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mercredi 18 novembre 2015

Métro 2033

Auteur : Dmitry Glukhovsky

Titre VO : Метро 2033 

Traduction : Denis E. Savine 
Genres : Science-Fiction / Post-Apocalyptique 

Éditions : L'Atalante 
Publication : 20 mai 2010 
Pages : 640 

Prix : 25 € 

Résumé
Suite à une guerre nucléaire, le monde tel que nous le connaissons a été entièrement détruit. La surface, désormais inhabitable du fait des radiations, et peuplée de monstruosités mutantes, a été désertée par les survivants russes, qui vivent à présent dans le métro de Moscou. Plusieurs sociétés se sont organisées au sein des tunnels, où les trafics d'armes, les sectes mystiques et les rassemblements politiques extrémistes fleurissent. Tout ceci sous la menace permanente des mutants quasi-immortels qui s'introduisent régulièrement dans les tunnels. Artyom est un jeune homme vivant dans la station de VDNKh, régulièrement ciblée par ces mutants. Celui-ci va être impliqué sans vraiment l'avoir choisi dans une quête à travers le métro dont l'issue pourrait bien changer le destin de cette nouvelle humanité souterraine. 

Avis de Clément
La série « Métro » (2033, 2034 et 2035) est reconnue en Russie, mais ne jouissait pas de la même popularité dans le reste du monde. Ceci a changé avec l'arrivée des jeux vidéos estampillés « Métro », qui ont attiré l'attention sur ces livres dont le dernier tome est paru en juin 2015 en Russie. Métro 2033 est aujourd'hui considéré comme une œuvre forte du genre Post-Apocalyptique, c'est ce qui m'a donné envie de le lire, afin de me faire mon propre avis. Il en est ressorti que, selon moi, cet univers plein de promesses n'est pas utilisé à son plein potentiel. 

Car l'indéniable point fort de ce roman, c'est son univers. Le métro moscovite a été entièrement retranscrit dans ce monde post-apocalyptique, donnant un espace exploitable assez titanesque (une carte est même fournie dans le rabat de couverture afin de mieux s'y retrouver !). Au sein de ce territoire se retrouvent de nombreuses populations, ainsi que plusieurs groupes d'influences, dont beaucoup sont rivaux et donc en conflit les uns contre les autres (en plus de se retrouver aux prises avec les mutants). Ces différents groupes sont tantôt animés par des idéaux politiques, tantôt philosophiques, sont plus ou moins accueillants et plus ou moins dangereux. Il en ressort une incontestable richesse de situations dans ce monde souterrain, à propos duquel on ne sait par ailleurs pas tout. En effet certains tunnels se sont effondrés, séparant certaines stations du reste du métro, et d'autres sont fuits comme la peste en raison d'histoires terrifiantes racontées à leur sujet (morts subites, disparitions, vapeurs toxiques ou hallucinatoires...). Nul n'est vraiment en sécurité dans cette société, où la loi du plus fort tient une place prépondérante, ce qui rajoute de l'enjeu dans la narration. 

L'histoire d'Artyom, chargé de délivrer un message « capital » à un responsable de « Polis », organisation dont le territoire couvre quatre stations très éloignées de celle où il se trouve, va l'amener à traverser une grande partie du métro et à se retrouver aux prises avec un grand nombre de dangers, humains ou non. L'un des points forts du livre est la variété des situations qu'il propose au fil des chapitres et l'intensité avec laquelle les péripéties s’enchaînent. Artyom est aidé au cours de son voyage par un certain nombre de personnages qui jouent leur rôle et ne sont jamais hors-sujet. Peu toutefois, sont vraiment marquants (seul le mystérieux Khan m'a laissé un souvenir fort). 

Le déroulement des événements souffre, à mon sens, d'un défaut, assez gênant : l'utilisation trop voyante du Deus Ex Machina. Plusieurs fois au cours de l'histoire, Artyom se retrouve dans des situations assez inextricables. Celles-ci sont quasiment toutes désamorcées par une intervention assez miraculeuse qui était difficilement prévisible. Ce souci entame selon moi la cohérence du récit qui avait pourtant tout pour être convaincant de bout en bout. L'autre problème du livre est qu'il semble mal maîtriser l'univers dans lequel il s'inscrit. Comme s'il était dépassé par l'ampleur de ce qu'il a créé, parmi toutes les stations, toutes les lignes et toutes les possibilités évoquées, Dmitry Glukhovsky n'en exploite qu'une petite partie. Au surplus, les groupes ou lieux traversés n'occupent chacun qu'une place assez modeste dans le récit. Pour ma part, je suis resté sur ma faim concernant certains points. J'aurais aimé que le groupe X soit mieux décrit ou qu'on puisse en apprendre plus sur le lieu Y. Il faut néanmoins reconnaître que ce dernier point n'entrave pas la qualité de la progression de l'histoire. 

Métro 2033 m'a laissé un goût assez équilibré en bouche. L'Univers est original et prenant, l'histoire tient en haleine et peut se targuer de renfermer quelques moments d'anthologie. J'ai également trouvé la fin surprenante et intéressante. Pourtant, quelques ombres viennent noircir le tableau. Les personnages sont finalement assez basiques, le Deus Ex Machina, un peu trop présent fait perdre de la crédibilité à l'histoire et le potentiel du métro moscovite de 2033 me semble assez sous-exploité. 
En bref, je ne peux qu'admettre que le statut de ce roman est mérité, même si je n'en ferais pas le chef-d’œuvre décrit par certains. Une lecture idéale pour les amateurs de post-apocalyptique, de SF, et plus si affinités ! 

Extraits
« Artyom prit la chope émaillée pleine de thé qu’on lui tendait. C’était une production locale qui n’était pas vraiment du thé mais une infusion à base de champignons séchés et de différents additifs. Le thé, le véritable thé, était devenu une denrée rare qu’on ne préparait que pour des grandes occasions ; une denrée hors de prix. Cependant les habitants de la station étaient fiers de leur recette, qu’ils appréciaient, et on l’appelait « thé ». Les étrangers qui arrivaient chez eux recrachaient le breuvage durant les premiers temps, par manque d’habitude, puis ils s’y faisaient. Petit à petit la réputation de ce thé avait dépassé les limites de la station » 


« Enfin, lorsque l’ennemi n’est plus qu’à quelques pas, les projecteurs s’allument. Et dans les faisceaux de lumière, on aperçoit des silhouettes étranges et fantasmatiques : nues, recouvertes d’une peau noire et luisante, les yeux démesurés et la bouche béante… Elles avancent d’un pas cadencé, le port droit et sans subterfuge, vers la barricade, vers les hommes, vers la mort. Encore et toujours plus proches… Trois… cinq… huit monstres… Et soudain le premier rejette la tête en arrière et laisse échapper un hurlement d’outre-tombe. » 



Note
3,5/5
Efficace et prenant malgré tout !

2 commentaires :

  1. j'ai récemment lu le dernier de l'auteur, FUTU.RE, qui est très fort en termes de SF et de dystopie! peut-être aimerais-tu. perso j'avais beaucoup aimé Métro 2033 :)

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    1. Ah ! Je ne savais pas qu'il avait écrit autre chose. Je vais m'y intéresser, merci :)

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