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mardi 14 juillet 2015

Crazy Rich à Singapour

Auteur : Kevin Kwan
Titre VO : Crazy Rich in Singapour
Traduction : Nathalie Cunnington
Genre : comédie sentimentale, romance

Éditions : Albin Michel
Publication : mai 2015
Pages : 524 pages

Prix : 22,90€

Résumé
Lorsque la New-Yorkaise Rachel Chu débarque à Singapour au bras de son boyfriend Nicholas Young, venu assister au mariage de son meilleur ami, elle pense juste passer de paisibles vacances en amoureux. Mais le beau Nick a « oublié » de lui dire que sa famille est l’une des plus fortunées d’Asie, que le mariage prévu est l’Événement de l’année, et qu’il est l’héritier le plus convoité de tout l’Extrême-Orient !
Pour Rachel, le séjour de rêve se transforme en un véritable parcours du combattant, en stilettos et robes coutures… Sino-américaine, pauvre et roturière : bonne chance !

Avis de Marie
Rachel Chu est l’exemple parfait de la sino-américaine ayant réussi son intégration. Arrivée encore tout bébé aux Etats-Unis avec sa mère, Rachel a grandi là-bas et ne connaît rien de cette Chine continentale où elle est née. Issue d’une famille modeste, elle a brillamment réussi ses études et exerce désormais en tant que professeur d’économie à l’université. Elle y fait la rencontre de Nicholas Young, un professeur d’histoire, aussi intéressant que canon. Ensemble depuis deux ans, Nick lui propose un jour d’aller passer des vacances en amoureux à Singapour, à l’occasion du mariage de son meilleur ami. Il a juste omis de mentionner un petit détail de rien du tout : il est l’héritier de l’une des plus grosses fortunes d’Asie. Avec un tel héritage, pas étonnant qu’il soit le point de mire de toutes ces charmantes demoiselles. Rachel parviendra-t-elle à garder son homme ? Réussira-t-elle à lutter contre ces jeunes femmes habillées de la tête aux pieds de marques de luxe et où le moindre vêtement est une arme redoutable ?

Crazy Rich à Singapour est un roman frais et pétillant qui vous mènera dans les cercles les plus hauts placés de la société singapourienne. Entre débauche culinaire et vêtements de créateurs renommés, Kevin Kwan nous plonge dans une société flamboyante où l’argent gouverne absolument tout. Le moindre acte, la moindre parole et surtout, la moindre tenue portée est ici passé au crible par les regards intransigeants des millionnaires et milliardaires chinois.
Rachel, roturière de son état, va être jetée malencontreusement dans la fosse aux lions par son cher et tendre. Non pas qu’il ait eu l’intention de lui nuire, bien au contraire, mais en omettant de lui dire de quel cercle il est issu, il ne l’a pas suffisamment préparée à ce qui l’attend. Si elle avait su, peut-être aurait-elle réfléchi à deux fois avant de partir…
Il faut savoir qu’il y a deux types de Chinois : ceux qui viennent de Chine continentale et qui ont fait fortune il y a une dizaine d’années et les Chinois de l’étranger, qui ont quitté le continent il y a bien longtemps et ont depuis fait fortune (beaucoup, énormément !!). Ces familles sont quasiment en conflit permanent, les plus anciennes s’estimant supérieures à ces nouveaux riches. Néanmoins, lorsqu’il s’agit de faire face à un ennemi commun, l’union fait la force. Malheureusement pour elle, Rachel n’appartient à aucun de ces deux types de Chinois. Rachel n’est qu’une pauvre roturière ayant rencontré le Prince Charmant (même si elle l’ignore). Alors, lorsqu’Eleanor, la mère de Nick, apprend qui son fils unique fréquente, c’est le drame. Une seule solution s’impose à son esprit : il faut se débarrasser de cette petite arriviste profiteuse ! Car Eleanor en est persuadée, Rachel n’est intéressée que par son argent et de toute façon, Nick ne peut envisager de vivre sa vie qu’aux côtés d’une femme issue d’une famille respectable (c’est-à-dire à la fortune bien établie depuis de nombreuses années). Vous vous plaigniez de votre belle-mère ? Aucune ne peut rivaliser avec Eleanor… Rachel devra tirer son épingle du jeu et ne pas lâcher « sa prise ». Ses rivales sont nombreuses et ne reculeront devant rien pour se débarrasser de cette horrible intruse. Coup bas et ragots rythmeront les vacances de notre héroïne entre deux séances de shopping !

