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mercredi 23 juillet 2014

La Parure

Auteur : Guy de Maupassant
Genre : Nouvelle, Classique

Edition : Lgf
Collection : Ldp Classiques d’aujourd’hui
Parution : Février 1995
Pages : 91 pages

Prix : 1,50 euros

Résumé

Lorsque son mari lui annonce qu’ils sont invités à un bal, Mathilde Loisel se désole : elle n’a ni bijoux ni robe à porter. Une amie lui prête un collier, et Mathilde oublie, le temps d’une soirée, sa vie morne de femme d’employé. Mais de retour chez elle, la parure n’est plus à son cou. Pour remplacer et rendre le collier, les Loisel contractent une dette qu’ils mettront une vie entière à rembourser. Jusqu’au jour où Mathilde, rendue méconnaissable par les épreuves, croise son amie qui lui fait une terrible révélation...

Avis

J’ai découvert Maupassant au collège dans le cadre des lectures obligatoires de mon cursus dont faisait partie La Parure. A cette époque, la nouvelle m’avait laissé un sentiment plutôt négatif. J’ai donc décidé de la relire pour confirmer ou infirmer mon jugement d’adolescente. 


Très courte, cette nouvelle met en scène les époux Loisel. Si monsieur est un simple commis du ministère de l’instruction publique, madame, quant à elle, rêve de « toutes les délicatesses » et de « tous les luxes » que sa condition modeste lui refuse. Envieuse et vaniteuse, Mathilde Loisel voit enfin une occasion de briller en société lorsqu’elle est invitée avec son époux à une soirée à l’hôtel du ministère. Mais un tel évènement exige bien entendu une toilette spéciale, pouvant rivaliser avec celles des grandes dames. Or, si son mari consent à lui acheter une robe, elle devra tout de même emprunter des bijoux à une camarade de couvent. Mais que faire lorsque la rivière de diamants choisie par la jeune femme est perdue ?

Finalement, ma première impression s’est en partie confirmée. La Parure est l’oeuvre de Maupassant que j’apprécie le moins même si ma critique est aujourd’hui plus tempérée et nuancée. 
La plume de l’auteur est remarquable. Son écriture est fluide et rythmée. Dans un style imagé mais pourtant simple, il transporte sans difficultés le lecteur dans le quotidien de ce couple de la classe moyenne. 
Mon problème est plus en rapport avec la personnalité des personnages. Mathilde est envieuse et vaniteuse, presque aigrie à rêver d’élégances et de richesses qu’elle ne possèdera jamais. Cela causera sa perte et celle de son mari qui apparait bien terne comparé aux rêves de grandeur de sa femme. Cependant, la perte de la rivière de diamants et le dénouement final dénoncent l’absurdité du comportement de Mathilde, et indirectement de son époux. Finalement, on ne peut s’empêcher de prendre le couple en pitié malgré ses défauts. 

Maupassant nous livre ici une critique cruelle de la vanité, de l’envie mais aussi de la dissimulation. J'aurais aimé que la personnalité des personnages soit davantage fouillée et que l'histoire développe mieux les années qui suivent la perte de la rivière et le quotidien des époux. Mais alors, la nouvelle aurait peut-être perdu son ton percutant et la scène finale aurait sans doute était moins spectaculaire et absurde. 
Sauf à l’acheter en version ebook, La Parure est généralement suivie d’autres nouvelles écrites par Maupassant, alors surtout ne boudez pas votre plaisir.

Extraits

« Elle était une de ces jolies et charmantes filles, née, comme par une erreur du destin, dans une famille d’employés. Elle n’avait pas de dote, pas d’espérances, aucun moyen d’être connue, comprise, aimée, épousée par un homme riche et distingué ; et elle se laissa marier avec un petit commis du ministère de l’Instruction publique. »

Elle le regardait d’un oeil irrité, et elle déclara avec impatience :
« Que veux-tu que je me mette sur le dos pour aller là ? »
Il n’y avait pas songé ; il balbutia :
« Mais la robe avec laquelle tu vas au théâtre. Elle me semble très bien, à moi…»
Il se tut, stupéfait, éperdu, en voyant que sa femme pleurait. Deux grosses larmes descendaient lentement des coins des yeux vers les coins de la bouche ; il bégaya :
« Qu’as-tu ? qu’as-tu ? »
Mais, par un effort violent, elle avait dompté sa peine et elle répondit d’une voix calme, essuyant ses joues humides :
« Rien. Seulement je n’ai pas de toilette et par conséquent je ne peux pas aller à cette fête. Donne ta carte à quelque collègue dont la femme sera mieux nippée que moi. »

Note

7/10 

2 commentaires :

  1. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle à l'époque où je l'ai lu!

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  2. J'aime beaucoup cette nouvelle que j'ai déjà lu plusieurs fois. La leçon est très belle

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