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vendredi 14 avril 2017

Orgueil et Préjugés et Zombies

Auteurs : Jane Austen & Seth Grahame-Smith
Traduction : Laurent Bury
Genre : Parodie

Edition : Pocket
Parution : Janvier 2014
Pages : 352

Prix : 7,80 euros

Résumé
L'Angleterre subit une terrible épidémie : des morts-vivants envahissent villes et campagnes et contaminent la population.
Dans la famille Bennet, on est bien entrainés. Les arts martiaux n'ont plus de secrets pour les cinq filles et, même à l'heure du thé, elles ne se séparent jamais de leur dague !
Pas facile de trouver un mari à la hauteur. Elizabeth a d'ailleurs bien envie d'égorger cet orgueilleux Darcy qui la snobe, mais l'irruption des « innommables » dans la salle de bal change ses plans...

Avis de Manon
Des réécritures de l’œuvre de Jane Austen, il y en a des tas ! Mais j’ai d’emblée été attirée par l’œuvre de Seth Grahame-Smith qui semblait sortir du lot et cela de manière radicale. En effet, il fallait qu’en même y penser à introduire des zombies dans Orgueil et Préjugés !
L’histoire suit globalement la même trame que celle d’Orgueil et Préjugés, à une différence près : les zombies ont envahi cette chère Angleterre ! Il est donc de bon ton de savoir se défendre et éliminer ces créatures, véritables suppôts de Satan qui sortent de terre dès que le sol est humide. Heureusement, les cinq filles de Mr. Bennet ont été formées aux arts meurtriers depuis leur plus jeune âge. Ce qui n’empêche pas leur mère de vouloir leur trouver un mari.

Le ton est donné dès les premières pages. Dans cette parodie, les jeunes filles de bonne famille ne s’exercent pas au piano mais au maniement du katana. Mais voilà, à part ces fameux zombies qui perturbent quelques fois le quotidien des personnages, la trame est exactement la même que celle de Jane Austen avec de nombreux passages identiques à l’œuvre originale (d’où le fait que son nom soit resté sur la couverture). J’aurais aimé que l’effort de réécriture soit un peu plus important et avec des zombies plus effrayants. Car ceux-là prêtent plus à sourire qu’autre chose. 
Dans l’ensemble, je pense que le roman n’est pas allé assez loin dans l’idée de départ. Ok il y a des zombies. Ok cela a modifié la vie de nos personnages. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi les sœurs Bennet, devenues de véritables guerrières qui n’hésitent pas à recourir au combat, au moindre affront doivent encore se trouver des maris et se plier à certaines convenances. Ainsi Elisabeth n’hésite pas à se battre avec Mr. Darcy lors de sa demande en mariage dans le Kent car elle s’estime insultée. Pourtant cela ne l’empêche pas de faire la révérence comme toute bonne jeune fille du début du XIXème siècle. J’ai l’impression que la priorité matrimoniale et les bonnes manières cadrent mal avec l’état d’urgence dans lequel se trouve le pays envahi de zombies. 
Le mélange des genres n’est donc pas concluant pour moi et aurait mérité d’être davantage travaillé pour éviter ce type d’incohérences.

Si le caractère de certains personnages, comme Mr. Bennet, est plutôt bien respecté, je n’ai pas vraiment reconnu Elisabeth que j’ai trouvée insupportable. L’indépendance, la vivacité d’esprit et l’ironie de la jeune fille se traduisent ici par une propension à vouloir trucider un grand nombre de personnes (et pas que des zombies !) toutes les fois où elle estime son honneur ou celui de sa famille bafoué. Les deux premières fois cela fait sourire. Après c’est lourd et répétitif.
D’ailleurs les facultés au combat de certains personnages dramatisent quelque peu l’histoire J’en veux pour preuve la confrontation entre Elisabeth et Catherine de Bourgh à Longbourn qui est beaucoup plus mouvementée que dans le livre original. 

Orgueil et Préjugés et Zombies est bien évidemment une parodie du célèbre roman de Jane Austen. Si le décalage assumé et voulu par Seth Grahame-Smith offre quelques scènes plutôt intéressantes et originales, on perd un peu le mordant et le côté cynique du livre. Je me suis davantage concentrée sur le « clash » époque prévictorienne/zombies et l’incongruité de certaines scènes que sur la critique sociale. Effectivement, je n’ai toujours pas compris comment les sœurs Bennet avaient pu se rendre en Chine et être entraînées aux arts meurtriers par un moine Shaolin ! 

Le mélange littérature prévictorienne et zombies est certes original mais je ne pense pas garder un souvenir impérissable de ma lecture. Trop d’incohérences et une intrigue qui, à mon sens, aurait mérité d’être approfondie. 

Extraits
"Alors que Mr Darcy s'éloignait, Elizabeth sentit son sang se glacer. Jamais de sa vie elle n'avait été insultée de la sorte. Le code des guerriers exigeait qu'elle vengeât son honneur. En veillant à ne pas attirer l'attention, Elizabeth baissa la main jusqu'à sa cheville, où elle trouva la dague qu'elle dissimulait sous sa robe. Elle avait l'intention de suivre cet orgueilleux Mr Darcy à l'extérieur et de lui trancher la gorge."

"L'unique objectif de Mr Bennet était de maintenir ses filles en vie. Celui de Mrs Bennett était de les marier."

1 commentaire :

  1. Pour le moment, je n'ai vu que le film, qui m'avait bien plu. Je ne tenterai peut-être pas le livre...

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