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samedi 13 février 2016

Les Instrumentalités de la Nuit, Tome 1 - La Tyrannie de la Nuit

Auteur : Glen Cook
Traduction : Frank Reichert
Genre : dark fantasy

Éditions : L'Atalante
Collection : La Dentelle du Cygne
Publication : 22 février 2008
Pages : 608 pages

Prix : 25€

Résumé
Une Terre qui pourrait n'être pas la nôtre mais celle d'un univers parallèle, dans un Moyen Âge où se télescopent quatre siècles. Un patriarche légitime à Viscesment et un usurpateur à Brothe, un empereur du Graal qui rappelle beaucoup celui du Saint Empire romain germanique, des croisés qui cherchent à récupérer des « Terres saintes », une hérésie maysaléenne et des Parfaits... La guerre entre l'Orient et l'Occident...
Dans ce monde agité de convulsions sismiques, où chaque souverain magouille de son côté pour acquérir la suprématie, où les espions pullulent et où royaumes, empires, provinces et principautés ne cessent de guerroyer, Else Tage, sha-lug et espion de Gordimerle Lion, est chargé par son suzerain et maître d'infiltrer les plus hautes instances de la Rome médiévale de cet univers-là : Brothe. Intelligent, courageux et fondamentalement humain, il y réussirait presque avec les moyens du bord si la sorcellerie ne s'en mêlait pas. Car le pouvoir magique qui jaillit des puits d'Ihrian, dans les Terres saintes, et empêchait jusque-là les glaces polaires de recouvrir le monde, vient à se tarir...

Avis de Marie
Voilà une chronique difficile à faire… Ce premier tome des Instrumentalités de la Nuit est tellement riche et complexe que je ne sais par quoi commencer. D’autant plus qu’au final, je ne sais pas trop quoi en penser non plus ! Mais bon, je vais essayer de vous donner un avis le plus construit possible.

J’ai découvert l’auteur, Glen Cook, il y a plusieurs années avec son cycle de La Compagnie Noire et j’avais vraiment adoré. Les 13 tomes avaient été lus en moins de 15 jours tant je n’arrivais pas à en sortir. Quand le premier tome des Instrumentalités de la Nuit est sorti, deux sentiments se partageaient en moi : d’un côté, j’avais hâte de découvrir ce nouvel univers et de l’autre, j’étais déçue que l’auteur n’ait pas continué les aventures de ses mercenaires dont j’avais adoré suivre l’évolution. Finalement, voyant que c’était la déception qui l’emportait et afin de ne pas « parasiter » la lecture de ce nouveau cycle, j’ai préféré retardé sa lecture. Dernièrement, j’ai finalement décidé de me lancer dans l’aventure et… il m’a fallu m’y reprendre à deux fois !

Dans La Tyrannie de la Nuit, Glen Cook nous emmène dans un monde similaire au nôtre à une époque qui n’est pas sans rappeler celle du Saint Empire romain germanique et où la magie est très présente. Else Tage est un espion chargé par son suzerain d’infiltrer les plus hautes sphères du pouvoir ennemi afin d’empêcher une prochaine croisade contre son royaume. La mission pourrait être presque simple à réaliser pour cet espion talentueux si un autre ennemi n’avait fait son apparition. Il faut dire aussi que les Instrumentalités de la Nuit, ces créatures de l’ombre tout droit sorties de l’Ancien Monde ne voient guère d’un bon œil les nouvelles religions qui ne cessent de gagner des partisans jour après jour. Alors, lorsque des guerriers tout droit sortis des légendes du passé et semblant possédés par les dieux en personne sèment la terreur sur les terres du Patriarche, beaucoup se préparent à la fin du monde.

