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dimanche 5 février 2017

Focus sur... La New Romance

La New Romance selon Marie et Manon

Depuis quelques années, de nouveaux genres littéraires semblent fleurir dans les rayons de nos librairies : steampunk, new adult... Et plus particulièrement la new romance.

Genre en pleine expansion, la new romance nous offre un catalogue d’œuvres plus riche chaque jour (Cinquante Nuances de Grey, Beautiful Bastard, After...). Parmi les éditions porteuses du phénomène, Hugo Roman, maison d’éditions encore toute jeune sur le marché du livre. 
Si la new romance a rapidement su s’imposer sur le marché et se démarquer de la romance traditionnelle grâce à de jolies couvertures et à un bon visuel, peut-on en dire autant du contenu ?




N’étant pas de grandes adeptes de la new romance, nous n'avons lu que très peu d’ouvrages de ce genre et avons souvent été déçues. Même si, aux yeux de certains, des auteurs semblent sortir du lot comme Colleen Hoover. La new romance, sous-catégorie de la romance, est aujourd'hui devenue un véritable phénomène de mode, pour ne pas dire de société. On ne peut parler en aucun cas d'émergence d'un genre de littérature inédit. Le genre n’est pas nouveau, seule sa classification l’est. Ouverture plus large d’esprit de la société – d’une société frustrée ? « Libération » des mœurs ? Phénomène (ré)initié par la propagation de fanfictions ou d'œuvres particulièrement médiatiques telles Cinquante Nuances de Grey ? Les emblématiques éditions Harlequin ne sont-elles pas déjà passées par ce type de publications (certes, avec des couvertures nettement moins attrayantes, pour ne pas dire kitchs…) ? Pourquoi ne pas parler de livres « harlequin » d’ailleurs, comme ce fut le cas pendant de longues années pour décrire ce type d'ouvrages ? 



Car, qui n’a jamais entendu cette expression : « lire un Harlequin » pour parler d’une romance un peu hot ? Trop cliché ? Et pourquoi ne pas appeler un chat, un chat et parler librement de ce que sont les romans « new romance », à savoir : de la littérature érotique ?  Trop vulgaire ? Réducteur ? Mal perçu ? Mauvaise image ?



N’est-ce pas dans ce cas-là un peu paradoxal dans une société qui souhaite s’émanciper, une société se revendiquant émancipée et d'émancipation et où chacun ressent le besoin de tout assumer (ou plutôt de pouvoir tout assumer) ? Allez ! Mettons carrément les pieds dans le plat : n’est-ce pas là une sacrée hypocrisie ?
Où est le mal à lire de la littérature érotique ? Il semble que beaucoup de monde peine à dire qu’ils ont lu ou qu’ils lisent ce type d’ouvrages et qu’ils y prennent plaisir. Pourtant, ces romans sont partout dans les librairies, les commerces et les chiffre des ventes explosent ! La preuve avec le succès du mummy porn, qui s'adresse avant tout à la ménagère moyenne et dont les ouvrages phares se retrouvent aussi bien en grandes surfaces qu'en librairies. Vu leur succès, pourquoi est-ce si difficile de les assumer pour certains ? Ce succès ne se veut-il pas le reflet de la libération des mœurs ? De la liberté d’expression ?


« La new romance, c’est de la romance avant tout » ? Bah non, pas forcément. Désolées, mais c’est extrêmement réducteur que de dire une chose pareille. C’est comme dire que la fantasy, s'il n'y a pas d'elfes dans l'histoire, ce n’est pas de la fantasy. Eh bien là, c’est la même chose : la new romance, c’est de la romance ET de l’érotique. 



Au risque de déplaire, il nous est parfois difficile de comprendre cet engouement général (voire à la limite de l’hystérie collective) pour certains auteurs en particuliers, parmi lesquels, pour n’en citer qu’un, Anna Todd. Certes, l’histoire peut se révéler captivante et addictive. Mais que dire lorsque cette histoire traîne en longueur (pour ne pas dire tourne en rond) et rencontre toujours plus de succès alors que la qualité d’écriture n’y est pas vraiment ? Certes, le scénario est sans prise de tête et l'écriture est simple et accessible au plus grand nombre. Mais quand même, il y a un minimum !

Si on synthétise, la mise en scène concerne quasiment toujours des personnages âgés entre 20 et 30 ans avec toujours, bien entendu, des lecteurs bien ciblés en fonction de leur tranche d'âges et de leur sexe (en général, les lectrices). En fonction, la dose d'érotisme du roman sera plus ou moins importante mais toujours présente. Rien de particulièrement original, les clichés étant, en revanche, quant à eux, à forte dose.

La qualité des œuvres est particulièrement inégale, certaines pouvant être très bonnes à tout point de vue et d’autres très mauvaises. Mais ce contraste se retrouve au demeurant dans tous les genres de la littérature. Par contre, ce que l'on peut sincèrement regretter, c’est le caractère bien trop « passable », communément admis, de ces romans dont on parvient difficilement, à la longue, à distinguer les histoires, toujours plus similaires les unes que les autres. Ainsi, il en va des auteurs décidant de sortir des suites racontant la même histoire que précédemment mais d'un point de vue différent, le héros bien souvent, au risque de lasser les lecteurs. Mais voilà, de tels romans ne sont-ils pas avant tout une stratégie marketing de la part des maisons d'éditions ("profitons du filon jusqu'au bout") plutôt qu'une volonté réelle de l'auteur qui ne pourrait conclure convenablement son intrigue sans cela ?

La new romance souffre de plus en plus d’une uniformisation de ses œuvres, qui ne consistent alors plus qu’en une succession de clichés et de stéréotypes, pour ne pas parler de surenchères. N’y voyez pas là une critique acerbe de la new romance et de son public, bien au contraire, mais seulement un ressenti général. 



Nous ne sommes pas contre les lectures clichés et savons les apprécier pour ce qu’elles sont de temps en temps. Mais voilà, la new romance n’est pas notre genre de prédilection, malgré quelques lectures sympathiques. Pourtant nous ne désespérons pas d'y trouver un jour de notre bonheur !!

Alors à quand la perle rare qui saura nous réconcilier avec le genre ?


PS : si vous avez des suggestions, n’hésitez pas !

1 commentaire :

  1. Je trouve votre article interessant et franchement mon ressenti sur la new romance en général n'est pas glorieux. Je ne critique en rien le genre ni les personnes qui aiment mais personnellement ce sont des livres qui me mettent généralement mal à l'aise plus qu'autre chose car quand on a une scène de sexe toutes les 2 pages, franchement c'est gavant. Bon il y a des exceptions bien sur, vous citez Colleen Hoover et je suis d'accord car en général j'aime ces livres (hormis Ugly love que j'ai détesté pour la raison cité auparavant). Bon dimanche

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