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jeudi 24 septembre 2015

Adieu Calcutta

Auteur : Bunny Suraiya
Traduction : Dominique Vitalyos
Genres : Drame, Comédie

Edition : Albin Michel
Parution : Juin 2015
Pages : 293

Prix : 22 euros

Quatrième de couverture
Calcutta, 1959. Douze années se sont écoulées depuis la proclamation de l'indépendance de l'Inde, mais l'ancienne capitale de l'empire britannique n'a rien perdu de son dynamisme. Sa vie nocturne, ses bars, ses cafés, ses théâtres sont légendaires et cette ville cosmopolite accueille un mélange éclectique de communautés.
Robert Ryan, un Anglo-Indien, a un bon poste dans l'un des meilleurs cabinets juridiques, une épouse merveilleuse, Grace, et deux ravissantes filles qui ont chacune trouvé une place dans la société de Calcutta.
Pourtant Robert est profondément malheureux. Depuis que les Anglais ont laissé le pays aux mains de ces autochtones qu'il méprise, une idée l'obsède : retrouver sa chère Angleterre, qu'il n'a pourtant jamais connue. Les lettres de sa soeur évoquant la misère des classes moyennes anglaises ne sont pas parvenues à altérer la vision idyllique du pays de ses ancêtres. Mais Robert est soudain assailli par le doute à l'idée de tout abandonner pour se lancer dans un futur bien incertain.
Dans ce premier roman à la fois drôle, émouvant et captivant, Bunny Suraiya fait revivre avec éclat le Calcutta des années 1960, et pose une question cruciale : qu'est-ce que la patrie ?

Avis de Manon
Quelle belle découverte que ce premier roman de Bunny Suraiya ! Adieu Calcutta nous transporte sur un autre continent, à une autre époque mais les questions qu’il pose sont toujours actuelles. Par quoi un homme peut-il se définir ? La famille, l’amour, le travail ou la patrie et la place qu’il occupe dans la société ? 
Ce roman est un vrai chassé-croisé de personnalités, très différentes et qui vont chacune répondre  à cette interrogation mais à leur propre manière. 
Les Ryan sont une famille anglo-indienne comme il en existe des centaines à Calcutta. Mais depuis le départ des anglais et l’indépendance de l’Inde, Robert, le patriarche, n’a plus qu’une idée en tête : rejoindre l’Angleterre qu’il considère comme sa vraie patrie. Cependant, sa femme Grace et ses deux filles, Paddy et Shirley, sont bien moins enthousiastes vis-à-vis de ce projet. Pourquoi quitter leur pays, leur vie et tout ce qu’elles aiment pour l’inconnu et un pays où elles n’ont jamais mis les pieds ?!

Lire Adieu Calcutta revient à s’immerger dans une autre époque et un autre pays. J’ai été totalement dépaysée par cette lecture qui se veut une chronique de la vie à Calcutta après l’indépendance de l’Inde. Bunny Suraiya parvient à nous décrire avec brio la grande diversité et la richesse de ce pays. A milles lieux de ce que je m’étais imaginée, j’ai découvert un pays ouvert et assez tolérant en pleine mutation dans les années 60. 
Au travers des Ryan et de leur entourage de nombreuses questions sont abordées : les tensions entre indiens et anglo-indiens, les aspirations et les clivages sociaux, l’émancipation des femmes…Les clivages sont nombreux et c’est bien tout ce qui fait le paradoxe et l’intérêt de ce livre, dévoilant une ville qui oscille en permanence entre modernité et traditionnel.
Au bout d’une centaine de pages, je me suis quand même demandé où voulait en venir l'auteur. Y allait-il avoir un élément perturbateur dans la vie bien rangée de nos personnages ? Leurs doutes et leurs certitudes allaient-elles être mises à mal ? Eh bien, finalement non. Ce livre est davantage une chronique de la vie à Calcutta et le témoignage d'une nouvelle époque et les dernières pages m’ont laissé sur ma faim. J’aimerais beaucoup savoir ce qu’il advient de Robert et de sa famille. 

Courts et rythmés, les chapitres d’Adieu Calcutta font la part belle à tous les personnages : du plus insignifiant au plus important, aucun n’est laissé à part. J’ai beaucoup aimé les deux filles Ryan, Paddy et Shirley. Attachantes bien que très différentes, ce sont elles qui reflètent le mieux les changements qui vont survenir tout au long du livre. Leur père, Robert, quant à lui, représente à merveille ce tiraillement entre la modernité, le progrès et les valeurs plus traditionnelles. Si son comportement et ses propos m’ont parfois agacé, il est aussi touchant dans ses hésitations et ses doutes mais surtout dans l’amour qu’il porte à sa famille, tiraillée par ses origines et son appartenance à deux cultures, deux mondes très différents. Cette dualité est très bien retranscrite par Bunny Suraiya tout au long du roman. 

Adieu Calcutta est une très bonne surprise. Chronique douce-amère et nostalgique, ce roman nous plonge avec beaucoup d’émotions et de justesse dans le quotidien d’une famille anglo-indienne attachante et tiraillée par ses origines.

Extrait
« Il devait coûte que coûte rapatrier sa famille en Angleterre, et il le ferait, nom de nom, il le ferait ! Un jour. »

Note
4/5
Une belle découverte

5 commentaires :

  1. J'aime bien ce genre de roman, où l'on est plongé dans un pays étranger à une certaine époque. Ca nous permet d'imaginer le quotidien de la population. je retiens ce titre !

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    1. Oui n'hésite pas c'est un très bon roman ! Les personnages et l'ambiance m'ont vraiment fait voyager !

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  2. Ce roman pourrait vraiment me plaire, merci pour la découverte !

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    1. De rien ! J'espère qu'il te plaira si tu as l'occasion de le lire !

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  3. Il me tente énormément Manon, merci *-*

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