La Tyrannie de la Nuit est un roman de dark fantasy, un genre que j’affectionne particulièrement, à ne pas mettre dans n’importe quelles mains. En effet, si vous recherchez une lecture simple et sans prise de tête, passez votre chemin, ce premier tome des Instrumentalités de la Nuit se révèle particulièrement complexe ! Certes, l’auteur met en place un univers vraiment très riche mais qu’est-ce que cette mise en place est longue !! L’histoire est longue à démarrer et il faut vraiment s’accrocher, tant pour comprendre l’univers que pour adhérer à l’histoire. D’ailleurs, la première fois, j’ai abandonné car j’ai commis l’erreur d’arrêter ma lecture pendant quelques jours. Lors de la reprise, j’étais complètement perdue et il m’a fallu recommencer du début. Toutefois, une fois passée la première moitié, le scénario prend un rythme plus soutenu et nous rentrons un peu plus dans le vif du sujet (oui, n’abusons pas non plus, tout est vraiment fait progressivement… très progressivement !). Si au début, cet aspect m’a beaucoup déplu, plus j’avançais, plus je me rendais compte que cette mise en place de l’univers était absolument nécessaire (eh oui...). Sinon, comment comprendre tous les tenants et aboutissants des conflits opposants les différents protagonistes ?
Chaque chapitre se focalise sur des personnalités importantes de chacun des royaumes et il nous faut faire les liens entre chacun d’entre eux. L’attention du lecteur est donc sans cesse sollicitée. La politique et la religion sont au cœur même des principaux conflits. Si les nouvelles religions ne cessent de s’affronter entre elles, elles n’en ont pas moins un ennemi commun : les Instrumentalités de la Nuit, vénérées par les anciens cultes. Les guerres de religion constituent ainsi l’essentiel du sujet du livre mais pas seulement puisqu’il y est également question de magie et de quête de pouvoir. Les puits d’Ihrian  constituent en effet une source de pouvoir importante et sont particulièrement convoités par les puissants de ce monde. Or, ils sont, pour la plupart, situés dans les Terres Saintes, que tous cherchent à s’approprier. La disparition des anciennes religions n’est bien entendu pas sans conséquences sur ces sources magiques…

Encore une fois dans un roman de Glen Cook, nous sommes confrontés aux pires facettes de l’humanité. La noirceur des hommes ne connaît aucune limite et l’humanité est condamnée à s’entredéchirer. Et ce ne sont pas les quelques hommes bons et intègres qui permettront de la sauver. J’aime cette noirceur qui se dégage des romans de Glen Cook et qui était très présente dans La Compagnie Noire. Mais ici, l’auteur a choisi un héros courageux, intelligent et humain. Soucieux de ses intérêts, il n’en demeure pas moins fidèle à sa patrie, à sa famille et à ses principes. Or, dans un monde corrompu, les hommes intègres n’ont guère leur place. Ce contraste aurait pu être intéressant et mettre en évidence le rôle crucial d’Else mais au contraire, personnellement, c’est ce qui m’a le plus agacée. Else apparaît beaucoup trop parfait, trop lisse et prévisible. Du coup, il n’en paraissait que plus fade… Les Andorayens étaient vraiment plus intéressants et drôles !

La Tyrannie de la Nuit, malgré des lourdeurs et une histoire longue à démarrer, n’en demeure pas moins un roman riche et complexe à souhait comme je les aime. Malheureusement, je ne pouvais pas m’empêcher de revenir sans cesse à La Compagnie Noire que j’ai nettement préférée. Pour autant, je suis contente d’avoir donné à ce premier tome des Instrumentalités de la Nuit sa chance car cela reste de la très bonne fantasy.

Extraits
« Les créatures de la Nuit ne sont pas plus malfaisantes que les lions ou les hyènes. Elles ne font que ce pour quoi Dieu les a créées, tout comme les chiens, les mouches et les arcs-en-ciel. Elles peuvent certes être dangereuses, et même mortelles, mais c’est vrai de presque tout l’ordre naturel des choses. La Tyrannie de la Nuit fait partie du monde des vivants. »

« Les dieux des Andorayens étaient l’exact reflet de la population nordique. Autant dire qu’ils étaient brutaux, ivrognes, pas bien malins, ivrognes, violents, ivrognes et étroits d’esprit. Et souvent bourrés. »


Note
3,5/5
Une lecture riche et complexe

2 commentaires :

  1. Il a l'air vraiment bien ce roman :)

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    Réponses
    1. Il l'est ! Même si j'ai préféré l'autre série de l'auteur, je vais continuer la saga.

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