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samedi 18 février 2017

Le Mec de la Tombe d'à côté

Auteur : Katarina Mazetti
Traduction : Lena Grumbach, Catherine Marcus
Genre : romance

Éditions : Actes Sud
Publication : 30 mars 2009
Pages : 253

Prix : 7,70€

Résumé
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d’à côté, dont l’apparence l’agace autant que le tape-à-l’œil de la stèle qu’il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s’en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d’autodérision. Chaque fois qu’il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.
Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis… C’est le début d’une passion dévorante. C’est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d’amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.


Avis de Marie
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de ne pas aimer quelque chose que tout le monde encense ? De vous sentir du coup un peu en dehors de l’euphorie qui s’est emparée de toutes les personnes qui vous entourent ? Moi oui. Souvent même. Étrangement, plus un livre rencontre de succès, plus j’ai tendance à me montrer plus critique à son égard. Certes, j’ai un esprit de contradiction assez prononcé. Mais est-ce qu’il ne s’agirait pas aussi de savoir mesurer ses attentes ? En effet, plus le succès est au rendez-vous, plus les attentes sont grandes. Logique me direz-vous ! Et je suis tout à fait d’accord. Mais celles-ci varient d’une personne à l’autre et j’ai parfois l’impression d’être vraiment très exigeante, trop parfois même. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas ? Ou alors, difficilement et je n’en ai pas l’envie ;)

Le Mec de la Tombe d’à côté de Katarina Mazetti est l’un des ouvrages de ces dernières années qu’il a été difficile de manquer. Rencontrant un succès fou, il était sur tous les étals, a fait l’objet de nombreuses chroniques sur le net et animé autant de discussions littéraires. Donc lorsque les collègues au travail m’ont dit que le roman était disponible à la bibliothèque du boulot, je me suis dit pourquoi pas. « Tu vas voir, il est trop bien ! », « J’ai adoré, tu vas te régaler », etc. Sauf que… je suis au regret de vous dire que Le Mec de la Tombe d’à côté n’a pas été une lecture à la hauteur de mes attentes. Face à l’engouement général pour ce roman, j’avoue être restée assez insensible et m’être demandée à plusieurs reprises au cours de sa lecture quelles pouvaient être les raisons de ce succès.

