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samedi 9 août 2014

Indian Killer

Auteur : Sherman Alexie
Titre Original : Indian Killer
Traduction : Michel Lederer
Genre : Policier, Drame

Edition : Albin Michel
Collection : Terres d’Amérique
Parution : Novembre 2013
Pages : 416 pages

Prix : 22 euros

Résumé
A Seattle, un assassin tue des Blancs, les scalpe et dépose deux plumes de hibou sur leur corps : terreur sur la ville, tourmente parmi la communauté indienne que ces crimes désignent à la vindicte générale. Ainsi va naître la légende du « tueur indien », justicier pour les uns, psychopathe pour les autres… Pendant ce temps, un jeune Indien adopté par un couple de Blancs sombre dans la folie…

Avis 
Sombre, rageur et sans concession, Indian Killer nous livre un portrait au vitriol de la société américaine. 
Seattle, importante ville du nord-ouest des Etats-Unis, va sombrer dans la psychose lorsque des Blancs vont être assassinés par un mystérieux tueur indien, l’Indian Killer. Les différences de cultures et la haine raciale vont alors atteindre leur apogée et affecter le quotidien d’un bon nombre de personnes. Parmi elles se trouve John Smith, jeune indien adopté par un couple de Blancs et qui va progressivement et irrémédiablement basculer dans la folie. 

Dans ce Seattle sombre et étonnamment réaliste, Sherman Alexie nous livre les portraits croisés de plusieurs personnalités tantôt haïes et tantôt prises en pitié. En effet, John, Marie ou encore son cousin Reggie sont des personnages complexes et tout en nuances. 

L’intégration des Indiens dans la société américaine n’est pas un sujet fréquemment abordé dans la littérature ou du moins dans celle que j’ai lu jusqu’à présent. J’ai donc beaucoup apprécié la manière dont l’auteur décrit les conditions de vie des Indiens, leurs relations avec les Blancs et leurs revendications vis-à-vis de la société dans laquelle ils évoluent et qui pourtant fait d’eux, dans la plupart des cas, des laissés pour compte et des marginaux. 

Indian Killer ne fait pas dans la vulgarité ou le voyeurisme, il n’empêche que c’est un roman extrêmement dur et noir qui m’a amenée à m’interroger sur l’intégration des minorités dans nos sociétés modernes et sur la conception que nous avons aujourd’hui de ces mêmes sociétés et des individus qui la composent. 

Indian Killer est alors le témoin d’une violence qui semble inéluctable. Les propos de l’auteur sont d’autant plus percutants qu’il utilise des phrases courtes et un rythme soutenu et haché qui sert remarquablement bien l’histoire racontée. Le lecteur n’a aucun mal à ressentir la rancoeur, la colère ou encore la folie de ces personnages. 

A bien y réfléchir, Indian Killer tient davantage du roman noir que du policier. Et s’il peut donner aux lecteurs une impression de malaise, le tueur indien est l’occasion pour l’auteur de nous inciter à réfléchir sur une société qui semble plus désenchantée que jamais. 

Extraits
« Si Crazy Horse, Geronimo ou Sitting Bull revenaient, ils verraient ce que vous, les Blancs, avez fait aux Indiens, et ils déclencheraient une guerre. Ils verraient les Indiens sans domicile tituber dans les rues. Ils verraient les bébés atteints du syndrome d’alcoolisme foetal. Ils verraient la misère des réserves. Ils verraient les taux de suicide et de mortalité infantile chez les Indiens. Ils entendraient les chansons merdiques de Disney et auraient envie de faire mal à quelqu’un. »

« Helen, dit Truck. Vous êtes à l’antenne. Nous vous écoutons. De quoi voulez-vous nous parler ?
- Et bien, Truck, C’est au sujet du Tueur indien. Vous voyez, je pense qu’on ne devrait prendre aucun risque. On devrait enfermer tous les Indiens comme on l’a fait avec les Japs pendant la Seconde Guerre mondiale. Vous comprenez, c’est pour notre sécurité à tous. Une fois qu’on aura arrêté le Tueur indien, on pourra les relâcher. »

Note

7,5/10

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