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samedi 13 septembre 2014

Le temps d'un hiver

Auteur : Jessica Lumbroso
Genre : Romance, Drame

Edition : Artalys
Parution : Juin 2014
Pages : 518 pages

Prix : 21,90 euros

Résumé
Jenna est une jeune femme dévastée quand elle revient chez ses parents, Sibylle, une femme autoritaire et froide, et Patrice, un homme totalement effacé. En attendant que naisse cet enfant qui grandit en elle mais dont elle ne veut pas, elle se souvient de cet hiver, neuf ans auparavant, où sa mère la contraignit à passer Noël chez son amie Élisabeth. Là, elle fit la connaissance d’un jeune Américain, Ryan, de passage lui aussi dans cette maison. L’amour naquit entre eux, un amour désespéré car tout les séparait. Ryan était en couple et la France n’était pas son pays. Il ne restait plus à Jenna qu’à combattre son attirance, mais elle en était incapable, pas même dans les bras d’Alec, son ami de toujours.

Et tandis qu’elle revit ces souvenirs et que son enfant vient au monde, elle entrevoit la possibilité d’un pardon et du retour de la lumière dans sa vie.

Avis de Manon
Le temps d’un hiver est une histoire forte et chargée d’émotions. Je tiens donc à remercier les Editions Artalys et Jessica Lumbroso pour m’avoir fait découvrir cet ouvrage !
Dès le premier chapitre, on suit avec beaucoup de curiosité Jenna, jeune femme enceinte retournant vivre chez ses parents avec lesquels pourtant, elle semble ne pas s’entendre. On est d’emblée intrigué par Jenna et son passé bien mystérieux : où est le père de son futur enfant ? Qui est-il ? Pourquoi Jenna semble aussi morose et déprimée ?

Pour répondre à toutes ces questions et bien d’autres encore, l’auteur nous fait sans cesse voyager entre présent et passé. L’histoire de Jenna se dévoile donc progressivement au fil des pages, notamment le fameux hiver qui va changer sa vie de manière significative. On en apprend ainsi davantage sur sa rencontre et son histoire d’amour avec Ryan, un jeune Américain ou encore la très forte amitié qui la lie à Alec depuis l’enfance. 

L’auteure, avec beaucoup de tact et de pudeur, nous livre une histoire à la fois forte et touchante. Jessica Lumbroso retranscrit avec beaucoup de justesse la personnalité à fleur de peau de son héroïne. Trop, peut-être, car si au début elle était touchante, je l’ai rapidement trouvée agaçante avec ses continuelles interrogations. Et à certains passages, je me suis même demandée si elle ne se complaisait pas dans son mal-être et sa tristesse ! Ryan m’a lui aussi un peu agacée avec ses hésitations mais heureusement Alec, le meilleur ami de Jenna est un personnage très charismatique qui donne à chaque fois un nouveau souffle à l’histoire. 

S’agissant du style de l’auteure, Jessica Lumbroso dépeint avec beaucoup de réalisme toutes les palettes d’émotions que ressentent ses personnages. On voit facilement le travail qui a dû être fourni pour réussir à créer des personnages aussi fouillés et profonds. Et même si à certains moments on pense deviner la fin, l’auteure arrive à ménager son suspense tout au long de l’intrigue. 
Par contre, j’ai trouvé que certains passages étaient beaucoup trop descriptifs ou analytiques. Si cela montre la maîtrise impeccable de la  langue française de l’auteur, cela ralentissait aussi le rythme de l’intrigue. Pour les mêmes raisons, certaines phrases ou expressions employées par les différents protagonistes sonnaient creuses et n’étaient pas très crédibles dans la bouche d’adolescents. De plus, le passage de la première à la troisième personne peut être assez déstabilisant même s’il sert à démarquer le présent et le passé de Jenna. 

En conclusion, Le temps d’un hiver est un roman poignant qui fait la part belle aux émotions, le tout avec beaucoup de justesse et de subtilité. Cependant, je suis assez mitigée sur ma lecture à cause des nombreuses longueurs du récit et d’une héroïne assez agaçante.

Extraits
« Huit ans se sont déjà écoulés…
J’ai l’impression d’être toujours la même… Aussi paumée… Aussi oppressée… Comme cette petite fille que j’ai été. Pauvre gamine insupportable en mal d’amour. Mon cœur, qui étouffe autant qu’alors, saigne d’un torrent que je ne peux étancher.
Encore aujourd’hui, un réflexe répulsif me pousse loin de Sibylle, ma très chère mère, cet être autrefois distant, froid, rigide telle une pierre inerte, affrontant la vie la tête haute, le cœur fermé. Cet être duquel j’ai pourtant cherché en vain l’amour, l’affection, la reconnaissance, alors qu’une barrière invisible se dressait entre nous, haute et infranchissable pour ma petitesse d’enfant. Avec maladresse, j’ai tenté, oh oui ! Tenté un geste, un pas vers elle ; j’ai voulu la toucher, l’émouvoir, mais sans parvenir à m’approcher de son cœur cruel. »

« Oui, tu m’as fait comprendre ce qu’aimer veut dire. Je regrette seulement de n’en avoir pas eu conscience plus tôt… »

Note

3/5

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