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mardi 14 mars 2017

Ailleurs plus loin

Auteur : Amy Bloom
Titre VO : Away
Traduction : Michèle Lévy-Bram
Genre : drame

Éditions : Charleston
Publication : Juin 2016
Pages : 320

Prix : 7,50€

Résumé
1924. Fuyant la Russie après le massacre de sa famille lors d'un pogrom, Lilian Leyb, vingt-deux ans, débarque à New York. Elle loue un demi-matelas dans un appartement surpeuplé et pouilleux du Lower East Side, souffle un travail de couturière dans un théâtre yiddish à une file de candidates, et, brûlant d'apprendre l'anglais, se récite des litanies de synonymes (petit ami : soupirant, jules, roméo), tirés du thésaurus offert par son ami Yaakov, tailleur, acteur, dramaturge – et Pygmalion.
Mais le jour où Lilian découvre que sa fille, Sophie, serait encore en vie quelque part en Sibérie, elle n'a plus qu'une obsession : la retrouver. Elle part, une carte de l'Ouest américain cousue dans son manteau, pour un périple qui commence dans un réduit du train express de Chicago. Et le conte traditionnel de l'immigrant va se métamorphoser en aventure d'exil, des bas-fonds du Jazz District de Seattle jusqu'au sauvage Alaska et au Yukon des trappeurs...
 

Avis de Marie
Les éditions Charleston ont su diversifier leur catalogue pour nous proposer de belles pépites. Cependant, comme dans toute diversité, il faut bien répondre à tous les goûts, certains lecteurs préférant tel ou tel type d’histoire. En procédant ainsi, en tant que lectrice assidue de ces éditions, on prend forcément le risque de rencontrer des ouvrages qui nous plaisent moins, voire pas du tout. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé avec Ailleurs plus loin
Ailleurs plus loin nous emmène sur les traces de Lillian, réfugiée juive de Russie ayant fui le massacre de sa famille, pour se rendre à New York où, elle espère, elle pourra réaliser ses rêves. Vivant dans des conditions lamentables, Lillian est une battante et surmonte avec force et courage les épreuves qui s’imposent à elle. Alors même qu’elle commence à retrouver une certaine stabilité, une nouvelle bouleversante lui est annoncée : sa fille Sophie serait en vie, quelque part en Sibérie. Lillian n’hésite pas une seule seconde et part à la recherche de son enfant qu’elle croyait avoir définitivement perdu. Sur sa route, bien des épreuves l’attendront et il ne lui faudra reculer devant rien pour ne pas voir son chemin barré. Heureusement, ce voyage sera également riche en rencontres, souvent mauvaises, parfois bonnes mais toujours inoubliables.

Ce roman avait, a priori, tous les éléments pour en faire une belle fresque, forte en émotions. Sauf que… Ça n’a pas pris avec moi. Mais vraiment pas ! Amy Bloom n’a pas réussi à me faire ressentir toutes les émotions qui auraient dû aller de paire avec ce récit pourtant plein de rebondissements. J’ai trouvé Lillian particulièrement froide, nous tenant sans cesse à distance. Se protégeant du monde extérieur, Lillian s’est réfugiée en elle-même afin de ne pas être une seule fois détournée de son objectif : retrouver sa fille. Sauf qu’en se protégeant ainsi, elle tient aussi bien à distance le monde extérieur que le lecteur. Parti pris de l’auteur certes, mais je n’y ai pas adhéré. Seul point positif de cette lecture : les quelques focalisations sur certains personnages secondaires rencontrés au gré des pérégrinations de notre héroïne, pour l’essentiel des femmes. Toutes connaissent une vie mouvementée et Amy Bloom s’attache une fois de plus à nous montrer comment par la force de leur caractère et de leurs convictions, elles parviennent (ou pas) à s’en sortir. Malheureusement, encore une fois, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, d’autant plus que la fin du roman m’a énormément déçue.

Ailleurs plus loin est une déception et c’est avec beaucoup de difficultés que je suis allée jusqu’au bout de l’histoire. L’histoire ne m’a pas paru bien originale et son traitement n’a pas réussi à se démarquer suffisamment d’autres romans du même genre. Les personnages, froids et distants, pour ne pas dire superficiels pour certains d’entre eux, souffraient d’un manque de crédibilité, ce qui n’a pas réussi à me convaincre.


Extrait

« Lillian s’essuie le visage et les mains avec des feuilles de bouleau. Elle ôte ses bottes et se tient, pieds nus, dans un tas de feuilles mortes. Elle presse son visage contre un arbre et sent l’écorce marquer sa joue. Elle a déjà cru plusieurs fois qu’elle ne survivrait pas, que le désespoir l’abattrait, qu’elle tomberait sur place, mais elle se trompait. Ce qu’elle a vécu était terrible, mais ce n’était rien comparé à ce qu’elle vit maintenant. Elle tend les bras devant elle, comme un nageur, pour écarter les branches basses. Elle cherche un endroit où s’allonger. Dans le bois, la lumière vacille, verte et dense. Elle entend au-dessus de sa tête un pic-vert tambouriner, puis, non loin d’elle, un froissement de branches. C’est la main de John qu’elle voit en premier. »

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