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mercredi 20 août 2014

Je vais bien, ne t'en fais pas

Auteur : Olivier Adam
Genre : Drame

Edition : Pocket
Parution : Août 2006
Pages : 156 pages

Prix : 4,90 euros

Résumé
Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n'a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l'aime. Rien d'autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu'il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n'était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d'explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C'est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d'une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.

Avis de Manon
Lorsque Loïc son frère cadet disparaît sans explication suite à une dispute avec leur père, Claire arrête de vivre. Prostrée et fragile, elle reprend espoir lorsqu'arrivent des cartes postales de son frère lui disant que tout va bien et de ne pas s’en faire. Des mois plus tard, la jeune femme, caissière dans une supérette de quartier, décide alors de consacrer ses vacances à la recherche de son frère. Sa destination : Portbail, d’où est partie la dernière carte postale. 

Fragile, douce et peut-être trop naïve, Claire a été anéantie à la disparition de son frère avec qui elle semble avoir eu une relation très forte. Le moindre événement, la moindre rencontre lui fait penser à ce frère qui s’est volatilisé car Loïc, lui, aurait toujours su quoi dire ou comment agir. Sa vie semble en suspens et seules compte, au final, les cartes postales qu’il envoie chez leurs parents. Ces derniers sont désemparés devant la situation et vont faire l’impensable pour aider leur fille. Mais ils ne savent pas comment lui montrer leurs émotions : cela reviendrait à révéler les raisons et le drame qui se cachent derrière le départ de Loïc et ses cartes postales, immenses et magnifiques preuves d’amour. Car Claire, inconsciemment, se refuse à les questionner sur l’indicible, l’inacceptable… 
Je dois avouer que tous les non-dits qu’il y a entre Claire et ses parents m’ont un peu dérangée et plus d’une fois je me suis demandé pourquoi la jeune femme ne se décidait pas à crever l’abcès et à connaître la vérité.

Sans fioritures et d’un réalisme incroyable, l’œuvre ne fait pas dans la poésie ou le pathos et, pour moi, cela renforce les émotions que le lecteur ressent. L’auteur privilégie les phrases courtes et parfois (mais pas souvent) crues et percutantes. Cependant, j’ai eu un peu de mal à m’habituer au style haché de l’auteur et j’ai dû relire certains passages plusieurs fois pour en comprendre vraiment le sens. 
L’auteur profite de cette histoire à la fois banale et forte pour critiquer et égratigner, au passage, une jeunesse dorée et clinquante qui brandit ses études et sa richesse comme un sésame. Le comportement de Nadia, d’Antoine ou de Benoît est au mieux condescendant, au pire abject et pourtant, ils ne peuvent s’empêcher de porter un regard méprisant sur Claire, simple caissière. 

Témoignage d’un amour familial incroyable, Je vais bien ne t’en fais pas est un livre sobre mais bouleversant et dont on ne ressort pas indemne. Je vous conseille également de voir le film de Philippe Lioret qui, même s’il prend quelques libertés avec le livre, est magnifique et très émouvant grâce aux très belles interprétations de Kad Merad et de Mélanie Laurent. 

Extraits
« De jeunes minets vomissent leur vodka, évaluent leurs ambitions financières en vue de leur imminente entrée sur le marché du travail, parlent de refuser toute offre à moins de deux cents kilofrancs annuels. Ils ne se sont pas emmerdés pour rien, tout de même, après toutes ces années d’études. Les autres n’avaient qu’à faire pareil après tout. L’inégalité des chances, c’est de la branlette, chacun a la possibilité égale de réussir, de saisir sa chance. C’est quand même pas notre faute si les bougnoules en banlieue sont trop cons à faire les marioles pendant les cours. Après ils ont l’air de quoi. Les garçons deviennent dealers, les filles caissières au supermarché et basta, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. »

« On a bien le droit de se tromper, après tout, même volontairement. »

« Je te dirai que vivre avec son absence aussi complète, son silence, l’incertitude, le doute sur ce qu’il devient, sur le fait qu’il soit en vie, même, je te dirai que cela, je n’en suis peut-être pas capable. »

Note

7,5/10

2 commentaires :

  1. J'ai déjà entendu parler de ce livre mais je ne sais plus où :D
    Je me souviens juste que la personne qui m'en a parlé tout comme toi a aimé ce livre.

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    Réponses
    1. Oui j'ai bien aimé ce livre même si je crois que je lui préfère quand même le film !

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