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mercredi 13 août 2014

Le Pays Silencieux

Auteur : Pierre Le Coz
Genre : essai

Edition : Loubatières
Publication : mai 2014
Pages : 735 pages

Prix : 29€


Résumé
Avec ce Pays silencieux, septième et dernier tome de L’Europe et la Profondeur, s’achève l’aventure tout à la fois intellectuelle et spirituelle que constituèrent, pour son auteur comme pour le « petit nombre » de ses lecteurs, l’écriture et la publication de cette Somme, à l’époque des « petits traités » et autres « livres de développement personnel » unique en son genre. L’ouvrage lui-même, présenté successivement dans le cours de son élaboration comme un « roman philosophico-théologique » puis comme un « manuel de survie au temps du nihilisme achevé », vient ici pour ce qu’il était en vérité, mais sans le savoir encore, dès son commencement : rien de moins qu’une aventure du sens, la seule peut-être que puisse offrir à ce « sens » en voie d’extinction notre « temps de détresse », et aventure qui, du fait de cette extinction même, ne peut plus se dérouler aujourd’hui qu’au pays des mots ; ce pourquoi le présent volume s’achève en poème (« La saison spirituelle »).
Mais avant cela, et comme à l’accoutumée chez Pierre Le Coz, le lecteur trouvera en ce Pays silencieux des analyses extrêmement approfondies des phénomènes qui défrayent l’actualité la plus concrète de notre début de millénaire, dont ceux de la violence religieuse (« Et ce sont les violents qui l’emportent »), ou de l’explosion de la délinquance (« La vie rêvée des porcs »), ou encore de la présente domination sans partage du techno-capitalisme sur notre monde « globalisé » (« Histoire et historicité ») ; l’auteur de ces analyses étant bien convaincu qu’une pensée qui ne cherche pas à opérer en quelque manière que ce soit en son « siècle sien », et aussi « subtils » et « pertinents » que soient ses attendus, est parfaitement vaine et stérile – en un mot : in-signifiante (ce que sont probablement tous les ouvrages qui se publient aujourd’hui sur ces questions : non par manque de lucidité, mais par absence rédhibitoire de courage – « intellectuel » et autre –, cette qualité en laquelle Hölderlin voyait la vertu cardinale des poètes). Le lecteur qui se risque à ouvrir un tel livre doit donc, dès son entrée en « ces pages sombres et pleines de poison », abandonner toute espérance d’y retrouver les habituelles catégories de pensée par lesquelles une époque s’essaye à conjurer ses très « modernes » démons – quoique ces efforts soient condamnés à demeurer vains dans la mesure où ces « démons » ne sont jamais justement, par cette époque même, clairement et proprement nommés – ; en ce sens aussi, une partie de la séduction que peut inspirer ce livre à ses lecteurs réside en le fait que ceux-ci, et avant même l’exposé d’une « philosophie » voire le déroulé d’une « écriture », y sont d’abord conviés à un dépaysement radical – tant dans l’ordre de la pensée en général que dans celui de la saisie qu’ils font de leur monde en particulier.

Avis de Marie
Je remercie les éditions Loubatières et Babelio pour ce livre envoyé dans le cadre de la Masse Critique.
Le Pays Silencieux a constitué pour moi un vrai défi. Trente jours pour lire et chroniquer ce livre de 735 pages n’était pas chose aisée !

Pour commencer, il est facile de dire ce qu’il n’est pas : un roman. Pour autant, il m’est encore difficile de le classer dans une catégorie. Ce livre se veut aussi bien être un essai sur le monde moderne qu’une chronique de celui-ci tout en étant aussi un journal. En cela, il détonne fortement de mes lectures habituelles. Pierre Le Coz nous livre ici sa vision de la société, de la civilisation même, comment et pourquoi en est-on arrivé au point où nous en sommes. Son regard est critique et ses paroles retentissantes. Que l’on soit en accord ou pas avec sa pensée, là n’est pas la question. Le travail fourni pour ce dernier tome est impressionnant tant par sa quantité que par sa qualité. L’auteur utilise différents supports (le roman Gilles de Drieu la Rochelle ou encore la Bible) pour nous entraîner dans les cheminements de sa pensée.

Ensuite, il s’agissait d’un défi parce que cette pensée est riche et complexe, peut-être même un peu trop pour être appréhendée en seulement une trentaine de jours. En effet, il n’est guère possible de se contenter de l’avoir lu une fois et ce, de la façon dont on lirait n’importe quel roman. Chaque passage mérite que l’on s’y arrête ne serait-ce que pour en effleurer le sens. Ce voyage nous invite à la réflexion et même s’il n’était pas simple pour moi de le suivre, j’ai tenté de m’accrocher comme j’ai pu. Cela n’était pas facilité par la forme. Le style de Pierre Le Coz m’a paru au début très difficile, et même encore maintenant que je suis arrivée au bout du livre. Le rythme des phrases est, dès la première partie, très haché, l’auteur n’hésitant pas à ouvrir des parenthèses et faire des digressions au sein même de ses parenthèses, ce qui compliquait, bien souvent, le suivi de sa pensée. A cela, s’ajoute un vocabulaire très soutenu et, je n’ai pas honte de le dire, il m’a fallu à plus d’une reprise aller consulter mon dictionnaire afin de comprendre le sens de certains mots. Ayant déjà était en prépa littéraire auparavant, je pense que si j’avais eu ce livre entre mes mains à ce moment là, j’en aurais été ravie car il nous fournit énormément de matière pour penser.


Le Pays Silencieux n’est pas un ouvrage que l’on peut mettre entre toutes les mains. Seuls les connaisseurs ou encore les aventuriers de la pensée (si l’on peut dire) oseraient s’y lancer sans hésiter. Plus qu’un simple ouvrage, Pierre Le Coz nous offre un outil pour penser le monde qui nous entoure. En tentant d’élargir nos perspectives et notre regard sur ce monde, l’auteur nous invite également à penser le futur. C’est pourquoi aucun délai de lecture ne peut être imposé pour le Pays Silencieux car se contenter de ne le lire qu’une seule fois reviendrait à en effleurer seulement la surface.

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