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samedi 5 août 2017

L’Enlèvement, Tome 1 – Twist Me

Auteur : Anna Zaires
Traduction : Julie Simonet
Genre : dark romance, érotique

Éditions : Mozaika Publications
Publication : 1er février 2015
Page : 320

Prix : 13,99€ (papier) – 4,99€ (ebook)


Résumé

Kidnappée. Séquestrée sur une île privée.

Je n’aurais jamais cru que cela puisse m’arriver. Je n’ai jamais imaginé qu’une rencontre fortuite la veille de mon dix-huitième anniversaire pourrait ainsi changer ma vie.

Désormais, je lui appartiens. J’appartiens à Julian. Un homme aussi impitoyable que beau. Un homme dont les caresses me consument. Un homme dont la tendresse me fait plus de mal que sa cruauté.

Mon ravisseur est une énigme. Je ne sais ni qui il est ni pourquoi il m’a enlevée. Il y a des ténèbres en lui, des ténèbres qui me font peur tout en m’attirant.

Je m’appelle Nora Leston, et voici mon histoire.



Avis de Marie

Bon autant vous le dire tout de suite et désolée pour toutes les personnes qui ont aimé ce roman mais la présente chronique va être lapidaire. Jamais un roman ne m’avait autant mis en colère ! À tel point que j’ai préféré attendre un bon moment avant d’en faire la chronique, histoire que ma colère retombe. Mais même à tête reposée, impossible de ne pas m’énerver quand je repense à cette histoire. J’ai même hésité pendant un temps à ne pas en faire de chronique du tout car ce n’est pas, à mon sens, le genre de roman qui gagne à être lu ou même tout simplement connu. Bien au contraire, il devrait être oublié, jeter dans les abîmes de l’oubli. Moins on en parle, mieux c’est.
Mais voilà, quand une copine me dit qu’on lui a conseillé de lire le premier tome de L’Enlèvement parce que « c’est trop trop bien, l’histoire d’amour est trop belle » et me demande si je l’ai lu, ce que j’en ai pensé, bah là, de nouveau je m’énerve et me dis qu’une petite chronique finalement est nécessaire. Attention, encore une fois, toutes les chroniques postées ici ne sont que des avis et en tant que tels, ont leur part de subjectivité propre à leur auteur. Cette chronique n’est donc que mon avis et n’engage que moi. En aucun cas il ne s’agit de juger qui que ce soit.

Sur cette petite introduction, vous êtes prêt ?

A l’occasion d’une petite virée en boîte, Nora rencontre un homme qui ne cesse de la fixer. À la fois flattée et décontenancée par les regards insistants de l’inconnu, elle ne s’inquiète finalement pas plus de cette situation et rentre chez elle en toute quiétude. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle recroise l’individu quelque temps plus tard à sa remise de diplôme. Et puis soudain, le noir. Nora reprend ses esprits dans une grande villa, sur une île perdue au milieu de nulle part avec pour seuls compagnons son ravisseur, qui n’est autre que l’individu rencontré lors de sa précédente sortie nocturne, et son assistante. Obnubilé – ou plutôt obsédé – par Nora, l’inconnu n’a pas pu résister. Cette fille lui plaisait. Il la lui fallait. Alors il l’a enlevée. Mais bon, il ne l’a pas enlevée pour jouer aux cartes non plus. Et vu qu’il ne lui a pas demandé son avis pour l’emmener sur son île, il ne compte pas le faire non plus pour l’emmener dans son lit. Mais bon, on lui pardonne, parce qu’« il est trop beau ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Nora. Séquestrée, violée, humiliée et violentée, la jeune femme n’en tombe pas moins éperdument amoureuse de son ravisseur. Syndrome de Stockholm ? Certainement. Mais pas que. Le fait d’être « trop beau » ne donne en aucun cas à un homme tous les droits sur une femme. Rien d’ailleurs ne le peut. Ah moins que je ne me trompe mais qui sait ?

