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mardi 5 août 2014

Comme des images

Auteur : Clémentine Beauvais
Genre : drame

Edition : Sarbacane
Publication : 5 février 2014
Pages : 200 pages

Prix : 14,90€


Résumé
Il était une fois... des ados sages comme des images, dans un très prestigieux lycée. L’histoire commence le jour où Léopoldine a cassé avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Tim a envoyé un mail avec des images de Léo à tout le monde.
C'est ici, dans ce très prestigieux lycée, que tout va se jouer. Léo a une journée pour assumer ces images. Mais il faut vite régler cette histoire pour pouvoir penser à autre chose, aux maths et à la physique, à la première S. Parce qu’on ne plaisante pas avec ces choses-là, par ici.
On savait que ça ne serait pas une partie de plaisir. Mais on ne pensait pas que cette journée allait se terminer comme ça, à regarder, en plein milieu de la cour, un corps ensanglanté – tout cassé.

Avis
Comme des images est un roman étonnant qui a le mérite de soulever de nombreux sujets : amitié, scolarité, société, internet et tout ce qui va avec (réseaux sociaux, vie privée…). C’était également pour moi une agréable découverte (merci aux Editions La Sarbacane !).

Avec ce roman, Clémentine Beauvais aborde sans complexe des thèmes d’actualité pour les adolescents et notamment les dérives des réseaux sociaux et leurs conséquences parfois désastreuses. Tout bascule le jour où une vidéo montrant Léopoldine dans une situation compromettante est diffusée à l’ensemble du lycée Henri-IV. La situation est d’autant plus compliquée que Léopoldine a une jumelle, Iseult. Or, de nombreux lycéens vont les confondre. Honte, trahison, les jumelles vont devoir faire face à ce scandale. Mais personne ne s’attendait à ce qu’un corps soit retrouvé au milieu de la cour…

J’ai trouvé que ce livre faisait preuve d’une certaine cruauté par sa justesse et son réalisme. Ayant moi-même été en prépa, j’ai retrouvé l’ambiance qui est propre à cet univers. On y retrouve le prof blasé du système qui veut croire en ses élèves, celui qui ne voit dans ses cours qu’un exutoire et l’occasion de rabaisser son auditoire. Y prédomine tout de même ce sentiment de ne rien valoir. Notre avenir ne tient qu’à nos notes. La faculté ? Mais non voyons, ce n’est que pour le reste de la population. En tant qu’élite de l’élite (et ça il faut le mériter pour le devenir), notre avenir ne se résume qu’à l’obtention de certains concours (polytechnique, l’ENA…). Quand on est en prépa, il faut s’accrocher, surtout psychologiquement. Et là, dans ce livre, il n’est pas encore question de prépa mais de classes de seconde et de première ! C’est dire à quel point la pression est grande. J’ai donc d’abord trouvé cela assez perturbant, l’auteure ayant vraiment touché avec justesse cet aspect des écoles prestigieuses.
Les personnages du livre sont donc de simples adolescents soumis à une pression constante. A peine sortis de l’enfance, ils doivent déjà penser à leur avenir, celui-ci tenant seulement (et surtout !) à leurs résultats scolaires. Léopoldine et Iseult sont des jumelles parfaitement intégrées : issues d’un milieu bourgeois, elles sont belles et populaires dans leur lycée, en particulier Léopoldine, et obtiennent de très bons résultats. Leur avenir semble tout tracé. Mais la diffusion d’une vidéo montrant Léopoldine dans son plus simple appareil va faire souffler un vent de panique dans leur vie. Au milieu de tout ça, une jeune fille perdue dont on ignorera le nom jusqu’à la fin. Et pourtant, c’est un personnage important : narratrice de l’histoire, elle était la meilleure amie d’Iseult avant de devenir celle de Léopoldine. Mais issue d’un milieu moins aisé, elle doit faire face à l’hostilité de ces camarades de classe. C’est à travers ses yeux que nous voyons les évènements de la journée se dérouler jusqu’à leur issue tragique.

Clémentine Beauveais nous montre que non, nos chers enfants ne sont pas sages comme des images. Ce n’est pas parce qu’ils intègrent les milieux les plus prestigieux qu’ils sont protégés de toute influence néfaste. Bien au contraire ! Mais à l’image de leurs parents, ils se conforment à l’avenir qui leur est pré-tracé. C’est donc bien l’individualisme et voire même l’égoïsme de chacun qui est dénoncé ici mais également le poids de la société et de ses exigences toujours plus lourdes et qui pèsent de plus en plus tôt sur les individus.

Je pense qu’il est temps d’arrêter ma chronique, elle commence à être bien longue ! Comme des images est un roman qui aborde de nombreux sujets sensibles et qui se destine avant tout, selon moi, aux adolescents. L’auteure nous y montre les difficultés des jeunes avec beaucoup de finesse, de réalisme et de cruauté. C’est donc un roman percutant qui a pu, par moment, me choquer et qui invite à regarder au-delà des simples apparences.

Extrait
« Et Frédéric Buisson et Frédéric Genovese, tendus comme des ressorts, ancraient leur regard dans celui, narquois, du prof de maths, qui détenait la réponse en lui comme un sésame.
Oh, pas seulement le résultat du contrôle, mais ce que cela prophétisait de notre vie d’après. Derrière chacun d’entre nous sur le bord de sa chaise se tenait une famille qui agrafait des espoirs et des exigences depuis sa naissance à ses photos de classe et qui répétait Mais oui, ma fille est en seconde à Henri-IV, elle va être chirurgienne, polytechnicienne, astrophysicienne, agrégée de mathématiques.
Ça, c’est pour situer. »


Note
8/10

3 commentaires :

  1. Là, c'est sûr, il faut que je le lise ! ^^
    Très belle chronique !!!

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  2. Très jolie chronique ! Tu m'as donné envie de le lire :)

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  3. Je n'aime pas la couverture de ce livre, mais si on oublie cette aspect avec tous les avis sur je lis dessus, je pense que je vais à mon tour essayer de me plonger dans cette histoire :)

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