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mercredi 11 mai 2016

En Attendant Bojangles

Auteur : Olivier Bourdeaut
Genre : Roman

Éditions : Finitude

Parution : Janvier 2016
Pages : 160 pages

Prix : 15,50€
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Quatrième de couverture
Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr. Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n'y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c'est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n'a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l'inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L'amour fou n'a jamais si bien porté son nom. 


Avis de Clément
Pourtant auréolé de nombreux prix (Grand Prix RTL-Lire 2016, Prix du Roman des étudiants 2016 France Culture-Télérama, Prix France Télévision 2016, Nomination au Goncourt du premier roman 2016), En Attendant Bojangles s'est présenté à moi par hasard. Ne sachant rien de l'oeuvre, mis à part que beaucoup de monde l'avait apprécié, je m'y suis aventuré vierge de tout préjugé... Et vu le calibre du roman, je pense que c'est la meilleure chose possible !

Dès le départ, dès l'encart qui précède le roman, l'auteur nous avertit. A travers une petite phrase bien sentie, il nous aspire sans prévenir dans son univers. Et c'est peu dire que d'affirmer qu'Olivier Bourdeaut a un univers ! Peut-être avez-vous déjà entendu l'expression « folie douce », sans vraiment savoir ce qu'elle désignait. Eh bien on a trouvé. « Folie douce » est ce qui définit le mieux l'impression qui se dégage du roman. Et ceci est, en grande partie, du au style de l'auteur.

Son indéniable talent est en effet de pouvoir jouer avec les mots de façon instinctive et inventive. Instinctive parce qu'on sent que l'homme derrière la plume sent le rythme des phrases, se régale de quelques rimes bien senties au milieu de la prose, d'allitérations qui donnent du rythme à l'ensemble. Inventive parce que toutes ces fioritures ne sont pas là que pour faire joli (quand bien même ça remplirait pleinement son rôle et rendrait déjà la lecture très agréable). Le style de l'auteur sert une atmosphère. L'ambiance dont nous parlions quelques lignes plus haut est en grande partie créée par ce style si particulier. Les phrases sont insouciantes. Les mots chantent. Les mots dansent. Tout comme les personnages.

Des personnages absolument hors-normes. Le narrateur, enfant, raconte l'histoire de ses parents, telle qu'il la perçoit. Lui est un observateur. A la fois innocent et conscient. Lui qui n'a vécu que dans le monde complètement à part de ses parents a forcément développé un ton qui lui est propre. Ainsi ses observations sont souvent drôles, de par la spontanéité enfantine qui s'en dégage, mais souvent très justes, de par la sensibilité qui est la sienne. Les parents quant à eux, sont incroyables. Le père comme la mère sont des personnages d'une telle profondeur ! Leur personnalité est de celles qui font de chaque situation un voyage, de chaque banalité un fait extraordinaire. Leur extravagance n'a d'égale que l'amour qui unit leur famille. Un amour inconditionnel et d'une puissance inouïe, qui, vous le verrez bien assez tôt, s'exprime avec une force dévastatrice lorsque le véritable thème du roman pointe et se développe...mais vous n'en saurez pas plus !

Parce que vous allez lire En Attendant Bojangles, il le faut ! L'Exposition médiatique dont il jouit à l'heure actuelle lui permet de trôner sur les devantures de toutes les bonnes librairies, raison de plus pour se jeter dessus. On ne lit pas tous les jours quelques chose d'aussi original et d'aussi touchant, surtout quand c'est aussi bien écrit. Le roman a beau être très court (160 pages à peine), ça ne l'empêche pas d'être percutant du premier au dernier mot. Une découverte assez incontournable pour un auteur dont on attend déjà les futures œuvres !

Extraits
« Certains traits de son visage portaient les nuances de son comportement enfantin, de belles joues pleines et des yeux verts pétillant d'étourderie. Les barrettes nacrées et bigarrées qu'elle mettait, sans cohérence particulière, pour dompter sa chevelure léonine, lui conféraient un insolence mutine d'étudiante attardée. Mais ses lèvres charnues, rouge carmin, retenant miraculeusement suspendues de fines cigarettes blanches, et ses longs cils, jaugeant la vie, démontraient à l'observateur qu'elle avait grandi. »

« Mon petit, dans la vie, il y a deux catégories de gens qu'il faut éviter à tout prix. Les végétariens et les cyclistes professionnels. Les premiers parce qu'un homme qui refuse de manger une entrecôte a certainement dû être cannibale dans une autre vie. Et les seconds, parce qu'un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n'a certainement plus toute sa tête. Alors si un jour tu croises un cycliste végétarien, un conseil mon bonhomme, pousse-le très fort pour gagner du temps et cours très vite et très longtemps ! »

Note
4/5
Un roman à part. Inclassable et étonnant et brillant !

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