaît par cœur le spectacle du bonheur. Tous les samedis d'été, il enfile sa cravate, attrape son matériel et part assister à l'union des autres – qu'il sait regarder, enregistrer comme personne. Personne, il l'est – à leurs yeux du moins. À force de vivre en marge, sans s'engager, Corentin fait du surplace sans le savoir. Il est grand temps qu'il passe de l'autre côté de la caméra. Du côté de la vie, enfin...


Avis de Marie
Mariages de saison de Jean-Philippe Blondel est tout à fait le genre de livres qui sort de mes lectures habituelles. C’est par hasard que je suis tombée dessus en parcourant une librairie en ligne et, allez savoir pourquoi, je me suis laissée tenter. Probablement la couverture qui m’a attirée… Bref, des fois le hasard fait bien les choses. Et si je n’ai pas été totalement transportée par ma lecture, je l’ai quand même bien apprécié.

Corentin est un jeune vidéaste de mariage. Travaillant avec son parrain chaque été depuis maintenant quelques années, Corentin nous fait partager ici le bonheur de ces couples qui se disent oui pour la vie (enfin… ils espèrent tous que ce sera pour la vie), avant de retourner à sa vie d’étudiant. Participant à leur bonheur en l’immortalisant, Corentin n’en reste pas moins en marge. D’ailleurs, il le reste très bien de partout. À force d’être en marge du monde, Corentin en est venu à être en marge de lui-même. Ne s’engageant jamais, à rester derrière sa caméra, Corentin laisse la vie filer. Et s’interroge de plus en plus. Ce n’est pas qu’il ne voudrait pas. Il essaie même. Mais il n’y arrive pas. Et si c’était lui qui avait peur de vivre, de se jeter à corps perdu dans cette merveilleuse aventure qu’est la vie ?

Mariages de saison, c’est l’histoire de plusieurs couples sur le point de s’unir. Et c’est l’histoire de Corentin qui assiste à leur bonheur. Et nous, lecteurs passifs, avons envie de secouer Corentin, de lui dire de se bouger un peu et de se lancer enfin ! Jean-Philippe Blondel nous livre là l’histoire d’un jeune homme qui se cherche, tant professionnellement qu’émotionnellement. Mais Corentin n’est pas du genre à se lancer des défis et à prendre des risques. Il hésite, se trouve des excuses. Les unions qu’il immortalise ne le motivent pas spécialement non plus. Filmer un mariage, ce n’est pas seulement l’instant devant l’autel ou le maire. C’est également tout ce qu’il y a en amont, moments souvent propices aux confidences des futurs mariés. Ces personnes lui font part de leurs rêves, de leurs motivations et comment elles en sont arrivées jusqu’à ce jour, jusqu’à cet engagement. Certaines se sont tout simplement laissé porter. C’était la suite logique des évènements. D’autres, ne comprennent pas comment elles en sont arrivées là, hésitent encore même mais elles ne peuvent plus reculer, ne s’en sentent ni la force ni le courage.
Avec tout ça, comment Corentin pourrait se décider lui aussi ? Alors on suit son cheminement personnel. Ces mariages, ce ne sont que l’occasion pour Corentin d’apprendre et de comprendre la vie. Parfois, il est des choses qu’on ne peut contrôler. D’autres au contraire peuvent être maîtrisées et il n’appartient qu’à Corentin de trouver les ressources nécessaires au plus profond de lui pour faire bouger les choses.

Récit intime et intimiste, Mariages de saison est une jolie analyse des sentiments toute en finesse et délicatesse.


Extraits

« Tu sais, ce que je souhaiterais vraiment pour toi, désormais, c’est que tu quittes ta position d’observateur. C’est trop facile. C’est trop confortable. Tu dois revenir de ce côté-ci de la scène. Tu as assez regardé, maintenant. »


« Au début, bien sûr, elles trouvent son occupation tellement drôle et originale, et puis ça donne envie, tous ces mariages. Elles n’ajoutent pas – mais le pensent très fort – que Corentin est joli garçon, grand, frêle, avec pourtant des muscles fins, dus à une ancienne pratique de la natation. Lorsqu’elles le voient s’habiller les premiers samedis matin – parce que les premiers samedis matin, elles se lèvent avec lui à 6 ou 7 heures, elles préparent le café, elles insistent même parfois pour se rendre à la boulangerie qui vient d’ouvrir -, lorsqu’elles le voient donc enfiler sa chemise, sa cravate, son costume, elles s’extasient, elles battent des mains, elles n’en reviennent pas. Elles sont sûres d’avoir trouvé la perle rare, celui qui ne rechignera pas devant l’engagement, celui avec lequel elles pourront bâtir des châteaux en Espagne et des pavillons dans l’agglomération. Ensuite, cela se délite. »

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