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mercredi 18 mai 2016

Lady Scarface

Auteur : Diane Ducret
Genre : biographie

Éditions : Perrin Plon
Publication : Avril 2016
Pages : 330 pages

Prix : 21€


Résumé
Chicago. Début des années folles.
Le Syndicat du crime n'est pas qu'une affaire d'hommes, il se conjugue aussi au féminin.
Elles sont fugueuses, frondeuses, parfois meurtrières, mais toujours rebelles. Elles s'appellent Mary Josephine Capone alias Mae, Ada et Minna Everleigh, les Impératrices du vice, Margaret Collins, la Fille au baiser mortel, Louise Rolfe, l'Alibi blond, Bonnie Parker, laJuliette au revolver, ou encore Virginia Hill, leFlamant rose : elles sont les compagnes d'infortune comme de gloire d'Al Capone, Clyde Barrow ou Bugsy Siegel, barons noirs des années de plomb qui ont fait trembler l'Amérique.
Traquées par le légendaire patron du FBI John Edgar Hoover, muses de la prohibition et de ses fêtes décadentes, elles n'ont rien à envier aux gangsters, l'intelligence et les talons hauts en prime.
Le crime ne paie peut-être pas, mais il séduit toujours. À partir d'archives déclassifiées du FBI et d'Alcatraz, de journaux de l'époque, d'entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile avec le talent qu'on lui connaît l'intimité de celles qui ont choisi d'être des Lady Scarface, à la vie à la mort...


Avis de Marie
N’est pas une fiancée de la poudre qui veut. Dans les années 1930, être femme d’un gangster, c’est la classe ! Mais pour tenir son rang, encore faut-il prouver sa valeur et son mérite ! Mae Capone, Bonnie Parker ou encore Billie Frechette, autant de femmes qui auront su marquer leur époque à leur manière, voilà ce que nous propose de découvrir Diane Ducret dans Lady Scarface.
Douces ou endiablées, calmes ou furibondes, discrètes et réservées ou encore extraverties et flamboyantes, aucune de ces femmes ne se ressemble. Pourtant, un point commun les réunit toutes : l’amour. L’amour pour des hommes qui risquent leur vie chaque jour, des hommes dont les activités nocturnes font se retourner dans son lit John Edgar Hoover, des hommes compromis, au passé sombre et au futur incertain. Tous avaient des rêves de grandeur. Mais dans une Amérique où il est difficile de s’élever au-dessus de la classe moyenne pour ces immigrés italiens et irlandais, quel choix reste-t-il ? Une vie gagnée honnêtement par un dur labeur, marquée par la pauvreté mais la stabilité ? Ou bien une vie de gangster où l’argent coule à flots pour ceux qui savent s’y prendre et où chaque jour doit être vécu comme le dernier ? Face à ces options, certains n’hésiteront guère. Et seront suivis par des femmes avides de s’émanciper et de s’affirmer en tant que telles.

