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lundi 28 juillet 2014

Last Exit to Brooklyn

Auteur : Hubert Selby Jr.
Traduction : Jean-Pierre Carasso & Jacqueline Huet
Genre : Drame

Edition : Albin Michel
Collection : Grandes Traductions
Parution : Janvier 2014
Pages :  404 pages

Prix : 24,50 euros

Résumé
Peu de livres ont suscité autant de haine, d'admiration et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait « exploser sur l'Amérique comme une bombe infernale qu'on lirait encore cent ans après. » Cette prédiction est en train de s'accomplir : Last Exit est considéré aujourd'hui comme la première manifestation et le testament d'une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.
L’auteur y dresse le portrait fulgurant et halluciné de marginaux new-yorkais, des victimes et des dépossédés qui évoluent dans un monde fait de violence, de drogue et de sexe. L’auteur leur rend hommage en plongeant au cœur de leur détresse avec une puissance d’évocation incroyable.

Avis
Peu de livres m’ont laissé aussi perplexe et mal à l’aise que Last Exit to Brooklyn, que ce soit au niveau de l’intrigue ou du style d’écriture halluciné et hallucinant d’Hubert Selby Jr. 
Ce dernier immerge son lecteur dans le quotidien d’un petit groupe d’habitants de Brooklyn. Mais attention, on est bien loin de la simple chronique de quartier ! L’auteur préfère en effet nous dresser un portrait sans fard et sans concessions de marginaux, cas sociaux et autres rebuts de la société qui ont pour point commun de trainer chez le Grec, « diner pourri ouvert toute la nuit près de la base militaire de Brooklyn ».


Brut, trash, cru et voyeur, les morceaux de vie quotidienne de Vinnie, Georgette, Tralala ou Harry vous dégoutent tout simplement du genre humain. On ne peut pas dire que le quotidien de ces habitants soit très reluisant. Ici, la misère fait partie du quotidien. Homosexualité, Alcool, violence, drogue, viol, pédophilie… L’auteur aborde de nombreux sujets tabous dans les années 50-60. Rien n’est épargné aux lecteurs et j’avoue avoir souvent eu envie de fermer mon livre. On assiste donc au passage à tabac d’un militaire, aux commérages d’un groupe de femmes qui pensent que voir un bébé tombé d’une fenêtre serait un bon moyen d’égayer leur journée ou encore à un viol collectif. Pourtant on ne peut s’empêcher de prendre en pitié certains personnages comme Tralala ou Georgette qui ne sont au final que des victimes de l’environnement dans lequel elles évoluent. Environnement qui semble se résumer à la défonce, la picole et les engueulades. Ce réalisme cru pousse le lecteur à s’interroger plus d’une fois sur la nature humaine. 

La noirceur dépeinte par Hubert Selby Jr. ne semble pas avoir de limites de même que la bassesse et la mesquinerie de la plupart de ses personnages. Le style d’écriture, lui aussi brut de décoffrage et ardu sert admirablement les histoires et autres anecdotes présentes dans cette ouvrage. Ici, les apostrophes ‘ sont remplacés par des barres de fraction / et la ponctuation se fait au petit bonheur la chance. Si cela m’a dérangé au début, après les dix premières pages je n’y ai même plus fait attention. Cela donne un rythme dense et soutenu qui retranscrit parfaitement bien les comportements des différents individus. J’ai par contre eu un peu plus de difficultés avec le vocabulaire et l’argo de l’époque mais, au final, ils permettent d’ancrer le récit dans cette réalité sombre et glauque qui est monnaie courante pour ces protagonistes. 

D’un réalisme cruel et dérangeant, Hubert Selby Jr. nous dresse un portrait âpre d’une société trash et malsaine. Véritable OVNI littéraire, ce livre n’est pas de ceux qu’on oublie : que ce soit en bien ou en mal, il laisse une impression indélébile à son lecteur. 


Extrait 
« Une des femmes leva les yeux sur une fenêtre du troisième étage et appela lattention des autres en montrant du doigt un bébé qui avait réussi à sortir à quatre pattes de la fenêtre et était agenouillé sur le rebord. Les femmes le regardèrent aller et venir à quatre pattes sur le rebord de la fenêtre. Ysprend ptête pour un oiseau. Eh, tu vas t/envoler ? Rires. D/autres gens levèrent les yeux et quelqu/un poussa un cri et quelqu/un d’/autre cria recule, Oh mon Dieu, oh mon Dieu. Ada mit son visage dans ses mains. Les femmes continuaient à rire en se demandant quand il allait tomber. »

Note

8/10

4 commentaires :

  1. Je ne sais pas si je pourrai réussir un tel livre, mais c'est à essayer.

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    1. Il n'est pas évident à lire à cause de son écriture et de ses personnages. Mais c'est vraiment une expérience intéressante !

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  2. Dans le meme style je connais Neant de Parisi disponible sur Amazon :)

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  3. Je conseille dans le meme genre Neant de Mickael Parisi, et les livres de Bret Easton Ellis

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