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jeudi 31 mars 2016

C'est quoi un classique ?!





Molière, Zola, Hugo sont des noms qui vous parlent ? Oui ? Forcément, car ce sont des classiques. Mais alors, et si on se posait une question : c'est quoi un classique ?
Pas de panique, on est là pour vous aider !

Non nous ne nous lancerons pas dans un article digne de raviver les querelles entre Anciens et Modernes, ne vous inquiétez pas. Mais il serait intéressant de se pencher un petit peu plus sur ce type d'ouvrages qui ont marqué des générations et des générations. Qu'en dites-vous ?

Les classiques sont des livres qui ont marqué leur temps et continuent d'avoir un impact important à notre époque comme le prouvent les nombreuses adaptations ou réécritures dont ils font l'objet. Ces œuvres font maintenant parties du patrimoine collectif et constituent souvent un socle culturel. Mais il est temps de rétablir quelques vérités. 

Non Dracula n'est pas un mélange improbable entre Mr Darcy et Edward Cullen. Non Frankenstein n'est pas le nom de la créature mais bien celui de son créateur et, pendant qu'on y est, Dorian Gray n'est pas un pauvre dandy incompris en quête de rédemption. Parce que personnellement, si vous me posez la question, Dracula serait plutôt un croisement entre Sauron et Lord Voldemort. Le mec ne pleure pas la disparition de sa femme morte mais veut juste étendre sa domination sur l'Europe et les êtres humains (des femmes, il en a déjà trois qui l'attendent dans son château). 



Je n'ai rien contre les adaptations ; au contraire je suis fan de certaines d'entre elles. J'ai beaucoup aimé le Dracula de Coppola ou la série avec Jonathan Rhys-Meyers qui prennent beaucoup de libertés avec l'œuvre originale. Par contre ce qui m'exaspère c'est de voir des lecteurs se dire déçus de ces classiques qu'ils trouvent trop fades en comparaison de ces mêmes adaptations.
Ce n'est pas qu'on ne puisse pas être déçu par un classique, loin de là ! Certains peuvent en effet ne pas correspondre à nos attentes. 


Car, bien malgré eux, les classiques ont mauvaise réputation auprès du jeune (et parfois du moins jeune) public. Nous avons tous été traumatisés par certains classiques qu'on nous a fait lire au collège ou au lycée, et pour cause ! Lorsqu'on est jeune, on lit pour s'évader, pour vivre des aventures extraordinaires, pour être capté par le rythme d'une histoire, pour des personnages forts qui accomplissent de grandes choses. Qu'est ce qu'Eugénie Grandet ou Julien Sorel ont de si incroyable ? Pas grand chose me direz vous, et vous aurez souvent raison.


C'est particulièrement vrai pour les grands classiques français type Balzac ou Zola, on a affaire à des héros ordinaires. Des personnages qui n'ont que la vraie vie (de leur époque en plus) pour scène. Et ce qui leur arrive est souvent, en apparence, plutôt banal. Difficile donc de s'identifier à eux, difficile de les apprivoiser, de les sentir, de vivre leurs hauts et leurs bas, tout simplement de s'impliquer dans leur histoire.

Mais dans un classique, les héros sont bien là, et ils sont parfois plus complexes qu'un héros lambda qui vit de folles aventures, mais dont le caractère reste binaire. Les événements sont également là, mais ils sont racontés de manière plus fine, les enjeux sont amenés de façon moins voyante. Les évolutions de l'histoire et des personnages sont plus subtiles. Le style par ailleurs est plus élaboré, le vocabulaire (de leur époque en plus) n'est pas toujours limpide. Résumons tout ça en un seul mot : un classique ce n'est pas souvent accessible.

Mais il faut bien garder en tête une vérité évidente : les classiques sont toujours là en dépit de leur grand âge. Ils ont traversé le temps, parfois plusieurs siècles, parfois plusieurs millénaires (coucou les philosophes grecs) ! Et tous ceux qui y viennent et qui parviennent à les comprendre en ressortent convaincus : les classiques ont gagné leur statut, parce que leurs qualités les élèvent aussi dessus de la masse des romans. Ils font souvent plus que raconter une histoire. Ils racontent tantôt leur époque, tantôt des vérités immuables sur la nature humaine, le plus souvent à travers un style d'une grande pureté et une construction où les défauts sont absents. Ils allient forme et fond à un niveau rare, c'est pourquoi les professeurs de langue y font toujours référence.



