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mercredi 6 juillet 2016

Mensonges et Faux-Semblants

Auteur : Martine Magnin
Genre : Drame

Éditions : Estelas
Publication : 17 février 2016
Pages : 160

Prix : 9,99 euros

Résumé
« Tu sais, Jenny, derrière ces murs, on enferme les petites filles qui parlent trop... »

Petite fille docile et sensible, Jenny passe les sept premières années de sa vie dans le mensonge et la douleur.

Elle survit, essaie de comprendre et subit en silence et dans les pleurs. Marquée pour toujours, elle écrit et clame ainsi publiquement les faits. Elle raconte, avec courage et détermination, la maltraitance sexuelle. Le ton, d'une sobriété pudique, est celui d'une violence rentrée et maîtrisée sous forme d'interrogations quant au rôle d'une mère dans le déni. Car plutôt que de se concentrer sur la pathologie et les agissements du prédateur et d'accuser, Mensonges et Faux-semblants évoque avant tout le comportement des proches, mère et grand-mère, englués avec complaisance dans leurs mensonges, leur passivité et leur confort organisé. Toute l'originalité de ce récit se situe dans l'évocation d'une tacite malfaisance familiale et pose la question d'une résilience possible.

Avis de Marie
Je tiens tout d’abord à remercier l’auteur, Martine Magnin, pour nous avoir proposés de découvrir l’une de ses œuvres : Mensonges et Faux-Semblants.
Martine Magnin nous propose ici un récit marquant en nous livrant le témoignage d’une petite fille, Jenny, victime d’abus sexuels de la part d’un proche. En réalité, Jenny n’est pas une simple enfant. Jenny, c’est l’auteur. Et ce récit est d’autant plus poignant qu’il s’agit d’un récit autobiographique. Une fois cette donnée intégrée, on ne peut qu’être surpris face à la sobriété et à la pudeur que l’auteur montre en nous livrant les durs évènements de son passé. Elle installe même une certaine distance avec l’enfant qu’elle a été sans pour autant tenir à distance son lecteur. Très sobre, voire presque froid par moment, le ton employé en est paradoxalement que plus violent. Le lecteur n’est pas épargné par l’histoire de cette petite fille qui subit en silence et c’est avec émotions que les pages ont défilé les unes après les autres.

J’ai trouvé le récit très perturbant et bouleversant. Lire Mensonge et Faux-Semblants, c’est plonger au cœur d’une histoire de famille, l’histoire de sa famille, son histoire. Si pour l’auteur, c’est un moyen d’extérioriser sa douleur, c’est également un témoignage de faits graves volontairement tus, non pas par elle, mais par ses proches. La passivité de certains membres de la famille était telle que le lecteur ne peut que se sentir frustré et choqué par un tel comportement. En même temps, il s’agit d’un témoignage et c’est ce qui rend certains passages particulièrement difficiles… Quand la petite fille, Jenny, se tait et nous fait part de toute la douleur qu’elle ressent, on a envie qu’elle crie et de crier pour elle, de l’aider à s’en sortir.

Passivité de la famille, souci des apparences, culpabilité pesante… Autant de sentiments complexes qui malgré tout n’empêchent pas l’amour d’une enfant pour sa mère et sa grand-mère. Peut-on grandir sans amour ? En fermant les yeux sur les actes de son conjoint, est-ce à dire que la mère ne ressent aucun amour pour son enfant ? Difficile d’en tirer une conclusion ici car si la mère n’a pas réussi à sauver son enfant (a refusé ?), lui a-t-elle pour autant refuser son amour ? Son déni aura des conséquences terribles non seulement pour sa fille mais aussi pour elle-même. Malgré tout, Mensonges et Faux-Semblants laisse la place à l’espoir et à la joie grâce à cette enfant qui, en dépit de tout, témoigne d’une grande force.

Mensonges et Faux-Semblants est une histoire difficile et, en même temps, une histoire qui laisse entrevoir un espoir : celui d’une vie meilleure. En dépit de ce qu’il lui est arrivé, l’auteur témoigne d’une force incroyable et d’une volonté à toute épreuve. Un récit intime qui ne peut laisser indifférent !


Note
3/5

2 commentaires :

  1. merci pour cette chronique forte et émouvante, je suis ravie d'avoir touché vos cordes sensibles, merci la vie !

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