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mercredi 25 janvier 2017

Northanger Abbey

Auteur : Jane Austen
Traduction : Félix Fénéon
Genre : classique, parodie, romance

Éditions : Archipoche
Collection : La Bibliothèque des Classiques
Publication : 9 novembre 2016
Pages : 306

Prix : 12€

Résumé
Catherine Morland est une jeune fille dont l'esprit déborde d'imagination. Passionnée de littérature gothique, elle brûle de découvrir le monde, qu'elle se figure identique à ses rêveries. L'occasion se présente quand elle est conviée à séjourner dans la ville de Bath par ses voisins, Mr et Mrs Allen. Catherine prend alors conscience des tourments de la vie mondaine mais fait la rencontre du bel Henry Tilney. Quand ce dernier l'invite à passer quelque temps dans la demeure familiale, l'antique Abbaye de Northanger, Catherine est aux anges. Ses espoirs si romanesques seront-ils déçus ?


Avis de Marie
Avez-vous déjà remarqué en librairie ces petits bijoux que sont les romans de La Bibliothèque des Classiques ? Plus petits encore qu’un poche, ils ont la tranche dorée et étonnement, leur petite taille ne gâche en rien le plaisir de la lecture. C’est donc l’occasion de (re)découvrir certains des plus grands classiques de la littérature dans un superbe format.
Pour ma part, je continue ma découverte des romans de Jane Austen avec l’un de ses derniers romans publiés : Northanger Abbey. Bien que très peu d’années séparent la publication d’Orgueil et Préjugés (1813) et celle de Northanger Abbey (1818), l’évolution du style de l’auteur est indéniable. Son style unique est toujours aussi reconnaissable mais ici, le ton satirique typique de l’auteur se veut plus accentué, plus mordant. Certes, chacun des romans de Jane Austen est une caricature des mœurs de son époque. Cependant, celle-ci se trouvait amenée plus subtilement, à moindre dose. Loin de dire qu’il n’y a aucune subtilité dans Northanger Abbey, cette fois, Jane Austen prend un parti pris différent, plus assumé et l’esprit satirique se fait nettement plus perceptible.
Catherine Morland est une jeune femme bercée de douces illusions. Passionnée de littérature gothique, ce n’est qu’à travers ses représentations qu’elle perçoit le monde qui l’entoure. Lorsque des amis proches, Mr et Mrs Allen, lui proposent de passer du temps en leur compagnie dans la ville de Bath, Catherine y voit l’occasion d’une belle aventure romanesque comme elle en a toujours rêvé. Ce séjour, seulement en compagnie d’amis, loin du chaperonnage des parents, sera peut-être le point de bascule de son destin. En digne héroïne romanesque, Catherine ne s’est bien entendu pas trompée. Car c’est au détour d’un bal dansant qu’elle fait LA rencontre qui va bouleverser toute sa vie, du moins dans un premier temps son quotidien routinier : Henry Tilney. Jeune homme de belle prestance, il a toutes les qualités recherchées chez un héros de roman à l’eau de rose : jeune, beau, cultivé, aimable, attentionné et, qualité pas des moindres, riche. Matérialiste Catherine ? Non, pas du tout, mais son entourage oui. À commencer par la belle et volage Isabelle, sa meilleure amie. Heureusement pour Catherine, ce n’est pas sur Henry que se portera son choix. Elle n’aura cependant de cesse d’encourager la naissance d’une idylle entre elle et son frère John. Catherine, quant à elle, douce et aimable, sera bien en peine de lui faire comprendre que son cœur appartient déjà tout entier à Henry.

Certains diront que voici une énième romance de Jane Austen. À cela ne tienne, je vous invite à lire l’ensemble de son œuvre avant de vous prononcer et de comparer avec Northanger Abbey. Chaque roman de Jane Austen se différencie sans aucune difficulté des autres. Et si l’on trouve toujours un schéma de base plus ou moins identique, il ne faut pas s’arrêter là. Car en l’espèce, l’auteur se veut encore plus incisive qu’elle ne l’a été précédemment et la caricature est plus évidente encore. Jane Austen n’hésite pas à faire de multiples apartés au lecteur attentif et à régler, si l’on peut dire, ses comptes avec les éditeurs de l’époque. Son regard, toujours aussi acerbe sur la société mondaine d’Angleterre ne rate aucun détail pour être couché sur papier et donner naissance à une œuvre remarquable et intemporelle. Northanger Abbey, c’est par conséquent bien plus qu’une simple romance où l’héroïne doit surmonter de nombreuses épreuves pour pouvoir prétendre au bonheur. Catherine, rêveuse et docile, se rend rapidement compte qu’il est difficile dans une société où les apparences règnent, de tenir une ligne de conduite droite. Là où certaines femmes n’hésitent pas à se montrer puériles et volages, influencées par d’autres, Catherine quant à elle, ne peut  s’empêcher de réfléchir à ce qui l’entoure. Or, cela peut porter à conséquence, d’autant plus pour une jeune personne innocente et naïve comme l’est Catherine. Il lui faudra donc faire preuve de lucidité et de discernement, tout en restant fidèle à elle-même pour ne pas se retrouver mariée au premier imbécile venu.

Est-il possible de ne pas aimer Jane Austen ? J’ai du mal à y croire. Si Orgueil et Préjugés restera à jamais mon œuvre favorite de cet auteur, car le premier lu d’elle, la lecture de chacun de ses autres romans est un moment privilégié de bonheur. Northanger Abbey, si je devais le classer, viendrait en seconde position, tant j’ai aimé cette critique toujours aussi efficace et subtile de la bonne société anglaise.

Extraits
« Une femme est belle pour sa seule satisfaction. Nul homme ne l’en admirera plus, nulle femme ne l’en aimera mieux. »

«  - Je ne vous comprends pas.
- Alors nous sommes dans des conditions très inégales, car je vous comprends parfaitement.
- En effet : je ne parle pas assez bien pour être incompréhensible. »

« Au surplus, ne jamais changer d’avis, nous appellerons cela de l’entêtement ; changer d’avis à bon escient, c’est le fait de quelqu’un dont le jugement reste en éveil. »

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1 commentaire :

  1. Je n'ai encore jamais lu cette auteure mais j'aimerai énormément ! Reste plus qu'à comme on dit :)

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