Apprécier les classiques, c'est un apprentissage. Il faut se donner le temps. Déjà parce qu'un classique est souvent long (du fait de son rythme ou de son nombre élevé de pages), et parfois rebutant, parce qu'opaque, parce qu'on a pas encore le bagage nécessaire pour saisir tout ce que celui-ci a à offrir. J'en suis passé par là aussi, et si je me suis mis aux classiques, c'est parce que je lisais déjà beaucoup et que j'ai voulu comprendre pourquoi on qualifiait tel ou tel roman de chef-d'oeuvre, pourquoi on continuait à le lire plus de cent ans, cinq cent ans, mille ans après son écriture ! Et petit à petit j'ai compris, alors que j'avais déjà passé la vingtaine. J'ai commencé par les plus accessibles (Candide de Voltaire par exemple, un petit chef-d'œuvre, drôle et à la portée philosophique incroyable), puis j'ai évolué petit à petit vers le plus difficile. (Genre Proust : il faut y aller pour finir un Proust !).


Le classique élève le lecteur, car il renferme plus que des mots. Sans vouloir se montrer élitiste, c'est assez primordial dans la vie de tout lecteur d'y revenir assez souvent. On ne va pas non plus se priver d'une bonne histoire parce que c'est pas du Balzac (nombre de mes romans favoris sont loin d'être des classiques), mais l'équilibre est à trouver. Et puis, les classiques, c'est aussi parfois l'aventure (n'est-ce pas Jules Verne ?) ! C'est aussi parfois le suspense et le frisson (mon respect éternel va à Edgar Allan Poe) ! Tous les genres commencent à avoir leurs classiques, même la SF (Asimov forever), et petit à petit, les murs tombent et les excuses se fanent.


De nombreuses références se trouvent dans cette chronique. Nous vous les conseillons bien entendu toutes ! Et puis vous avez tous déjà lu un auteur classique. Si si j'en suis sur. Allez ! Même pas une petite fable de La Fontaine ? ;)



4 commentaires :

  1. "Non Frankenstein n'est pas le nom de la créature mais bien celui de son créateur" ^^ A chaque fois que j'entends le contraire dans un film ou une série, je saoule ma famille en rectifiant l'info ^^ Bref, un article très intéressant, qui me donne bien envie de me replonger dans certains livres lus à l'école, dont Candide justement :)

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  2. Très intéressant, comme article :D on a tous (ou presque) en effet détesté certains livres proposés au collège, au moins par ressenti de l'attitude générale ^^ mais étant donné que j'aime naturellement la lecture, lire des classiques me vient peu à peu, surtout depuis l'année dernière où je suis entrée en 1èreL et ait eu des profs passionnés. Je n'aime pas pour autant tous ceux que j'ai lu, probablement parce que je ne les ai pas compris, mais parmi cette liste j'apprécie beaucoup Balzac, Alice au pays des merveilles et le rouge et le noir ! Je dois reconnaître que pour Rebecca et le portrait de Dorian Gray, j'avais adoré les films et vu les livres seulement après, et que ceux-là m'ont déçu :/ promis, je les relirai :p

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  3. Salut ^^
    Je dois dire que votre article est très bien construit. J'avoue, je me suis posé la question et aprés presque 20 ans de lectures de romans uniquement et à fuir ces fameux "classiques", j'ai décidé de lire des classiques. Mon préféré, pour le moment, n'est pas français, mais anglais (Orgueil et préjugés de Jane Austen ^^').

    Je pense que les classiques seront toujours en majorité boudé par les jeunes car comme dit, ce n'est pas vraiment les lectures qu'ils attendent. En tout cas, merci pour cette discussion ;)

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  4. Un article qui mériterait d'être relayé dans les cours de français. Je ne me souviens pas dans mon cursus qu'une analyse de fond comme celle là m'ait été transmise; pas sûr que je me serais plongée dans les Misérables ou les Rougon Macquart pour autant, mais la compréhension du contexte global me parait incontournable pour la pédagogie. Il faut souvent comme vous l'écrivez (et je crois reconnaître la patte de Clément mais je peux me tromper :D) un peu de bagage mais aussi un peu de vécu et de recul sur le monde et sur les hommes pour saisir toute la portée de ces oeuvres qui traversent le temps et les continents. En tous les cas, bravo pour l'article.

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