Nora a l’air d’apprécier son asservissement. Au bout de quelques jours, elle se dit que finalement sa situation n’est pas si mal. Elle ferait même des envieux :

  •     Séquestrée sur une île paradisiaque avec tout le confort moderne,
  •    Libre de se promener comme elle le souhaite sur toute l’île : « c’est trop beau ! » (bon en même temps, ce n’est pas comme si elle pouvait aller très loin, autant profiter de la vue),
  • Un mec canon dans son lit (certes il est un peu violent et il ne lui demande pas son avis mais ça lui donne son côté sombre et torturé),
  • Une copine sur l’île pour pouvoir parler de problèmes de filles (même si ça a mal démarré, c’est sûr qu’avec un peu d’efforts elles vont finir par devenir les meilleures amies).

En fait faut que j’arrête là, il vaut mieux. Rien que cette liste me rend ce roman encore plus absurde qu’il ne l’est et éveille davantage ma colère !

Lorsque je discutais de ce livre avec des personnes qui ont aimé, toutes me disaient que l’histoire d’amour était très belle et que certes le côté violent de la relation des deux protagonistes pouvait choquer au début mais qu’il fallait passer ça. Bravo aux personnes qui ont réussi à passer outre. Personnellement, je n’y arrive pas et je ne veux pas. Pour moi, ce roman cautionne des actes bien trop graves et sérieux pour que l’on puisse faire l’impasse. La justification du viol et de l’asservissement d’une personne, voilà toute la portée de L’Enlèvement. Du moment qu’on est beau et riche, alors on peut se permettre de séquestrer, violer, humilier, asservir et violenter des femmes. Mais où va le monde ?
Et si l’auteur, à la plume déplorable au passage, a trouvé un bon moyen de gagner sa vie en couchant sur papier des fantasmes tordus, pourquoi mais ô pourquoi les personnes qui ont aimé ce roman justifient leur appréciation par « l’histoire est belle » ? Désolée, mais ça c’est un argument que je ne peux entendre. Non l’histoire n’est pas belle. Elle est même moche. Très moche, sale et perverse ! Une jeune fille niaise et pas très futée finit par aimer éperdument son tortionnaire sous prétexte qu’il est beau et mystérieux. Ça s’appelle de la folie doublée du syndrome de Stockholm.
Vous avez parfaitement le droit d’aimer, les goûts et les couleurs varient. Mais s’il vous plaît, ne justifiez pas ça par le fait qu’il s’agit d’une belle histoire. Certains aiment les romans gores, bourrés d’hémoglobine et de violence. D’autres leur préfèrent des romans où règne la perversion sexuelle. Pourquoi pas ! Mais pour autant, assumez car vous, vous savez sûrement à quoi vous attendre avec ce genre de roman. Mais que dire de ces personnes à qui on a dit « l’histoire est belle, vas-y lis-le » ? Y avez-vous pensé ? Ne risquent-elles pas d’être choquées ?

Certaines personnes comparent L’Enlèvement à 50 Nuances de Grey. Non, là encore je ne suis pas d’accord car il y a une différence fondamentale entre ces deux ouvrages : le consentement ! Et ça, on ne peut pas l’ignorer. Anastasia n’a été ni séquestrée ni violée. Contrairement à Nora. Anastasia prend la voie du sadomasochisme parce qu’elle le veut bien. Pas Nora. Le seul point commun entre ces deux romans c’est leur genre, l’érotisme, rien d’autre. Donc encore une fois, faites attention lorsque vous comparez deux romans aussi différents.

Bref, vous l’aurez compris, je n’ai absolument pas adhéré à L’Enlèvement. Choquée et écœurée par un tel ouvrage, je ne risque pas de renouveler l’expérience avec la suite. Peut-être que l’histoire qui suit est très belle. Mais ses fondements sont pourris et je ne peux faire l’impasse.

Je sais que mes mots peuvent paraître forts mais ils sont le reflet de ma pensée et de mon incompréhension. Et même si je peux comprendre que certaines personnes apprécient ce genre de récit, j’avoue que celui-ci m’a complètement laissée bouche bée. Et lorsque j’ai fait part de mes impressions, j’ai trouvé d’autant plus choquant que l’on me reproche ne pas avoir vu la belle histoire d’amour qui s’y cachait…


L’Enlèvement est une dark romance des plus trash. Je ne sais si l’auteur souhaitait seulement choquer son public mais en tout cas, c’est réussi pour moi. Choquée mais également outrée par cette apologie du viol, je peine à comprendre son retentissement. Faire cette chronique revient à parler du roman et je pense que c’est tout ce que l’auteur attendait. Même si cela me navre, j’avais également besoin de laisser ma colère s’exprimer.

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