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vendredi 5 mai 2017

Vous n’aurez pas ma haine

Auteur : Antoine Leiris
Genre : témoignage

Éditions : Fayard
Publication : 30 mars 2016
Pages : 113

Prix : 12,90€ (broché) – 3,99€ (ebook)

Résumé
Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment,
malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.

Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.

 
Avis de Marie
En ayant beaucoup entendu parler à sa sortie, je voulais lire ce témoignage depuis un bout de temps déjà. Seulement, il est des livres que l’on sait ne pas être en mesure de lire dans l’immédiat, les émotions étant à même de nous submerger. C’est donc plus d’un an après sa sortie que je me suis lancée dans cette lecture. Autant l’attente a été longue, autant une fois commencé, impossible de le reposer sans avoir tourné la dernière page. Vous n’aurez pas ma haine est un livre fort, le témoignage d’un proche d’une victime des attentats du Bataclan. Si Antoine Leiris n’était pas présent au Bataclan, son épouse, elle, y était, comme tant d’autres et faisait partie des personnes tuées ce soir-là. Comment continuer à vivre après une telle tragédie ? Comment ne pas vivre dans la peur ?

On sent que ce livre est une catharsis pour son auteur, un moyen d’exprimer ses émotions, sa tristesse, son désarroi face aux évènements dramatiques qui ont marqué à jamais la nuit du 13 novembre 2015. Mais surtout, comment il refuse de tomber dans la haine, de répondre à cette haine d’extrémistes religieux par la colère. Antoine Leiris fait preuve d’un état d’esprit fort et affirmé et malgré le drame qui le touche, lui et son fils, trouve la force de continuer à vivre, de profiter de chaque instant que la vie leur offre et surtout d’être un jour heureux. Éloge à la vie, Antoine Leiris ne cherche pas à faire revivre son épouse à travers ses mots. Non, il nous montre que même si elle n’est plus là physiquement, son souvenir l’accompagne dans chaque instant. Présente sans être présente, sa joie de vivre et sa force ont laissé une empreinte indélébile. Les phrases employées ont un impact fort. Sobre, son écriture est percutante, chaque mot est pesé et trouve sens dans une société de plus en plus marquée par ces terribles évènements.

Hommage vibrant à Hélène, à travers ce dur témoignage, l’auteur fait passer un message de vie. Non il ne faut pas céder à la peur, la vie est trop courte et trop belle pour ne pas en profiter. Y renoncer, céder à la haine et au désespoir, c’est faire le jeu des terroristes.


Extraits

« Il a passé neuf mois dans le ventre de sa mère à l’écouter vivre, son cœur battait le rythme de ses journées, ses mouvements étaient un voyage, ses paroles la musique de sa vie naissante. Je veux qu’il entende, l’oreille collée à ma poitrine, ma voix lui dire mon chagrin, qu’il sente mes muscles tendus par la gravité de l’instant, que les battements de mon cœur le rassurent, que la vie continuera.  »

« Je ne pardonne rien, je n’oublie rien, je ne passe sur rien et surtout pas si vite. Lorsque chacun sera retourné à sa vie, nous vivrons toujours avec. Cette histoire, ce sera notre histoire. La refuser serait se renier. Même si son corps osseux a la froideur d’un cadavre, son baiser le goût du sang encore chaud et ce qu’elle me murmure à l’oreille la beauté glaçante d’un requiem funèbre, je dois l’embrasser. Je dois entrer dans cette histoire. »

« Bien sûr, avoir un coupable sous la main, quelqu’un sur qui l’on peut reporter sa colère, c’est une porte entrouverte, une occasion d’esquiver sa souffrance. Et plus le crime est odieux, plus le coupable est idéal, plus la haine est légitime. On pense à lui pour ne plus penser à soi, on le déteste lui pour ne pas haïr sa vie, on se réjouit de sa mort pour ne plus sourire à ceux qui restent. »

2 commentaires :

  1. Je pense que cet ouvrage, en plein dans notre actualité, est très intéressant à découvrir pour changer les idées qui se sont encrées dans nos têtes, et pour avoir plus de reculs face aux événements vécus... Merci pour ta superbe chronique, si je croise ce témoignage, je pense le prendre !

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    1. Merci ^^ oui je suis d'accord, c'est un ouvrage en plein dans l'actualité (malheureusement...) et édifiant, qui nous pousse vraiment à nous poser certaines questions quant à la vie que l'on souhaite mener et la société dans laquelle nous vivons.

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