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jeudi 1 septembre 2016

Les Annales de la Compagnie Noire - Intégrale 2


Auteur : Glen Cook

Titre VO :  The Black Compagny – Shadow Games - Dreams of Steel - The Silver Spike
Traduction : Alain Robert
Genre : Dark Fantasy

Éditions : J'ai lu
Publication : 2 septembre 2015
Pages : 1055 pages

Prix : 16,90 €


Résumé
Le Dominateur a été de nouveau vaincu. Le Mal a été repoussé. Pourtant la Compagnie Noire, dernière des compagnies franches de Khatovar, est loin d'en être sortie indemne, et ne comporte plus qu'une poignée de membres. Toubib, son capitaine et annaliste ne voit qu'une seule issue. Retourner aux origines de la Compagnie, dans l'espoir de sauver ce qu'il en reste.

Avis de Clément

La découverte des Annales de la Compagnie Noire avait été pour moi un choc. J’avais découvert là un excellentissime cycle de Dark Fantasy dont la lecture de la première intégrale m’avait laissé particulièrement satisfait. Je me suis logiquement jeté sur la deuxième qui, même si elle ne m’a pas autant captivé que la première, est loin de m’avoir déçu.

À la fin du premier arc, on avait laissé la Compagnie exsangue, réduite à une poignée de membres, dont l’éternel Toubib, à la fois médecin, annaliste et capitaine du groupe. Celui-ci, conscient que la Compagnie Noire est sur le point de disparaître, décide d’entreprendre un long voyage vers les terres d’origine de la troupe de mercenaires : vers Khatovar, cité ancienne dont il ignore l’emplacement précis. Cap donc vers le sud, avec les quelques-uns qui restent, dans un voyage déterminant pour l’avenir de la Compagnie Noire.

Cette deuxième intégrale regroupe trois nouveaux volumes des Annales. Glen Cook, fidèle à lui-même, propose dans chacun de ces tomes une ambiance et un registre très différent. Je vais donc m’attarder un peu sur chacun des trois romans que sont Jeux d’Ombres, Rêves d’Acier et La Pointe d’Argent pour vous donner une meilleure idée de l’ensemble.

Dans Jeux D’ombres l’accent est mis sur le voyage et la découverte. On traverse la frontière entre Nord et Sud pour un dépaysement garanti par rapport aux environnements de la première intégrale ! Les terres montagneuses secouées par le blizzard laissent place à une jungle équatoriale qui débouche sur la découverte d’une nouvelle région et de nombreuses villes, dont une en particulier, Taglios, qui deviendra le lieu central du nouvel arc scénaristique qui s’annonce. En effet dès le volume suivant la fin de l’arc du Dominateur, les antagonistes suivants sont présentés. Les « maîtres d’ombres », qui contrôlent les territoires qui séparent encore la Compagnie Noire de Khatovar, arrêtent par la force des choses la progression de la troupe.  Le prince de la ville cité dans laquelle s’arrête la Compagnie engage cette dernière afin de débarrasser la région de la tyrannie des maîtres d’ombres. Ainsi commence une nouvelle campagne militaire pour la Compagnie, qui entre temps a repris du poil de la bête !

En effet à partir du moment où elle se met en route, la Compagnie Noire recrute. Des hommes de tous horizons viennent en souhaitant s’engager, y compris dans le sud, où l’on découvre que l’influence de la Compagnie lorsqu’elle y stationnait toujours est restée particulièrement forte… même des centaines d’années plus tard ! En tous les cas, voir la compagnie se remettre en marche et se reconstruire est un des grands plaisirs procurés par ce volume. La suite du tome introduit déjà un certain nombre d’intrigues politiques et batailles qui seront au cœur du livre suivant.

Rêves d’Acier est le segment qui surprend le plus dans cette intégrale. En effet, il change le point de vue de la narration, et nous place dans la tête d’un personnage qu’on n’attendait pas dans un tel rôle ! Une fois l’effet de surprise passé, l’on se rend compte que ce choix était calculé, permettant à l’auteur d’écrire une manière de penser et d’agir différente, ce qui permet de donner aux péripéties un ton également très différent, ce tome étant quasi-exclusivement centré sur des intrigues politiques, militaires et mythologiques. Cela permet au demeurant d’en apprendre beaucoup sur ce fameux personnage, qui prend une place absolument capitale dans l’histoire.

La Pointe d’Argent quant à elle nous prend à revers. Ce tome raconte en effet une histoire indépendante, se passant ailleurs avec des personnages différents. Ce contre-pied fonctionne cependant à merveille, car il permet de faire d’une pierre deux coups. Après un tome très psychologique et plutôt lent dans son rythme, il permet de proposer une aventure courte (sur un seul livre), et trépidante, permettant au surplus de retrouver avec grand plaisir des personnages auxquels on s’était attachés, mais dont le chemin s’était séparé de celui de la compagnie. Contre toute attente c’est cette troisième partie que j’ai préférée dans cette deuxième intégrale. Certainement parce qu’elle arrivait au bon moment !

Au delà de cette mise en bouche, je n'ai pas grand choses à ajouter. Rien n'est vraiment critiquable dans cette série, qui parvient à mettre en place une ambiance incroyable à travers des personnages toujours intéressants. Lorsqu'on se plonge dans Les Annales de la Compagnie Noire, c'est pour y rester, tant l'univers captive !

Une nouvelle fois, Glen Cook fait montre de tout son talent d’écrivain. En étendant l’univers déjà très riche mis en place dans les premiers tomes tout en créant une nouvelle intrigue dont les futurs développements s’annoncent palpitants, la deuxième intégrale des Annales de la Compagnie Noire continue de placer ce cycle très haut parmi les séries de Dark Fantasy. La troisième intégrale est d’ores et déjà en ma possession, et j’ai terriblement hâte de poursuivre l’aventure !

Extraits
« Nos carrosses noirs blindés grondaient dans les rues d'Opale, inondant l'aube d'effroi et de tonnerre. Gobelin se surpassait. Cette fois, les étalons crachaient de la fumée et du feu, des flammes jaillissaient du sol sous l'impact de leurs sabots et ne s'éteignaient que longtemps après notre passage. Les citoyens restaient à couvert. »

« Il y a un établissement plus loin au bord de la route qui s'appelle le Temple des Asiles . On y accueille les vagabonds. Et ce depuis deux mille ans. Ce serait idéal pour faire une halte et mener quelques recherches.
-Des recherches ?
-Deux mille ans de récits de voyageurs, ça représente une sacrée bibliothèque Toubib. Et un récit, c'est la seule chose qu'ils exigent en paiement. »

Note
4,5/5
La série se développe et se renouvelle tout en restant passionnante !

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