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mercredi 2 juillet 2014

Junk

Auteur : Melvin Burgess
Titre Original : Junk
Traduction : Laetitia Deveaux
Genre : Roman, Drame

Edition : Gallimard
Collection : Folio
Parution : Août 2009
Pages :  425 pages

Prix : 7,90 euros
AchatDecitre - Junk

Résumé
La vie de Nico, entre un père violent et une mère alcoolique, est intolérable. Il décide de fuir. Gemma, son amie, en révolte contre sa famille, le suit, par défi et par goût de l'aventure aussi. Comment s'en sortir à quatorze ans, sans ressources, sans abri ? Ils rejoignent un squat, sont pris dans l’engrenage de la drogue. La première dose d'héroïne les précipite dans une longue descente aux enfers. Ils deviennent, sans en être conscients encore, des « junkies ».

Avis 
Jeune adolescent de 14 ans, David, surnommé Nico par ses amis, n’a pas une vie facile, loin de là. Dans l’indifférence presque générale, il subit chaque jour l’alcoolisme de sa mère et les coups de son père. Pour échapper à ce quotidien, la seule solution qu’il a trouvé est la fugue. Très vite, il est rejoint par sa petite-amie Gemma, qui voit cette fugue comme un moyen de partir à l’aventure et de se révolter contre une autorité parentale qu’elle juge injuste. Mais de bonnes en mauvaises rencontres, Nico et Gemma, devenus squatteurs, vont se laisser entrainer dans la spirale de la drogue. 

Autant vous prévenir, Melvin Burgess n’épargne en rien le lecteur. Les thèmes abordés sont durs : fugue, alcool, drogue, grossesse non désirée… Bref, ce roman est loin d’être un conte de fée. Au contraire, il décrit avec réalisme la société qui nous entoure et le mal-être d’une génération en mal de repères et en conflit avec une société à laquelle elle ne s’identifie pas. 

Nico est sans doute le personnage le plus attachant du livre. Malgré sa situation familiale, il ne part pas de chez lui de gaieté de coeur. A la fois timide et poétique, il se laisse facilement influencer par les autres. Cela ne pose pas de problèmes lorsqu’il écoute les avis de personnes comme Richard ou Vonny, d’autres squatteurs, en marge de la société, qui vont tenter de lui venir en aide. Par contre, cela est beaucoup plus grave lorsqu’il se laisse manipuler par Gemma ou Lily. Si la seconde est difficile à cerner, la première est une égoïste, plus préoccupée par son apparence qu’autre chose. Pourtant, elle tient malgré tout à Nico. Mais ses fréquentations et ses mauvais choix vont les plonger, tous les deux, dans une spirale auto-destructrice, sans même qu’ils s’en aperçoivent. La simple crise d’adolescence de Gemma et sa rébellion contre ses parents vont alors prendre des proportions désastreuses et dramatiques. On assiste alors, fatalement, à la déchéance progressive de deux adolescents au départ ordinaires. 

L’auteur, pour renforcer le réalisme de ses propos, a choisi de raconter l’intrigue de Junk à la premier personne. Chaque chapitre est alors dédié à un protagoniste. Celui-ci a, chaque fois, une importance capitale dans l’histoire. Il peut donc se voir consacrer plusieurs chapitres comme Nico et Gemma ou un seul et ne plus jamais réapparaître. 
Selon les personnages, l’auteur abordera son récit différemment et c’est ce qui fait toute la richesse et la force de cet ouvrage. A chaque chapitre, le lecteur arrive à s’identifier au personnage correspondant ou du moins à le comprendre. Ainsi, la pudeur et la retenue sont de mises pour Nico et Richard, alors que Gemma apparaît davantage révoltée et égoïste. 

Cru, réaliste mais jamais trash ou voyeur, Junk est un roman tout en finesse. Mais c’est également un livre coup de poing qui ne laisse pas indifférent et qui a le mérite de faire réfléchir ses lecteurs, quel que soit leur âge, sur les méfaits de la drogue chez les adolescents et sur la société en général.

Extraits
« - La réputation d’une jeune fille est son meilleur atout…
L’âge de pierre !
- Et le bac ? j’ai protesté. Et savoir se mettre du rouge à lèvres ? »

« Mes parents croyaient à la « théorie de la mauvaise pente ». Ils étaient persuadés qu’à moins de me rendre la vie impossible, je serais prostituée et camée avant minuit ». 

« J’ai tout fait. Tout. Tous ce que vous pouvez imaginer, je l’ai fait. Tout ce que vous n’avez jamais osé faire, tout ce dont vous rêviez, tout ce qui vous faisait envie, mais que vous avez aussi tôt oublié en vous disant que vous n’auriez jamais le courage… Je les ai faites hier, pendant que vous dormiez.
Et vous ? Votre tour, c’est quand ? »


Note

8,5/10

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