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samedi 19 décembre 2015

La vie quand elle était à nous

Auteur : Marian Izaguirre
Genre : Roman

Éditions : Albin Michel
Publication : 30 septembre 2015
Pages : 400 pages

Prix : 21,50€

Résumé
Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d’illusions, de livres et de discussions enflammées, d’amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L’espoir de 1936.

Quinze années ont passé et ses rêves se sont envolés.  Il ne lui reste de cette époque, à elle et à son mari Matias, qu’une petite librairie dans les ruelles sombres d’un quartier de Madrid. C’est dans ce modeste lieu de résistance culturelle que Lola fait la connaissance d’Alice, une anglaise hantée par son passé et particulièrement par la mort de l’homme qu’elle aimait.
Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante : La fille aux cheveux de lin, l’histoire de Rose, anglaise comme elle, soupçonnée d’être la fille du duc d’Ashford… Une amitié sincère voit le jour à mesure que les deux femmes découvrent ce livre qui va lier leur destin à jamais.
Des paysages de Normandie à l’Angleterre de la première guerre mondiale, du Paris des années folles à l’Espagne des Brigades internationales, la romancière Marian Izaguirre nous entraîne dans un véritable voyage à travers la littérature, vibrant hommage à la force des mots.

Avis de Marie
La vie quand elle était à nous est un roman reçu en partenariat avec les éditions Albin Michel. Lorsque j’ai vu le quatrième de couverture, il m’a tout de suite intriguée : un roman parlant de littérature ne pouvait que susciter mon intérêt.
Une vieille dame anglaise déambule dans les rues de Madrid et croise sur son chemin un homme tapant aux portes pour livrer des livres. Si celui-ci ne la remarque pas, il n’en est rien pour elle. Intriguée, elle décide de lui emboîter le pas et le suit jusqu’à sa boutique de livres. Là, elle va découvrir un petit lieu de paradis dans cette Espagne tourmentée. C’est là que va naître une amitié incroyable entre Lola et cette dame qui se fait appeler Alice.

Marian Izaguirre nous emmène ici dans une Espagne encore tiraillée par la guerre civile. Lola et son mari Mattias peinent à subvenir à leurs besoins. Il faut dire que leur librairie tient lieu de résistance culturelle dans un pays où la dictature règne et les clients se font rares. Dur de s’intéresser à la lecture quand rien ne va plus. Un jour, Mattias décide d’exposer dans la vitrine de sa boutique La fille aux cheveux de lin. Qui sait, peut-être qu’un curieux sera attiré et décidera d’en découvrir plus en s’aventurant dans la boutique ? Lorsque Lola voit entrer dans la petite librairie cette dame qui se fait appeler Alice, elle ne peut s’empêcher de s’interroger sur cette mystérieuse dame.
La vie quand elle était à nous, c’est donc l’histoire de Lola et Matias, un couple d’amoureux des livres, dont la vie a été profondément marquée par l’instauration de la dictature de Franco. Empreints de liberté et de tolérance, ils vont voir leurs idéaux bafoués par ce nouveau régime. Et c’est dans les livres qu’ils vont trouver refuge. De l’autre côté, il y a Alice, une anglaise vivant à Madrid elle aussi. Ayant perdu son amour il y a plusieurs années durant le conflit espagnol, cette anglaise a pourtant trouvé là une terre d’accueil dont elle ne souhaite guère repartir. Seule, sa rencontre avec les deux libraires va être l’occasion d’un nouveau départ pour elle.

Roman sur l’amitié, sur la nostalgie et sur l’amour, c’est également une mine de références historiques et culturelles. Si la structure peut déconcerter au début, le lecteur s’y habitue rapidement. La fille aux cheveux de lin est un roman dans le roman, ou plutôt, des mémoires dans le roman dont le lecteur fait la découverte en même temps que Lola et Alice. Les chapitres alternent ainsi entre le présent et la lecture de ces pages et petit à petit, nous découvrons la vie de Rose, l’auteur de La fille aux cheveux de lin.
Je me suis immédiatement attachée au personnage d’Alice, une vieille dame à l’esprit plein de finesse, j’ai eu un peu plus de mal avec les personnages de Lola et Mattias, un peu plus froids. Pourtant, au fur et à mesure que j’avançais dans ma lecture, je me suis surprise à vouloir en savoir davantage sur eux. À la lumière de leur passé, leur situation et leur comportement actuel apparaissaient beaucoup plus clairement. Toutefois, les personnages que j’ai le plus appréciés sont les protagonistes de La fille aux cheveux de lin. Rose apparaît d’emblée comme une petite fille très attachante. Fille illégitime d’un lord anglais, elle est envoyée en France auprès de différentes familles sans jamais réellement trouver sa place. C’est dans ce pays qu’elle va rencontrer des gens formidables qui finiront peu à peu par constituer sa famille. Personnellement, j’ai eu un véritable coup de cœur pour Frances, cette femme forte et indépendante, pleine d’extravagances qui va accompagner pendant longtemps Rose. Mais je ne vous en dirai pas plus au sujet de ces personnages qui valent la peine d’être découverts.

Enfin, l’intérêt de ce roman réside surtout dans les nombreuses références littéraires que l’auteur a disséminées au fil des pages. Mais Marian Izaguirre ne se contente pas de nous donner quelques noms par-ci par-là. Non, bien au contraire ! Elle nous donne réellement envie de découvrir ces auteurs et leurs textes en nous proposant des extraits qui ne peuvent susciter que l’intérêt ! Ainsi, plus j’avançais dans ma lecture, plus ma liste d’auteurs à découvrir se faisait longue.


La vie quand elle était à nous est un très beau roman sur l’amitié et l’amour entre les personnes mais c’est également une ode à la littérature qui saura ravir les amoureux des livres.

Extraits
« Je suis retournée à la boutique à deux ou trois reprises. C’est un endroit très étrange pour une librairie : trop petit, trop excentré et de plus, à ce qu’il m’a semblé, pas très adapté au quartier. C’est probablement ce qui a avivé ma curiosité. Qui était cet homme qui tenait un commerce en apparence si minable ? J’étais bien décidée à le découvrir. Les livres sont ma religion, donc, tout bien considéré, mon obstination n’était pas aussi loufoque que cela… »

« Parfois, je pense que la limite, la frontière entre la liberté et le chaos est très imprécise : on ne sait pas trop quand on risque de dépasser cette ligne ténue… »

Note
4/5
Une très belle lecture !


4 commentaires :

  1. Ce livre à l'air bien, merci pour la découverte :)

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  2. Il paraît intéressant mais j'ai lu ou du moins essayé de lire un livre sur le sujet de la littérature et pourtant, je me suis ennuyé :-/ C'était La bibliothèque des coeurs cabossés ..

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    1. Pour en avoir déjà lu dans le même genre, il est rare en effet d'en trouver un vraiment captivant. Mais ici, l'auteur réussit vraiment bien son pari et c'est vraiment un plaisir de découvrir une histoire en même temps que les protagonistes.
      Par contre, je ne connais pas le titre que tu évoques. J'irai voir quand même, sait-on jamais :)

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