Kevin Kwan nous livre ici une comédie sentimentale somme toute assez classique bourrée de clichés. Mais Crazy Rich à Singapour réussit à se démarquer des autres romans du même genre grâce à la plume drôle et légère de son auteur. Kevin Kwan pointe avec beaucoup d’humour et de précision tous les travers de cette société d’ultra riches chinois aux excès plus énormes les uns que les autres. Rien n’échappe à son œil acerbe et c’est avec un esprit très critique qu’il nous dépeint cette société. Il parvient à nous faire voyager jusque dans les plus petites rues de Singapour grâce à ses descriptions précises et évocatrices d’endroits aux saveurs épicées et à des expressions typiques de là-bas !
L’intrigue, quant à elle, est un peu plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Bien que cliché, le scénario nous promet en effet de nombreux rebondissements, l’auteur ayant créé un peu de suspens à certains moments. De nombreux personnages sont introduits et si dans un premier temps, seuls les liens familiaux semblent les unir, en réalité, nous découvrons progressivement qu’il n’y a pas vraiment de place pour le hasard. Certains se démarquent plus que d’autres. Rachel est telle Elisabeth dans Orgueil et Préjugés : bien que n’étant pas une grande beauté, elle est surtout une jeune femme intelligente et pleine de ressources. Déterminée dans la vie, elle ne se laissera pas facilement abattre. Nick, quant à lui, n’a rien de commun avec Mr Darcy, si ce n’est sa fortune. Beau, intelligent et drôle, il va malencontreusement se laisser dépassé par les événements. Nick, tel Mr Darcy, va devoir lutter contre vents et marées (contre talons et mères marieuses en fait) pour sauver son couple. Face à des mères plus que déterminées à réaliser le meilleur mariage possible pour leurs filles (et donc avec lui), le jeune homme ne pourra s’en sortir seul. Heureusement, il pourra compter sur quelques membres de sa famille et amis. Ainsi, Astrid, sa cousine, est un personnage très touchant. Si elle n’hésitera pas à venir en aide à son cousin, elle aussi ne sera pas épargnée. Être milliardaire peut avoir ses avantages… comme ses inconvénients et elle découvrira que si l’argent faisait jusqu’ici son bonheur, il sera également la cause de son malheur. D’autres personnages, tels Oliver, Eleanor, Peik Lin ou encore Mandy ont su retenir mon attention, grâce à leur personnalité aussi drôle que superficielle.  Toutefois, difficile d’en citer plus, tant il y en a. Sur ce point d’ailleurs, j’ai été quelque peu perdue à plusieurs reprises, les personnages étant vraiment très nombreux. Il n’était pas toujours aisé de faire les liens entre les différents protagonistes et ce, malgré la présence d’un arbre généalogique à la fin du livre.
Dernier petit bémol : si l’histoire est drôle et pleine de rebondissements, avec des passages vraiment hilarants, je n’ai pas été très satisfaite de la fin, celle-ci se terminant de façon un peu abrupte (est-ce à dire qu’une suite est prévue ? Ce ne serait pas pour me déplaire !).

Drôle et piquant, Crazy Rich à Singapour porte merveilleusement bien son titre. Kevin Kwan nous plonge dans les cercles les plus huppés de Singapour où folie et décadence règnent. Vous ne pourrez que vous attacher à ces milliardaires aussi fous les uns que les autres !

Extrait
« Ses parents étaient toujours si égoïstes. Certes, ils l’avaient élevé, lui avaient payé l’université, lui avaient acheté son premier appartement, mais ils n’avaient pas été à la hauteur sur ce qui comptait vraiment : ils ne savaient pas comment étaler leur fortune dans les règles. »

« - Comme c’est gentil ! Vraiment, vous n’auriez pas dû ! répondit Eleanor d’un ton gracieux.
Qu’est-ce qui lui a pris d’apporter des mandarines ? Elle croit que c’est le Nouvel An chinois ? Et cette façon stupide d’incliner la tête ! On dirait une geisha ! »

Note

4,5/5
Excellente lecture !

4 commentaires :

  1. ce coté cliché ne me donne pas du tout envie

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    1. Je comprends tout à fait que cet aspect là peut ne pas faire envie. Personnellement, le fait que ce soit traité avec humour et un regard critique m'a bien plu ^^

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  2. Ce n'est pas une lecture que je lirai tout de suite, malgré ton bon avis :)

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    1. Si ce n'est pas ton envie du moment, tu as bien raison ^^

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