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mardi 2 juin 2015

Nous

Auteur : David Nicholls
Titre VO : Us
Traduction : Valérie Bourgeois
Genres : Drame, Romance

Éditions : Belfond
Publication : Avril 2015
Pages : 475 pages

Prix : 22 euros

Résumé
Paris, Amsterdam, Munich, Vérone, Venise, Florence, Rome, Naples. Le Louvre, le musée Van-Gogh, la place Saint-Marc. Terrasses ensoleillées, trattorias bondées : l'été s'annonce chargé pour les Petersen.
Douglas, le père, est extatique.
Connie, la mère, est plus mesurée.
Pour Albie, leur fils de dix-sept ans, c'est carrément l'enfer.

Et pour tous, c'est peut-être l'occasion d'un nouveau départ.

Douglas le sait, c'est sa dernière chance de prouver que derrière le biochimiste coincé se cache un mari attentionné et un père superfun.
Connie, elle, va devoir affronter le souvenir de celle qu'elle était, cette étudiante en art qui sillonnait l'Europe en quête de folles expériences. Et celle qu'elle est devenue, une épouse rangée qui voudrait bien passer à autre chose.
Quant à Albie, grand photographe en herbe, entre fugues et passion amoureuse, arrivera-t-il à renouer avec son père et à voler enfin de ses propres ailes ?

Crise de la cinquantaine, crise de couple, crise d'adolescence : Nous, c'est vous.

Avis de Marie
Nous c’est l’histoire de Douglas, un biologiste cinquantenaire qui voit sa vie partir en morceaux du jour au lendemain. « Douglas, je crois que j’ai envie de te quitter ». Ces quelques mots, prononcés par sa femme Connie, vont peser comme un couperet au-dessus de sa tête. Douglas ne comprend pas. Douglas est perdu. Certes il y a eu des hauts et des bas dans leur vie de couple et ses relations avec son fils Albie sont plutôt difficiles. Mais de là à ce que sa femme décide de le quitter, Douglas ne s’y attendait pas et ne parvient pas à comprendre pourquoi. N’a-t-il pas tout donné pour assurer leur bonheur à tous les trois ? Comment envisager ne serait-ce qu’un instant la vie sans Connie ? Leurs vacances en Europe seront peut-être l’occasion d’un nouveau départ. Reconquérir le cœur de Connie et être un père cool pour Albie… Malheureusement pour Douglas, les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Si Nous n’est pas un coup de cœur, cela tient à une seule raison : la fin ! Nous est le deuxième roman que je lis de David Nicholls et si j’avais trouvé Un Jour frustrant, celui-ci ne fait pas exception. Connaissant donc déjà un peu l’auteur, je me suis plongée dans ce roman avec précautions, m’attendant à tomber sur un drame à chaque page tournée. Enfin, au début, car après quelques pages, j’avoue que je n’ai plus réussi à décrocher du livre avant la fin et les pages défilaient sans cesse sous mes yeux tant j’étais pressée de savoir le fin mot de l’histoire. J’aime beaucoup le style d’écriture de David Nicholls : simple, fluide, il parvient à nous transporter dans ses histoires avec une étonnante facilité, nous menant du rire aux larmes en seulement quelques lignes.

L’histoire est plutôt classique. Douglas est un cinquantenaire dont la vie de famille part en miettes : sa femme pense à le quitter et son fils se refuse à toute forme de communication avec lui. Malgré tout, ils décident de maintenir leurs vacances en Europe afin de profiter de ces instants qui seront peut-être les derniers ensemble. Commence alors un voyage qu’ils ne seront pas prêts d’oublier…
Nous est d’une certaine manière le carnet de vie de la famille Petersen. Douglas va nous livrer les meilleurs moments de sa vie avec Connie comme les pires. Le récit alterne ainsi entre le présent et le passé, ce qui peut être un peu déroutant au début. Mais très rapidement, le lecteur comprend l’utilité de ces sauts dans le passé car tous ces flashbacks permettent de mieux comprendre le comment et le pourquoi des évènements du présent. Parfois, il s’agit juste pour notre père de famille de faire des parallèles entre deux moments, si éloignés dans le temps et pourtant si similaires. Nous voilà donc en train de voyager dans le temps et à travers toute l’Europe aux côtés de Douglas.