J’ai eu l’occasion de découvrir la plume de Diane Ducret avec Femmes de Dictateur, que j’avais adoré. Avec Lady Scarface, elle nous propose une nouvelle fois une immersion dans la vie privée d’hommes qui ont marqué leur temps en prenant pour angle d’attaque la vie des femmes qui les ont accompagnés. Belles, mystérieuses, ces femmes ont défrayé la chronique. À une époque où la femme se définit par son rôle d’épouse et de mère, ces fiancées de la poudre, comme on les appelle, ont révolutionné la société. Si dans Femmes de Dictateur, le découpage se faisait par dictateur, ici l’auteur a choisi un autre fil conducteur, plus fluide à mon sens. Partant des premières grandes mafias de Chicago du début du siècle, Diane Ducret va progressivement nous faire découvrir leur histoire et celle des femmes qui ont accompagné leurs plus grands représentants. Un vieil adage le dit : « derrière chaque grand homme se cache une femme ». Il en va de même, y compris chez les mafieux. Surtout même chez les mafieux ! Celles-ci se révèleront des compagnes fidèles (ou presque) à toute épreuve. Si elles savent se taire face à la police, elles peuvent également être à l’occasion de parfaits alibis. Quoi ? Leur époux trempe dans des activités douteuses ? Mais voyons,  elle n’en sait rien. Vous vous trompez messieurs ! Leur homme est un mari aimant et dévoué. Madame ignore tout de ses activités. Mais alors, comment justifier cette débauche de présents plus onéreux les uns que les autres ? Monsieur est généreux, voilà tout. Ayant toujours réponse à tout, elles savent taire les éléments les plus importants et s’attireront les foudres des gouvernementaux en suscitant la sympathie de la presse. Défrayer la chronique, n’est-ce pas une excellente manière que de détourner l’attention ? Et puis, il faut le dire, un peu de célébrité ne peut nuire non ? Certaines se caractériseront par leur discrétion, Mae Capone en étant l’exemple absolu, d’autres au contraire, y verront l’occasion de briller et d’ouvrir des portes qui leur étaient jusqu’ici fermées : les portes des studios et des défilés ne pourront leur résister !
Ce n’est pas parce qu’on trempe dans des activités pas très recommandables qu’on ne peut pas être un époux et père modèle ! Derrière chacun de ces gangsters se tient une (ou plusieurs, c’est selon) femme(s) dont le soutien inébranlable contribuera à l’empire. Ainsi, Diane Ducret humanise ces hommes et ces femmes peu marqués par les scrupules. Le couple Bonnie & Clyde m’a particulièrement marquée. Ces deux criminels bien connus ont terrorisé à leur époque tous les États-Unis. Pourtant, à la lecture de ce livre, je n’ai pu m’empêcher de les prendre en pitié. Tous ces criminels espéraient un avenir meilleur. Et c’est en tentant de s’affranchir des dictats de la société qu’ils ont franchi la limite, définitivement. Or, une fois engagé sur cette voie, plus aucun retour en arrière n’est permis. John Edgar Hoover, premier directeur du FBI, va s’en assurer. Ces hommes et ces femmes qui osent défier le gouvernement et la place qui leur est imposée, se doivent d’être remis dans le droit chemin. Mais il le sait, rien ne pourra les y contraindre, pas même un rapide séjour. Ces femmes sont le mal absolu, une honte pour la société américaine. Et il faut les arrêter rapidement, avant qu’elles ne corrompent définitivement les demoiselles de la bonne société. Pour contrecarrer leur influence néfaste, Hoover va mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour les arrêter.
À travers l’histoire de ces femmes de gangsters, c’est tout un pan de l’histoire du début du XXème siècle des États-Unis que nous découvrons mais aussi et surtout, l’histoire d’une évolution : celle de l’émancipation de la femme. Femmes aimantes et dévouées, toutes espéraient en un avenir meilleur… Et ont décidé de se donner les moyens de l’obtenir ! Maîtresses de leur vie, elles n’ont laissé à personne la possibilité de les entraver. Dans les meilleures comme dans les pires situations, c’est jusqu’au bout qu’elles ont assumé leurs choix.

De par leur force de caractère et leur volonté de vivre librement, ces fiancées de la poudre forcent l’admiration. J’ai passé un moment de lecture intense où les pages défilaient les unes après les autres sans que je ne puisse m’arrêter. Diane Ducret nous emmène dans l’intimité des mafieux américains des années folles à la découverte des Ladies Scarface qui les ont accompagnés dans la vie, comme dans la mort. Un grand merci aux Éditions Plon et à l’auteur pour cette merveilleuse découverte !


Note
Coup de Cœur !

2 commentaires :

  1. Je ne connaissais pas mais tu donnes envie de le découvrir merci pour cette belle chronique!

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  2. Ce n'est pas le genre de livres qui me tente, mais peut être plus tard^^ Ton coup de cœur m'intrigue :) !!

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