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mercredi 30 septembre 2015

Moi et Le Diable

Auteur : Nick Tosches
Titre Original : Me and The Devil
Traduction : Heloïse Esquié
Genre : Drame

Edition : Albin Michel
Parution : Octobre 2015
Pages : 418

Prix :  22, 90 euros

Quatrième de couverture
Nick, écrivain vieillissant installé à New York, refuse d’accepter les stigmates du temps et l’empreinte de la vie qui passe. Pour combattre l’inéluctable, il part en quête de jeunes femmes qu’il sait pouvoir impressionner par son raffinement et son érudition. Lorsqu’il rencontre l’envoûtante Melissa dans un bar de Manhattan, Nick est agité d’une pulsion incontrôlable et quasi animale ; il découvre le plaisir interdit du sang humain qu’il goûte en mordant la jeune femme. Submergés par une extase spirituelle et sexuelle intense, son corps comme son esprit s’en trouvent étrangement revigorés mais bientôt, la soif qu’il cherche à étancher le plonge dans les ténèbres effrayantes de la folie.

Avis de Manon
Obtenu dans le cadre d’une masse critique, Moi et Le Diable est pour moi une découverte ! Une découverte dont je ne sais pas quoi penser, même des heures après avoir tourné la dernière page. 
Nick est un écrivain vieillissant, alcoolique et au bout du rouleau. Désabusé et cynique, il retrouve une nouvelle jeunesse lorsqu’il se met à boire le sang de ses partenaires, des jeunes filles fascinées par son érudition et tout aussi perdues que lui. Il retrouve alors une seconde jeunesse qui ne sera pas sans contrepartie lorsqu’il semblera peu à peu tomber dans la folie. 

Âme sensible, passez votre chemin ! Dérangé et dérangeant, Tosches ne laisse pas le lecteur indifférent. Au contraire, les provocations sont nombreuses et les propos plutôt crus. Les délires spirituels et sexuels de Nick sont assez dérangeants, pour ne pas dire carrément perturbants. Mais au-delà de la provocation, l’auteur nous livre une vision très critique d’une société consumériste dans laquelle son personnage ne se reconnaît plus. Et si Moi et Le Diable est aussi fascinant, c’est bien grâce à son personnage principal, Nick, un écrivain vieillissant et au bout du rouleau qui en vient à penser que boire le sang de jeunes filles lui permet de retrouver sa vigueur. Les qualificatifs ne manquent pas pour le décrire car si cet homme fait office d’érudit dans des domaines variés comme la cuisine, la littérature ou la musique, il apparait aussi comme une personne imbue d’elle-même. Ses névroses et sa peur de vieillir vont l’entraîner dans une spirale de folie pure où seules compteront sa quête d’immortalité et son obsession du sang. Le mythe du vampire est ici abordé d’une manière inédite et bien loin des stéréotypes de la littérature fantastique.

Certains passages sont un peu longs et n’apportent pas grand chose à l’intrigue. Je pense notamment à un passage où le personnage de Nick critique le concept des liseuses. Pour expliquer son point de vue, il procède à une étude comparative des liseuses, avec prix et options. Ce passage n’apporte rien à l’intrigue et semble un peu hors de propos comparé à la manière dont est formulée le reste de l’intrigue. 

Le style de l’auteur est complexe mais pourtant entraînant et intéressant à suivre. L’auteur connaît les mots et sait les employer : ses descriptions sont saisissantes et très réalistes notamment celles concernant les effets de l’alcool sur Nick. On est bien loin des romans insipides ou conventionnels qui sont aujourd’hui devenus interchangeables et dont les intrigues suivent toutes le même schéma. Ma lecture a toutefois été jalonnée de quelques répétitions et de plusieurs coquilles mais je pense que cela est surtout dû au fait que j’avais entre les mains une épreuve non corrigée. 

Il est très difficile de parler de ce roman en quelques phrases car au final je ne sais pas si je l'ai aimé ou détesté mais une chose est sûre : il ne m'a pas laissé indifférente ! À découvrir si vous êtes fan d’Hubert Selby Jr. ou tout simplement pour lire un roman aussi atypique que dérangeant.

Extraits
« “On“ est un con qui n’a pas de prénom. »

« Âgée d’une cinquantaine d’années, elle portait un pantalon de cuir et arborait des cheveux desséchés teints en noir corbeau et un lifting affreusement retombé auquel on aurait guère pu remédier qu’avec un cutter de chantier, un pistolet à agrafes, une livre de mastic et une truelle. »

Note

2 commentaires :

  1. J'ai du abandonner, je n'ai pas été sensible à tout ça... Mais peut-être qu'une relecture un peu plus tard sera bénéfique !

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  2. J'ai hésité à abandonner plusieurs fois et j'avoue que j'ai eu du mal à aller jusqu'a bout ! En tout cas je ne pense pas que j'aurais le courage d'une relecture :)

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