J’ai adoré les personnages du roman ! L’auteur nous les présente dans toute leur complexité, rien n’est tout blanc ou tout noir. Chacun possède son lot de défauts et de qualités et à nous de les accepter pour ce qu’ils sont.
Douglas et Connie n’ont rien à avoir entre eux et sont à l’opposé l’un de l’autre. Lui est un scientifique gouverné par la raison, elle, une artiste qui laisse libre court à son imagination. Il est pragmatique, elle est rêveuse. Il est d’un physique banal, elle est d’une grande beauté. Tout les opposait et pourtant, ils vont s’aimer comme jamais ils n’ont aimé auparavant. Douglas est un personnage très drôle et, pour moi, le plus attachant de tous. Lorsque sa femme lui annonce qu’elle pense le quitter, Douglas s’effondre. Mais son amour est tel qu’il décide de tout faire pour la reconquérir. Sauf qu’il est assez maladroit, dans ses gestes et surtout, ses mots. Si par moment cela prête à rire, il lui arrive souvent de blesser ses proches, en particulier son fils Albie. De plus, autant Connie est extravertie, autant Douglas est un homme calme et posé. Et même un peu trop parfois ! Durant leur périple en Europe, Douglas plombera à plus d’une reprise l’ambiance en ne participant pas aux délires de son épouse et de son fils. Pourquoi ne peut-il tout simplement pas se laisser aller de temps et temps et arrêter d’être un vieux rabat-joie ? J’avoue que sur ce point là, il m’a assez souvent agacée. Connie et Albie ne se gêneront d’ailleurs pas pour le lui reprocher. Ces situations étaient d’autant plus agaçantes que tous ces sermons partaient toujours de bonnes intentions…
Mais Connie n’en peut plus. Elle a mené une jeunesse débridée, rock et passionnée. Lorsqu’elle rencontre Douglas, elle aspire à une autre vie, plus stable et se surprend à tomber amoureuse de ce biologiste discret et un peu coincé. Sa vie se résume à un seul mot : la passion. Connie se passionne pour tout ce qu’elle fait. Que serait la vie sans passion ? Il n’y a pas de place pour l’hypocrisie et le mensonge… Enfin, presque ! Des trois, elle est le personnage que j’ai le moins aimé. Paradoxalement, si elle donne tout ce qu’elle a sans retenue, elle se montre également très égoïste car une fois sa décision prise, peu importe les conséquences, il n’y a quasiment plus de retour en arrière possible. Bien entendu, cette vision du personnage est voulue par l’auteur. L’histoire est racontée par Douglas. Du coup, nous n’avons que son point de vue. Et sa tendance à idéaliser Connie fait qu’on a du mal à ne pas lui en vouloir de son comportement envers lui. Pourtant, Douglas n’a pas toujours été parfait et irréprochable… De même, nous ne savons pas grand-chose au final d’Albie, à l’image de Douglas qui a l’impression d’être un étranger pour lui. Nous apprenons ainsi à connaître Albie en même temps que Douglas.
Albie est un jeune homme torturé. Très proche de sa mère, il en a hérité la fibre artistique, au grand dam de son père qui rêvait d’une carrière de scientifique pour lui. Âgé de 17 ans, il fait déjà les 400 coups à ses parents et va réussir le plus grand d’entre eux alors qu’ils sont à Amsterdam avec Cat, sa petite-amie, un autre personnage très peu présent mais que j’ai adoré.

A partir d’un fait tout ce qu’il y a de plus banal (un adolescent et un couple en crise), David Nicholls parvient à nous livrer une histoire captivante aux personnages à la force de vivre incroyable. On ne peut qu’être touché et se sentir concerné par leurs joies et leurs peines. Mais c’est également une leçon : il faut accepter les personnes que l’on aime pour ce quelles sont et ne pas essayer de les changer. Elles nous ont charmés grâce à leur personnalité, pourquoi vouloir les façonner à notre convenance ? C’est ce que vont apprendre Douglas et Connie dans ce roman riche et émouvant, bien plus profond qu’il n’y paraît au premier abord.
J’espère vous avoir donné envie de lire Nous en dépit de la longueur de cette chronique.

Extrait
« Un dicton cité dans une chanson populaire dit : lorsqu’on aime une personne, on doit savoir la laisser partir. Foutaises ! Quand on aime quelqu’un, on l’enchaîne solidement à soi, et plutôt deux fois qu’une. »

Note
4/5

4 commentaires :

  1. J'ai fini 'Un jour ' il y a peu et c'est vrai que l'écriture de cet auteur est très fluide et simple j'ai pas mal apprécié, je crois que je vais continuer avec cet auteur ^^

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    1. N'hésite pas, personnellement j'ai préféré "Nous" à "Un jour" :D

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