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lundi 16 juin 2014

Addiction


Auteur : Blake Nelson
Titre Original : Recovery Road
Traduction : Céline Moran
Genre : Roman, Jeunesse

Edition : Albin Michel
Collection : Wiz
Parution : Avril 2014
Pages :  348 pages

Prix : 15 euros


Résumé

Maddie, 17 ans, est en cure de désintoxication pour un problème d’alcool, de drogue et de comportement violent. D’abord rétive et solitaire, elle reprend vie quand elle rencontre Stewart, croisé dans le bus qui emmène les patients à la seule sortie autorisée : une séance de cinéma un soir par semaine. Très amoureux l’un de l’autre, les deux jeunes gens se retrouvent vite sur la sellette - toute relation est interdite pendant la cure. Bravant le règlement, ils se mettent en danger. Une fois dehors, les rechutes et séparations s’enchainent entre eux. Tandis que Stewart perd de plus en plus pied, Maddie comprend qu’elle est plus forte, plus solide, plus confiante en l’avenir que lui. Un jour, le dilemme se pose de façon irrémédiable : soit elle sauve sa peau et quitte à jamais Stewart, soit elle prend le risque insensé de se perdre à nouveau en voulant le sauver…

Avis

Avant de lire Addiction je n’avais jamais entendu parler des ouvrages de Blake Nelson. Je tiens donc, avant tout, à remercier les éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir ce roman et cet auteur. 
Addiction a pour personnage principal Maddie, jeune lycéenne violente, admise en centre de désintoxication suite à des problèmes de drogue et d’alcool. C'est là-bas qu’elle rencontrera d’autres personnes en proie aux mêmes problèmes : Trish et surtout Stewart, son premier amour, auront un impact important dans sa vie, que ce soit pendant la cure ou à son retour chez elle. 

Que dire d’Addiction ? Au début du roman, j’était assez sceptique je dois l’avouer. Les personnages ne m’inspiraient pas vraiment de sympathie et j’avais peur que l’intrigue se résume seulement à une histoire moralisatrice sur les problèmes d’addiction des adolescents. Or il n’en est rien ! Bien sur, les problèmes de drogue et surtout d’alcool de Maddie servent de trame à l’intrigue mais on suit avant tout son évolution d’adolescente paumée en jeune adulte responsable. On la voit grandir et murir sous nos yeux. De ce point de vue, je trouve que le titre original, Recovery Road, est beaucoup plus adapté au contenu du livre. 

Je n’avais pas non plus accroché avec le personnage de Maddie que je trouvais trop immature, égoïste et méchante avec son entourage. Mais petit à petit, je me suis attachée à elle jusqu’à la trouver attendrissante. Elle traverse en effet énormément d’épreuves et arrive à gagner le respect du lecteur au fil des pages grâce à son attitude et ses choix. 

Sans être vraiment désabusée, Maddie porte un regard assez critique et plutôt ironique, sur le monde et les personnes qui l’entourent. Ces personnes, dont Stewart, vont jouer un rôle capital dans son évolution et au final, on s’attache à eux autant qu’à Maddie. 

Ce qui fait d’Addiction un livre si particulier, c’est qu’on ne sait pas à quel moment le prochain drame (on pourrait même parler de tragédie) va frapper. Ce roman aborde un sujet grave et, sans jamais tomber dans le pathos ou les clichés, l’auteur arrive à retranscrire avec justesse les émotions de Maddie, ses moments de doute mais aussi d’espoir. 

L’écriture, sans être exceptionnelle, est tout à fait correcte. Les chapitres sont très courts, pas plus de quatre ou cinq pages. Cela donne un rythme assez soutenu et percutant et on se surprend à dévorer le livre pour savoir si Maddie et les autres personnages auront droit à une fin heureuse. 

Pour moi, ce livre se situe entre Nos étoiles contraires de John Green et Hell de Lolita Pill (en beaucoup moins trash évidemment). En partant d’un sujet grave, Blake Nelson nous livre une chronique douce-amère sur cette période charnière qu’est l’adolescence.  

Extraits

« - A ton avis, d’où vient cette colère ?
Les yeux rivés sur l’ongle de mon pouce, je réponds : 
- De mon cerveau malade ? De mon enfance difficile ? Ou peut-être qu’au fond, je suis juste mauvaise de nature ? Qu’est-ce que j’en sais moi ? »

« - Regarde-toi. T’es qu’un gros blaireau.
- Je ne suis pas un blaireau, je suis un geek, réplique Martin sans hésiter. Les blaireaux sont maladroits, c’est pathologique chez eux. Tandis que les geeks ont développé une connaissance approfondie de systèmes complexes. »

« J’ai compris un truc : on peut changer le cours des choses. On peur réparer ses erreurs. Recommencer se vie s’il le faut. 
Et puis il y a l’irrémédiable, ce qu’on perd à tout jamais. Certaines personnes. Des moments hachés parce qu’on les a vécus à une époque où on se blindait contre les émotions, faute de savoir s’y prendre autrement. »

Note

7/10

1 commentaire :

  1. J'aime beaucoup les extraits que tu as choisi. Ce livre me tente beaucoup et ton avis ne fait que renforcer l'envie que j'ai de le lire :)

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