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jeudi 2 février 2017

L’Année du Flamant Rose

Auteur : Anne de Kinkelin
Genre : romance

Éditions : Charleston
Publication : janvier 2017
Pages : 208 pages

Prix : 18€ (papier) – 9,99€ (ebook)

Résumé
Louise, Ethel, Caroline. Trois amies, joyeuses mais solitaires, partagent tout, leurs peines et leurs bonheurs, leur passion aussi pour les belles choses. Toutes trois sont des créatrices, des faiseuses de rêves, dans leurs ateliers qui se font face dans un passage parisien.

Louise, joaillière, crée des bijoux qui réjouissent le cœur et les yeux. Ethel, corsetière, réveille les sentiments et les sens des amoureuses éperdues (et des autres). Caroline, relieuse, redonne vie aux livres anciens, tout en rêvant la sienne. Toutes trois, passionnées, sont amoureuses de l'amour, mais celui-ci leur semble inatteignable…

Le jour où Louise s'entiche d'un flamant rose empaillé, superbe et quelque peu étrange, qu'elle installe dans son atelier, son regard sur la vie semble changer. Après sa rupture, elle est face à un défi : se relever, tenir debout, comme le flamant sur une patte, pour sa petite fille, Rose, malgré sa fragilité et les obstacles.

Cette année, les trois femmes sauront-elles trouver la force de se reconstruire ?

Avis de Marie
L’année du flamant rose est un roman surprenant, aussi bien par son titre que par son histoire. Roman tout en finesse et douceur, il a su plus qu’agréablement me surprendre. Le titre et le résumé ne m’inspiraient pas plus que ça, pourtant c’est justement poussée par la curiosité que je me suis lancée dans cette lecture. Et là, quelle surprise ! Il m’a été impossible de poser le livre tant que la dernière page n’avait pas été tournée.
L’année du flamant rose nous emmène dans le quotidien de trois amies que la vie n’a pas épargné. Divorcée, endeuillée, ou encore désespérément célibataire, ces trois femmes ressentent toutes un manque. À défaut d’être comblées, Louise, Ethel et Caroline vont chercher à reconstruire leur vie, à se reconstruire. Mais retrouver foi en la vie n’est pas chose aisée quand tout semble s’opposer à leur bonheur. Pourtant, celui-ci ne tient qu’à elles. Ensemble, elles vont donc se soutenir et progresser dans leur quête du bonheur.
Artisans, toutes ces femmes aiment leur métier, qu’elles ont élevé au rang d’art dans lequel elles trouvent leur épanouissement. Car leurs créations sont le reflet de leur âme. Déprimées, et c’est tout leur talent qui n’est plus en mesure de s’exprimer pleinement. Louise, à laquelle l’auteur consacre davantage de lignes et mon personnage favori, voit sa vie totalement bouleversée suite à la mort de son père. Ne parvenant pas à s’en remettre, elle va voir au fil des mois son couple se déliter, jusqu’à ce que la question inévitable du divorce se fasse. Aime-t-elle encore assez pour avoir envie de sauver son mariage ? Mais accepter la séparation, c’est aussi accepter qu’une page se tourne et qu’il faudra aller de l’avant. En aura-t-elle la force ? Personnage fantasque, rêveuse invétérée, elle est, des trois amies, et de loin la plus attachante. Non pas qu’Ethel, corsetière, qui conçoit des objets propres à réveiller tous les fantasmes de ses clientes, ne soit pas attachante. Celle-ci tient le lecteur pourtant plus à distance, de la même manière que quiconque auteur d’elle. Ainsi, le lecteur au même titre que le monde qui l’entoure, est mis à distance, empêchant de créer un lien fort avec ce personnage solitaire. Faire le bonheur de ses clientes peut-il suffire à faire le sien ? Caroline, quant à elle, ne cesse de tomber amoureuse. Son problème : cela ne dure que quelques instants. Pourra-t-elle trouver un amour durable ? Cette fois, le lecteur fait la rencontre d’un personnage plus volubile, dont l’inconstance sentimentale mène au désordre émotionnel. Soucieuse de rester en dehors des conventions, Caroline n’ose envisager une relation amoureuse durable. Non pas qu’elle soit dans une recherche éperdue de l’amour. Mais Caroline a peur. Peur d’être malheureuse, peur de faire le malheur de quelqu’un… C’est un personnage à la fois simple et complexe qui, tour à tour, agace et attendrit. Son bonheur réside-t-il dans une inconstance sentimentale perpétuelle ou bien dans une relation durable et stable, plus proche des conventions ?

Arrivés à ce stade-là de la chronique, vous vous demandez forcément quel est le rapport avec le titre, évocateur d’un flamant rose. L’histoire commence avec l’achat par Louise d’un flamant rose empaillé qui a su attirer son attention, alors même que son couple touche à sa fin. Y voyant peut-être le sauveur de son couple, Louise ne s’explique pas sa fascination pour cet animal dont l’état a été à jamais figé. Le flamant rose se veut alors à la fois catalyseur émotionnel et observateur extérieur, pivot de l’histoire d’une vie ou plutôt, de trois vies inextricablement liées. 

L’année du flamant rose est un roman tout en douceur et délicatesse, qui ne peut que captiver son lecteur tant par la force de vivre de ses personnages, leurs faiblesses mais aussi leurs rires, bref leur humanité. Un condensé d’émotions !

Extrait

« Réfléchir, peser les choses, dénouer le vrai du faux. Accepter d’être enfin soi. De se laisser aimer sans convenance, même si cela sortait de son cadre. Louise voulait s’affranchir des limites et, dans le même temps, elle savait que cela lui jouait des tours. L’air était frais, la nuit était à elle. Certes, cette soirée n’était pas celle qu’elle avait écrite. Et si tout le problème venait de là ? »

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