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samedi 23 septembre 2017

Les Bottes Rouges

Auteur : Fleur Hana
Genre : érotique, drame, romance

Éditions : EdiBitch
Publication : 1er Juin 2015

Résumé
« J’ai envie d’oublier que mon frère est mort, que personne ne me regarde plus de la même façon. Je sais que ce type a le pouvoir de me faire tout oublier. Et j’ai envie de lui. Tout simplement. »

Dans cette romance contemporaine sensuelle, Angie nous raconte son expérience du deuil et nous entraîne dans son cheminement personnel qui la conduit dans les bras de Valentin.

Il l’aide à pleurer.
Elle lui apprend à aimer.


Avis de Marie
Les Bottes Rouges, ça faisait un moment que je voulais le lire. Problème : quand un livre n’est plus édité, il est très difficile de se le procurer. Quand j’ai enfin pu mettre la main dessus (même si ce n’était qu’un prêt), forcément je me suis immédiatement lancée dans sa lecture. Une fois commencé, impossible de l’abandonner, ce roman m’a complètement retournée émotionnellement.

Angie vient de perdre son frère dans un terrible accident de moto. Se sentant responsable – si seulement elle avait réagi avant, elle aurait pu éviter le camion… -, la jeune femme ne parvient pas à faire son deuil. Comment reprendre le cours normal de sa vie avec une telle perte et une telle culpabilité ? Valentin, lui, l’a compris. Il ne sert à rien de vouloir porter le poids d’une culpabilité imaginaire. Et puis la vie, c’est fait de joie et de tristesse, de perte et de bonheur. Lui, il a perdu sa mère quand il était plus jeune. Depuis, il refuse de s’attacher, les aventures sans lendemain lui vont très bien. Mais derrière cette carapace de dur à cuire, n’y aurait-il pas tout simplement un homme fragile qui a peur d’aimer ?

Les Bottes Rouges, c’est l’histoire de deux personnes ayant enfermé leur souffrance au plus profond d’eux-mêmes. L’une ne sait comment l’exprimer, l’autre préfère l’ignorer. Pourtant, quoiqu’ils en disent, quoiqu’ils fassent, elle est toujours aussi présente. Dépassés par leur douleur, elle est ce qui va les rapprocher. Après la mort de son frère, Angie revient dans la ville de son enfance. Si elle ne veut pas retourner vivre chez ses parents, elle ne peut cependant trop s’éloigner. Alors elle trouve un compromis en allant vivre en colocation avec ses deux meilleurs amis, Joss et Ana. Damien avait une personnalité incroyable et il a laissé son empreinte partout dans la petite ville. Qui n’a pas connu ce beau garçon, drôle et un peu casse-pieds sur les bords, mort dans la fleur de l’âge ? Partout où elle va, Angie voit l’empreinte de Dam. À commencer par les amis de son frère, nombreux et qui ne l’oublient pas. Et ça, ils le lui font tous savoir, un peu trop même. Sauf Valentin. Lui, il la rejette même carrément. Pourquoi ? Parce qu’elle est la sœur de Dam ? Et qu’on ne touche pas aux sœurs de ses potes ? Ce jeune homme à la réputation sulfureuse enchaîne les coups d’un soir. Et ça lui va parfaitement, il ne cherche pas à se lancer dans une quelconque relation, qui forcément se conclurait dans la douleur d’une manière ou d’une autre. Alors pourquoi Angie lui fait-elle autant d’effet ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à lui sortir de la tête ?

Alternant les points de vue, ceux d’Angie étant plus nombreux, Fleur Hana nous livre là plus qu’une simple romance. Les Bottes Rouges, c’est certes une histoire d’amour mais pas seulement. C’est surtout l’amour après le deuil. Comment retrouver le bonheur après la perte d’un être cher ? Comment se reconstruire ? La douleur, omniprésente, comment la gérer ? Comment l’oublier ? Peut-on un instant arrêter de souffrir ? Cette douleur d’Angie à la mort de son frère, son questionnement et son cheminement intérieur sont poignants. Le style se veut assez cru. Fleur Hana n’y va pas par quatre chemins et laisse ses personnages s’exprimer sans aucun filtre. Alors parfois, ça choquerait presque mais à d’autres moments, ça prête à sourire, un sourire de façade certes, mais un sourire quand même. Car derrière les petites touches d’humour, parfois décalée, parfois noir et les petits délires entre parenthèses, la souffrance est toujours là. Mais il faut avancer et ça c’est difficile. Parce que la vie, elle, elle continue. Et pour pas mal de monde, rien n’a changé. Et c’est ça qui est dur aussi : de voir le monde continuer à tourner comme si de rien n’était alors que le nôtre s’est effondré. Valentin peut aider Angie à gérer ça. Il lui permet de penser à autre chose. S’il pouvait juste essayer d’arrêter de l’humilier, ça serait bien. Frustrée, ça elle va l’être ! Et Valentin, à lutter contre leur désir mutuel, ne va rien faire pour l’aider.

Moi qui n’aime pas plus que ça la new romance, ici j’ai été agréablement surprise. Bien que présente, elle ne sert ici qu’à donner un peu de piment à l’histoire. Car pour une fois, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment une histoire, ce qui rendait les personnages davantage crédibles.

Les Bottes Rouges est le premier roman que je lis de Fleur Hana. Petit coup de cœur qui m’a chamboulée de par le sujet abordé, il m’a donné envie de découvrir d’autres romans de l’auteur. À voir quel sera le prochain maintenant. Des avis ?


Extraits

« Maintenant qu’il n’est plus là, je mesure l’intensité du vide qu’il a laissé derrière lui. Bien sûr, c’est un peu cliché de se dire qu’on se rend compte de ce qu’on avait une fois seulement qu’on l’a perdu. Mais c’est tellement vrai… On essaie d’aller de l’avant parce qu’on ne peut pas se permettre de rester à se lamenter et déprimer toute la journée au lit. Même si c’est tentant… Malgré tout, la douleur est toujours aussi vive. Et je me demande si j’arriverai vraiment à la gérer un jour. Je ne dors plus beaucoup, la culpabilité me ronge insidieusement, ma famille m’en veut (à juste titre), mon frère me manque, dès que je ferme les yeux, je revis ces quelques secondes qui me hantent… »

« Finalement, le bad boy est un peu un crottin de chèvre : il se bonifie avec le temps. »


« Tu n’as pas le choix, tu bouges ton cul pour vous faire vivre. Et je ne parle pas d’argent, je parle vraiment de ce qui constitue la vie au quotidien, tous ces trucs auxquels on ne pense pas quand c’est quelqu’un d’autre qui s’en charge. Ce jour-là, j’ai réalisé que j’avais été tellement dépendant d’elle, pour le matériel mais aussi émotionnellement, et je me suis promis que ça ne m’arriverait plus. Parce que quand la personne dont tu dépends se tire, que ce soit par choix ou non, tu te retrouves comme un con. Perdu. Et putain, je ne veux plus jamais ressentir ça. »

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