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samedi 5 décembre 2015

La Galerie du Rossignol

Auteur : Paul Doherty
Traduction : Anne Bruneau et Christiane Poussier
Genres : Policier, Historique

Éditions : 10/18
Collection : Grands Détectives
Publication : 20 juin 2013
Pages : 250

Prix : 7,50 €
Achat : Amazon - La Galerie du Rossignol

Résumé
Londres, 1377. En des temps troubles pour la Couronne d'Angleterre, agitée par des luttes de pouvoir intestines, Sir John Cranston, coroner royal, et Frère Athelstan, moine Dominicain, travaillent de concert pour élucider nombre de crimes qui agitent le quotidien londonien. Un jour, le haut placé juge Fortescue les charge d'enquêter sur une affaire délicate, impliquant des personnalités ayant des liens étroits avec l'actuel régent du royaume...

Avis de Clément
La Galerie du Rossignol est arrivée à moi complètement par hasard. Je l'ai reçu dans le cadre d'une offre « Deux livres 10/18 achetés, un livre 10/18 offert », sans l'avoir choisi. Je ne connaissais ni Paul Doherty (qui est pourtant une sommité dans le genre du policier historique!) ni la collection Grands Détectives. J'avais donc toutes les raisons d'entrer dans ce livre sans a priori. 

Quelle bonne surprise encore une fois ! J'ai particulièrement apprécié le livre, et ce pour plusieurs raisons :

La première est sans aucun doute le fantastique duo de personnages principaux formé par John Cranston et Frère Athelstan. Cranston est rougeaud, ventripotent, grossier et très porté sur la boisson tandis qu'Athelstan, en bon Frère, est calme, posé et respectueux. Ce contraste seul suffirait à donner aux deux personnages une complémentarité très efficace et à créer des situations burlesques. Mais l'auteur ne s'est pas arrêté là. Derrière leur apparence et leur comportement de façade, les deux personnages sont remarquablement développés. Tous deux ont un passé douloureux qui leur donne de la profondeur, et montrent des vicissitudes qui les rendent beaucoup plus humains et attachants. Tous deux enfin, ont l'esprit particulièrement vif et leur instinct, comme leur esprit de déduction sont leurs armes principales.

La deuxième est l'excellent travail d'ambiance réalisé par Paul Doherty, qui nous plonge au cœur du Moyen-Âge anglais. Historien de formation, il connaît parfaitement son sujet et l'exprime avec brio. Les scènes durant lesquelles les personnages traversent diverses rues de Londres sont criantes de vie et de vraisemblance. Le tout, sans jamais nous faire perdre de vue que l'on se trouve dans un roman, et donc en dehors de la réalité.

Le troisième est bien entendu l'enquête elle-même ! Celle-ci est rythmée de façon intéressante, faisant se succéder les tableaux qui fournissent chacun leur lot d'indices, et s'enchaîner les phases d'investigation sur le terrain avec des phases de réflexion et de déduction. Le seul point faible de l'affaire selon moi est sa résolution, bien trouvée certes, mais un peu trop rapide et miraculeuse à mon goût.

L'ensemble du roman fait ainsi alterner ces trois types de passage : Développement des personnages – Trajets dans Londres – Enquête. On tombe rapidement dans ce cycle qui permet de renouveler régulièrement le récit et tue tout risque de céder à l'ennui. Ceci d'autant que le livre est court et condensé (250 pages).

Je suis sorti ragaillardi de la première enquête de Cranston et Athelstan. J'ai découvert des personnages hauts en couleur, dans un contexte historique pleinement maîtrisé et dont l'enquête m'a tenu en haleine. Cette bonne surprise me donne furieusement envie de découvrir la suite de ce duo mal assorti, mais tellement attachant, de détectives du Moyen-Âge. Ça tombe bien, il y a 13 autres tomes à acquérir !!

Extraits
« - Des marchands assassinés par leurs serviteurs ! Des serviteurs que l 'on retrouve pendus ! Tut ! Tut ! Dans quel monde vivons nous ?
- Dieu seul le sait ! Répliqua Athelstan. Quand on voit des coroners boire, péter et faire des remarques acerbes sur d'autres hommes - prêtres ou orfèvres - qui sont des êtres humains malgré tous leurs défauts... »

« Le crime fait partie de leur vie à présent, c'est un morceau de leur âme. Ils vont continuer à assassiner pour de l'argent, pour se protéger, mais également parce qu'ils le désirent. Surtout quand ils nous voient errer dans l'obscurité. Plus nous errons, plus nous les amusons. »

Note
4/5
Une royale découverte !


1 commentaire :