Peut-être que le succès de ce roman tient à son histoire, petite romance aux allures simples mais aussi témoignage de la difficile conciliation de deux cultures très différentes ?
Désirée est une jeune femme en deuil. Suite à la perte de son mari, cette citadine pur jus, se rend chaque jour sur sa tombe. Il faut dire aussi que sa vie n’est guère palpitante. Engoncée dans son quotidien bien organisé, la jeune femme n’est pas à la recherche de l’amour, puisqu’elle l’a déjà perdu. Du moins, c’est ce qu’elle pensait jusqu’au jour où elle réalise que l’homme qui rend visite à la tombe d’à côté suscite chez elle d’étranges sentiments. Mais non ! Pas de panique, ce ne sont que ses hormones qui la travaillent et son horloge biologique. Forcément que tout ça la perturbe. D’autant plus, qu’à bien y regarder de plus près, il n’est pas du tout désagréable à observer même si, elle ne saurait s’en expliquer les raisons, jusqu’ici, il l’agaçait profondément. Et que dire de Benny, ce fameux voisin ? Ce paysan, dont le rythme dépend de sa ferme, se trouve particulièrement agacé par cette dame aux airs si froids. Pourquoi ne décore-t-elle pas la tombe sur laquelle elle vient se recueillir ? En comparaison, celle de la mère de Benny prend des allures de forêt ! N’aimait-elle pas assez cette personne pour se contenter d’une tombe des plus épurées ? Pourtant, Benny va se surprendre à pouvoir peut-être apporter un peu de chaleur dans la vie de Désirée.
Du jour au lendemain, c’est le coup de foudre. Il aura d’un suffit d’un regard et d’un sourire capable d’éclipser le plus éblouissants des soleils pour rapprocher nos deux tourtereaux. C’est là le début d’une histoire d’amour entre deux personnes que tout oppose. Benny est un paysan, dont la ferme lui a été transmise par sa mère. Habitué à vivre quasiment reclus et aux travaux manuels, il espère malgré tout trouver l’âme sœur qui saura l’aider à gérer sa ferme. Désirée, elle, est le contraire absolu. Coquette et délicate, la jeune femme trouve son épanouissement dans une vie propre et bien rangée, au milieu d’ouvrages tous plus intellectuels les uns que les autres. À travers la relation de Benny et Désirée, c’est donc deux pans d’une même société que Katarina Mazetti met en exergue afin de mieux souligner leurs différences. Pour autant, est-ce que ces différences sous-entendent qu’il s’agit là de deux éléments inconciliables ? L’histoire de Désirée et Benny est-elle condamnée avant même d’avoir commencé ?
Étonnement, je n’ai pas réussi du tout à m’attacher aux personnages, le seul ayant quelque peu réussi à m’attendrir étant Benny, et encore, n’exagérons rien non plus. Désirée est un personnage aussi fade que froid, fidèle à l’image qu’elle renvoie. Benny, lui, est plus rustique, plus brut de décoffrage mais beaucoup plus chaleureux et je dirais même vivant. À travers lui, c’est toute la problématique de la campagne que l’auteur fait ressurgir : les difficultés financières, les aléas de l’agriculture et de l’élevage, le besoin de main d’œuvre, la solitude et l’isolement au milieu de nulle part... À travers elle, c’est toute la problématique de la vie en ville que l’auteur fait ressurgir : la pollution, le stress lié à l’activité d’une ville, la solitude et l’isolement au milieu de la multitude… Benny et Désirée se retrouvent alors unis dans leur solitude et vont trouver l’un dans l’autre ce qu’il manque à chacun. Désirée devient alors moins antipathique, se révèle dans toute sa féminité et prend vie. Benny, quant à lui, montre tout son potentiel intellectuel, tout son humour bien qu’étant un être tout en simplicité. Finalement, peut-être que leur histoire a une chance ? Encore leur faut-il dépasser tous leurs préjugés ! Et là, ce n’est pas chose aisée que de rompre avec des années et des années de stéréotypes sur la vie de l’un et de l’autre ! La ville, c’est pollué, c’est étouffant et les gens qui y vivent sont superficiels. Ils ont perdu le goût des choses simples de la vie. Oui, mais la campagne, ça pue, c’est paumé, on y vit reclus. Avec ça, vous vous doutez bien que ce ne sera pas simple pour nos deux tourtereaux.
Tous les ingrédients pour faire une bonne histoire étaient bien présents. Sauf que l’alchimie n’a pas pris pour moi. Très rapidement, j’ai trouvé que la fin était courue d’avance et sous cette pseudo dénonciation des préjugés, j’ai trouvé le tout bien superficiel. Je sais, je me montre assez dure mais comparé à tout ce qui avait pu être dit de ce roman, je m’attendais vraiment à quelque chose de plus profond et à des personnages beaucoup plus attachants. Certes, il donne à réfléchir dans une certaine mesure et les personnages ne laissent pas totalement insensible. Mais je m’attendais tellement à plus !

Alors peut-être que le succès de ce roman tient à la plume de Katarina Mazetti, simple, légère et fluide ? Le roman est relativement court (environ 250 pages) et l’histoire ne comporte que très peu de temps morts, ce qui permet un récit dynamique dont on voit très vite la fin. Heureusement, car si Le Mec de la Tombe d’à côté se lit très facilement, une certaine lassitude a fini par s’installer dans les cinquante dernières pages tant je voulais en finir avec. J’ai donc été soulagée que le récit ne se prolonge pas davantage.


L’essentiel est que le roman a su trouver son lectorat et le conquérir. Malheureusement pour ma part ce n’est pas le cas et ce fut donc une petite déception. Une lecture pas spécialement désagréable mais absolument pas inoubliable pour autant.

Extrait
« - Je sais jouer Coupons, coupons l’avoie à l’harmonica maintenant, dis-je.
- Tu n’as qu’à l’apporter, tu m’apprendras !
- On peut jouer de l’harmonica dans les cimetières ?
- Tu crois qu’ils sont en mesure de s’en plaindre ? »

4 commentaires :

  1. Une lecture que je n'avais pas spécialement beaucoup apprécié... Et, c'était surtout pire avec la suite !

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    1. Ah toi aussi, ça me rassure quand même un peu ! Et tu viens de m'apprendre qu'il y a une suite O.O je ne me lancerai pas dedans vu mes impressions sur ce 1er tome ^^'

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    2. Tu fais bien ^^ La lecture du deuxième tome a été... très laborieuse.

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  2. Tu n'es pas la seule, je n'ai pas apprécié ce livre. Je l'ai lu il y a un moment mais je me rappelle ne pas avoir apprécié les personnages, surtout Désirée dont je n'ai pas compris sa conception du mariage et son caractère trop froid. Et j'ai trouvé la fin ratée qui ne m'aura pas donné envie de lire ma suite.

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