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jeudi 28 septembre 2017

Les Royaumes Crépusculaires, L’Intégrale – Abyme

Auteur : Mathieu Gaborit
Genre : fantasy

Éditions : Mnémos
Publication : 4 février 2016
Pages : 544

Prix : 28€

Résumé
Édition limitée pour les 20 ans de Mnémos. Couverture cartonnée avec jaquette et signet.

Réunies dans cette intégrale, les aventures d’Agone de Rochronde et de Maspalio d’Abyme ont passionné des milliers de lecteurs depuis plus de 20 ans.

Fresque magistrale, Les Royaumes crépusculaires retracent la sombre destinée d’Agone de Rochronde, accompagné de sa rapière Pénombre. D’abord réticent à monter sur le trône à la mort de son père, il cédera au jeu mortel des rivalités et trahisons. En quête de vérité, il empruntera une voie qui se révélera douloureuse et parsemée d’embûches… Agone saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes crépusculaires qui sombrent dans la tourmente ?

À l’ouest se dresse Abyme, cité baroque et décadente. Maspalio, farfadet astucieux et ancien prince-voleur, se retrouve au cœur d’une enquête exceptionnellement dangereuse. Sur les canaux, dans les abysses et les palais du dédale cosmopolite de la plus célèbre ville des Royaumes crépusculaires, qui est suspect, qui est coupable ? Et surtout, qui se cache dans les ombres d’Abyme ?

Mathieu Gaborit est avant tout un créateur d’univers. Son imagination débordante, étrange et poétique s’exprime aussi bien dans la fantasy épique ou intimiste que dans l’uchronie. Auteur de nombreux livres, il s’est aussi illustré dans le jeu de rôle et le jeu vidéo. Avec une écriture soignée et une puissance narrative rare, il invite le lecteur à de singuliers voyages tout en clair-obscur qui enchanteront les passionné-e-s de l’imaginaire et plus généralement de littérature.


Avis de Marie
Vous ai-je déjà parlé des Chroniques des Féals de Mathieu Gaborit ? Il ne me semble pas et il faudra que j’y remédie très prochainement. Ce sera également l’occasion pour moi de me replonger dans cette merveilleuse histoire. Conquise par ce récit, je souhaitais me lancer depuis belle lurette dans Les Royaumes Crépusculaires. Quoi de mieux pour se procurer les ouvrages qui nous font envie que les salons et festivals littéraires ? Le Salon Livre Paris 2017, s’il a considérablement contribué à alléger mon porte-monnaie, a en revanche alourdit la valise prévue à cette occasion (je vous dis pas pour la traîner jusqu’à la gare !). Mais c’était également l’occasion de trouver l’édition intégrale des Royaumes Crépusculaires, d’échanger avec son auteur et de repartir avec le livre dédicacé. Rien que pour ça, ça valait vraiment le coup d’aller au Salon.
L’intégrale réunissant deux trilogies, Les Crépusculaires et Abyme, j’ai choisi de vous en parler dans deux chroniques différentes. Voici donc la deuxième avec la trilogie concernant Maspalio d’Abyme : Abyme.

Difficile d’enchaîner directement entre Les Crépusculaires et Abyme. Je vous avoue qu’il m’a fallu un petit temps de pause entre les deux, tant je quittais à regret Agone et ses amis. Pourtant, j’avais vraiment hâte de retourner dans les Royaumes Crépusculaires mais il me fallait me remettre de mes émotions. Donc j’ai fini par m’y remettre avec plaisir au bout de quelques jours. Là, quelle surprise : le récit, bien que se déroulant dans le même univers, la même ville, Abyme, est complètement différent. Déjà, le style : nous passons d’un récit à la troisième personne du singulier, extérieur au personnage et au passé à un récit plus introspectif, à la première personne du singulier, et au présent. J’avoue que les premières lignes m’ont surprise et j’ai eu peur un instant de ne pas apprécier ce parti pris de l’auteur. Ça a été tout le contraire et j’ai adoré.

Cette fois, nous partons au cœur d’Abyme. Maspalio, farfadet ancien prince-voleur, se voit contraint d’enquêter sur la mystérieuse disparition d’un démon, invoqué pour seulement une nuit et jamais renvoyé aux Abysses, faute de le retrouver. Qu’est-il devenu ? Mais surtout : comment un démon peut-il bien disparaître ainsi ? Non pas que Maspalio ne soit du genre à ne penser qu’à lui mais il se serait bien passé de cette petite enquête. Sauf qu’il n’a pas trop le choix non plus. Ses contrats ayant tous été rachetés par Vladitch, un Advocatus Diaboli qu’il pensait, sinon son ami, du moins pas son ennemi, il lui faut retrouver le démon à tout prix sous peine d’être dénoncé aux autorités et de voir son âme explosée en un (très beau) feu d’artifices. De prime abord, nous avons-là une enquête policière fantastique. Pourtant, très rapidement, le récit s’envole et prend de l’ampleur, dévoilant sans cesse des ramifications toujours plus complexes. Maspalio découvrira très rapidement que derrière la disparition de l’Opalin, se cache une terrible conspiration, capable de changer Abyme à jamais.

Comment peut-on avoir autant envie de se promener dans les rues d’une cité aussi décadente et dangereuse qu’Abyme ? Eh bien, il suffit de lire cette trilogie. Cité baroque aux ruelles gorgées de sang, et aux quartiers sombres et glauques, Abyme est une cité surprenante qui n’est pas sans évoquer une Venise fantastique et moyenâgeuse.
Pourtant, on s’y attache, on a envie d’en savoir plus sur elle, sur son Palais des Gros, son Quartier du Vice… Et c’est ce qui en fait sa beauté. Ses habitants, pour la majorité peu recommandables (c’est drôle comme certaines crapules nous paraissent tout de suite plus sympathiques quand on tombe sur de plus grosses crapules !), éveillent notre curiosité. La ville est un personnage à elle toute seule. C’est elle le véritable personnage principal du roman. Au cœur du récit, il ne s’agit ni plus ni moins que de la sauver et Maspalio n’en est que le fidèle chevalier-servant. Ce lien, tous les habitants de la Cité le ressentent. En jouant avec le feu, certains d’entre eux vont commettre une terrible trahison… À Maspalio et ses amis de rétablir l’ordre.


Poétique, rythmée et paradoxalement très floue, la trilogie d’Abysse est un énorme coup de cœur. Si j’étais déçue de quitter Agone, je l’ai été encore plus de quitter Maspalio tant j’ai été happée par le récit et sa mythologie. Abysse ne peut être lue une seule fois tant elle regorge de détails. C’est donc un livre qu’il va me falloir garder à porter de main, histoire de pouvoir continuer à découvrir la cité avec une nouvelle lecture.

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