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mardi 18 avril 2017

Kokkoku, Tomes 1 à 8

Auteur : Seita Horio
Genre : seinen

Éditions : Glénat
Publication : Mars 2015
Pages : 224 pages

Prix : 7,60€

Résumé Tome 1
Perdus dans le temps

Juri Yukawa tente de recoller les morceaux entre un grand-père bougon, un frère cloitré chez lui, un père dépressif et son neveu. Mais la journée ordinaire vire au cauchemar : deux membres de la famille ont été kidnappés. Les ravisseurs exigent cinq millions de yens en liquide, à payer dans la demi-heure, sinon les otages seront exécutés ! Malheureusement, ils n’ont aucun moyen de se rendre à l’heure au lieu-dit. À moins d’utiliser une magie occulte transmise de génération en génération et capable de figer le temps. Mais dans ce monde inerte, régi par des règles dangereuses, les Yukawa vont découvrir qu’ils ne sont pas les seuls à pouvoir se déplacer librement…


Avis de Marie
Voilà une série qui me laissait de prime abord assez perplexe, tant par son synopsis que par son graphisme. L’ambiance promettait d’être pesante et l’histoire complexe. Sur ces deux points, je ne m’étais pas trompée. En revanche, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi addictive. Je ne regrette absolument pas d’avoir attendu d’être en possession de tous les tomes car je les ai enchaînés les uns après les autres sans m’arrêter ! En une soirée, le tout était plié.

Tout commence avec Juri Yukawa, une jeune femme somme toute assez banale qui voit son quotidien bouleversé le jour où son neveu et son frère sont enlevés. Si le fait que les ravisseurs réclament une rançon n’a rien de surprenant, en revanche le temps laissé pour la livrer est plus que restreint. Pour se rendre sur les lieux dans les temps, un seul moyen, avoir recours à une pierre spéciale, qui permettra à Juri et son grand-père d’entre dans un monde parallèle, un monde où le temps n’a quasiment plus aucune prise, où seuls quelques rares individus peuvent y entrer, y évoluer et surtout en sortir comme bon leur semble. Or, il arrive que certains finissent par entrer dans ce monde… et n’en ressortent jamais ! Seuls et condamnés à errer indéfiniment, ils finissent par perdre la raison. Qu’advient-il de ces personnes ? C’est ce qu’espère découvrir Majima, dont la famille a été entièrement emportée des années plus tôt… Pour le découvrir, elle n’hésite pas à s’allier à Amour véritable, une secte de fanatiques. Mais quelles sont les véritables intentions de Sagawa, leur leader ? Ces différents protagonistes, poursuivant chacun leur propre but, vont alors interagir, de manière souvent explosive, dans le monde figé. Là, chacun va découvrir que, si le temps n’a quasiment plus aucune prise, pour autant, tout n’y est pas permis. Il existe des règles et gare à ceux qui ne les respecteraient pas. Violer les lois du monde figé est systématiquement synonyme de mort et le Régent est le gardien absolu. Sagawa est bien déterminé à comprendre ce fonctionnement et à l’utiliser à des fins personnelles. Pour cela, il ne reculera devant rien, à commencer par éliminer la famille Yakawa, déterminée à s’opposer à ses plans. Gardiens du secret, jusqu’ici ils avaient pourtant bien réussi à remplir parfaitement leur mission.

Riche en rebondissements, Kokkoku est un manga surprenant. L’atmosphère est à l’image de l’histoire, lourde, pesante et quasi figée. Pourtant, et de façon totalement paradoxale, tout défile à une vitesse impressionnante. Les ennemis d’un instant peuvent se révéler les alliés d’un autre et chaque chapitre est l’occasion d’en apprendre davantage sur les règles de fonctionnement de ce monde parallèle. On ne peut pas vraiment parler d’attachement aux personnages, tous agissant en fonction de leur unique intérêt et pour certains, n’ayant aucune hésitation à recourir aux pires exactions. Seule la famille Sagawa présente une ligne de conduite relativement droite, bien que tous ses membres ne soient pas des exemples d’altruisme. Mais ces différents caractères s’inscrivent parfaitement dans le récit. Chose qui m’a également marquée pour un manga, les traits d’humour sont très rares, pour ne pas dire quasiment inexistant. Habituellement, même dans des mangas assez sombres, certains passages humoristiques viennent alléger à un moment donné des passages relativement sombres. Or, il n’en est absolument rien ici, le mangaka ayant préféré favoriser le côté pesant du monde figé. Ainsi, le monde dans lequel le temps s’écoule apparaît plein de vie, léger et – forcément – dynamique alors que l’autre monde se veut alors plus dangereux et inquiétant, accentuant l’idée selon laquelle les vivants n’ont à rien à y faire.


Kokkoku est un manga pesant et inquiétant, qui, malgré un début assez laborieux, se révèle au fil des tomes aussi prenant qu’efficace. Si le titre de la série ne permet pas vraiment de se rendre compte de ce dont il est question et que le visuel n’est guère avenant, les adeptes de mangas curieux ne devront pas s’en tenir à cela et ne pas hésiter à se lancer dans cette série.  

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