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samedi 9 avril 2016

One-Punch Man, Tomes 1 et 2

Auteur : ONE 
Dessin : Yusuke Murata
Genre : Shônen, Combat, Comédie

Éditions : Kurokawa
Pages : Environ 200 pages par tome

Prix : 6,80 €
Achat :  
Amazon : One-Punch Man Tome 1 
One-Punch Man Tome 2

Résumé
Saitama, ex-chômeur au regard vide, a un jour pris la décision de devenir un héros. Après trois ans d'un entraînement sur-intensif, lui ayant coûté tous ses cheveux, il est devenu surpuissant. Capable de vaincre tous ses ennemis en un seul coup de poing, il est devenu...One-Punch Man.

Avis de Clément
Succès annoncé bien avant sa sortie, One-Punch Man a tenu toutes ses promesses en affolant les compteurs à la sortie de son premier volume...puis de son deuxième. Moi-même j'ai succombé au phénomène et j'en suis sorti absolument conquis. Alors qu'est-ce que c'est que cet ovni au pitch improbable ? Comment ça se fait que ce soit aussi bien ?

On pourrait résumer en mot la raison de l'engouement autour de l’œuvre : Originalité. On a affaire à un mélange de baston et de comédie (jusque là rien de bien nouveau)...mais dont l'histoire et la narration d'un autre monde font qu'on se questionne sans cesse sur l'âge mental de l'auteur. Je dis ça avec toute la bienveillance du monde, parce que j'ai sincèrement eu l'impression en lisant les premiers chapitres de One-Punch Man de me trouver face à une BD que j'aurais pu écrire quand j'avais sept ou huit ans. Et le plus incroyable, c'est que ça donne non pas une sensation d'immaturité ou d'incomplétude, mais de fraîcheur. De sincérité et de nostalgie. Comme si on était transportés à l'époque de l'école primaire, où on dessinait des BD n'ayant aucun sens, mais qui faisaient marrer nos copains. Parce qu'on s'en fichait de l'enjeu, de créer un univers cohérent, et puis surtout on s'en fichait du succès. Et c'est précisément ce qu'à fait ONE. Il a pris son crayon et il s'est fait son kif. Comme s'il avait huit ans.

Ce qui suinte par tous les pores de One-Punch Man, c'est son côté complètement décomplexé, pour ne pas dire « rien à battre ». Tout, ou presque tout dans le début du manga relève du foutraque assumé. Que ce soit le scénario, les dialogues ou le background (Les villes n'ont même pas de nom, et sont désignées par de simples lettres) !
Et aussi incroyable que cela puisse paraître, ça fait un bien fou. Parce que ce grand délire, ce type chauve capable d'exploser un monstre dix fois, cent fois plus grand que lui en un seul coup de poing est mené avec un tel humour et un tel décalage par rapport aux codes du shônen traditionnel que ça en devient jouissif. Et puis surtout...quels dessins !

Yusuke Murata s'investit à 100% dans le projet, et on le sent. Le character design est riche et travaillé, la mise en scène est absolument incroyable de dynamisme et d'efficacité (dans le découpage des cases par exemple, qui évolue en permanence) et au delà de tout ceci, c'est l'intensité de son dessin qui force l'admiration. C'est vrai, quand on y réfléchit, comment faire ressentir au lecteur la puissance d'un coup de poing capable d'éliminer instantanément n'importe quel ennemi ? Eh bien Murata-sensei y parvient. Faisant de chaque coup de poing un instant mémorable. Unique défaut que je pourrais relever, l'usage un peu trop voyant du numérique sur certaines planches. Il s'agit là d'un avis personnel, mais je trouve que ça nuit à la qualité d'un manga lorsque les retouches passent devant le coup de crayon du mangaka.

Mais je vois venir poindre la question fatidique. La question qui tâche, là où le bât blesse. Comment diantre mène-t-on une série avec un synopsis pareil ? Est-ce qu'on ne va pas s'ennuyer au bout d'un moment ? A force de voir ce super-héros tout puissant gagner à chaque fois sans trop d'efforts ? A la lecture des deux premiers tomes, non. Au contraire, l'auteur joue même assez génialement de ça. En faisant du « combat » une véritable scène où tout l'intérêt se joue ailleurs, jusqu'à ce que Saitama assène le coup de poing victorieux. Ceci passe pas l'introduction de nouveaux personnages, qui pour le coup ramènent une dimension plus traditionnelle dans l’œuvre, mais aussi par l'élaboration de toute une galerie de personnages déjantés dont le background et les actions oscillent en permanence entre le sérieux et l'absurde, un mélange toujours maîtrisé et toujours gagnant.

On pourrait croire que la série a explosé car elle est simplement arrivée au bon moment, à une époque où, avec la multiplication d'oeuvres « classiques », on ressentait ce besoin de fraîcheur, incarnée par la manière qu'à One-Punch Man de briser les codes. C'est en partie vrai. Pourtant, il serait idiot de s'arrêter là. Jamais un manga n'avait autant réussi à mêler sérieux, absurde et qualité de production à un tel niveau. One-Punch Man est une œuvre tellement hybride, tellement inclassable qu'elle en gagne instantanément son statut de série culte. A la fois série Z, manga de baston, et délire sans queue ni tête, on a affaire à un produit hautement addictif, aussi délicieusement déroutant sur le fond que maîtrisé sur la forme. Une série unique, évidemment à découvrir pour se faire son avis !



Note
4,5/5Drôle, percutant, brillamment dessiné et mis en scène !



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