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dimanche 30 avril 2017

Notre vie à trois

Auteur : Colline Hoarau
Genre : roman, témoignage

Éditions : Dédicaces
Publication : 13 octobre 2015
Pages : 102

Prix : 13,03€

Résumé
Regards croisés d’un patient et d’une impatiente en lien avec la maladie de Parkinson. C’est une vraie histoire ancrée dans une réalité ni drôle, ni éplorée. Elle est, tout simplement, sans artifice, comme l’authenticité de la vie. Vous serez embarqué dans ce dialogue, l’un faisant écho à l’une. Ce texte est poétique et entraînant sans nous essouffler. Les mots semblent propulsés pour dire justement ce qu’il faut et rien de plus. Vous n’échapperez pas à la formidable leçon de vie offerte à chacun. Car rien ne sert de geindre, il suffit d’agir et d’avancer. Ce second roman de Colline Hoarau est un hymne à la vie. On en sort grandi, voire embelli.


Avis de Marie
En tant que blogueuses, nous sommes souvent sollicitées par des auteurs désireux de faire connaître leurs ouvrages. Conscientes des difficultés du milieu et encore plus pour les auteurs autoédités, nous ne refusons que lorsque nous croulons littéralement sous les propositions et que nous savons que nous ne pourrons pas faire de retour avant un très long moment.
Cela nous peine et nous chagrine toujours de devoir dire non. Cependant, cela ne veut pas dire que nous oublions pour autant les auteurs qui ont eu la gentillesse de nous contacter. Sachez que toutes vos propositions sont soigneusement conservées ! Alors dernièrement, nous avons décidé de recontacter quelques-uns des auteurs à qui nous avions dit non. Colline Hoarau faisait partie de ceux-ci et nous a fait le plaisir de répondre par l’affirmative ! Notre vie à trois est l’un des deux romans qu’elle nous a proposé et je la remercie grandement pour cette découverte, aussi belle que touchante.

Récit intimiste, Notre vie à trois tient davantage du témoignage que de la fiction. En nous plongeant dans le quotidien d’une personne atteinte de la maladie de Parkinson et de sa compagne, Colline Hoarau nous fait entrer dans leurs pensées les plus intimes. Nous découvrons alors jour après jour, comment la vie de ce couple est transformée par la maladie. Achille, le malade et sa compagne, Orchidée, vont donc nous livrer leur ressenti dans un quotidien conditionné par la maladie. Omniprésente, compagne désormais permanente, cette dernière devient un membre à part entière de ce petit foyer… Comment continuer à garder le sourire chaque jour quand on sait qu’on ne pourra aller mieux ? Comment avancer alors même que chaque lendemain sera pire que la veille ? Comment tout simplement continuer à vivre ? Le soutien indéfectible d’Orchidée aide Achille à poursuivre. Pour autant, il lui faut continuer à vivre, et non se contenter de survivre. Alors voilà, il va lui en falloir de l’organisation et du courage pour profiter de chaque jour. Cette force, il devra la puiser au plus profond de lui-même mais il la trouvera également auprès de sa compagne. Cependant, les choses ne seront pas aisées pour elle non plus. En tant qu’accompagnante, elle doit se montrer un soutien infaillible car l’équilibre d’Achille repose sur elle. Or, elle est une femme atteinte elle aussi par la maladie. Certes, de manière indirecte mais si elle n’est pas une patiente, pour autant, la maladie de Parkinson a complètement bouleversé sa vie. Sur qui s’appuyer quand tout le monde attend d’elle qu’elle soit un pilier fort et inébranlable ? Il leur faudra ainsi faire aux regards extérieurs, souvent compatissants, parfois indifférents… Être confronté au regard des autres renvoie seulement à sa propre maladie. Ne peuvent-ils pas un instant oublier cette maladie qui ronge de l’intérieur pour voir l’individu lui-même ?

La plume de Colline Hoarau s’inscrit en un parfait contraste avec le sujet du livre.  Thème pesant, la plume de l’auteur se veut, a contrario, sobre et épurée, voire par moment superficielle. Pourtant, le lecteur ne ressentira à aucun moment cette sobriété en superficialité mais bien en subtilité. Au lecteur attentionné d’être attentif aux non-dits, à lui de lire entre les lignes. Toutes les étapes du quotidien sont alors déclinées, tant du point de vue de l’individu malade que de son soutien. Du simple lacet à faire aux voyages, tous les moments les plus banals du quotidien sont abordés. C’est là que l’on se rend compte que ce qui peut paraître tout ce qu’il y a de plus simple pour nous peut subitement devenir une vraie épreuve pour certains.

Notre vie à trois est un très bel ouvrage qui nous oblige à ouvrir nos yeux et à se poser une simple question : comment entendons-nous profiter de notre vie ? Éloge de la vie, Colline Hoarau nous montre qu’avec beaucoup de force et de courage, nous pouvons continuer à profiter de chaque instant que la vie nous offre. Alors certes, ce ne sera pas comme la majorité des gens, mais pour autant, sont-ils ceux qui profitent le plus (et le mieux) de la vie ?


Extrait
« La maladie est un miroir, nous obligeant à nous regarder, sans fard.
Le temps devient précieux, nous imposant des choix.
Il n’y a plus de place pour le mensonge.
On est comme on est. La faiblesse physique nous impose d’être forts.
On apprend à s’aimer, se supporter pour pouvoir se faire aimer de l’autre.
M’engageant ainsi avec lui, je devrais apprendre à comprendre les moindres gestes, ceux qui venaient de lui et ceux qui venaient d’ailleurs.

Pourrais-je dire que sa maladie m’a sauvéé d’une vie insignifiante, de contraintes et de renoncements ? »

2 commentaires :

  1. Je suis contente que tu aies pu lire ce livre, je l'ai beaucoup aimé ! On apprend beaucoup et j'ai été très touchée...

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    Réponses
    1. Oui, c'est dingue de voir comment les petits gestes du quotidien peuvent devenir de véritables épreuves du jour au lendemain. Et surtout, j'ai aimé avoir aussi bien le point de vue de la personne malade que de celle qui se tient chaque jour à ses côtés.

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